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AIDE MILITAIRE À L’UKRAINE : ÉTHIQUE, DÉMOCRATIE, ÉTAT DE DROIT

RÔLE DU PARLEMENT ? PLACE DE L’ÉTAT DE DROIT ? ESPACE POUR L’ÉTHIQUE ?

QUELLE DÉMOCRATIE ?

EXTRAITS DE L’ARTICLE PROPOSÉ CI-CONTRE :

« Les populations européennes n’ont évidemment jamais été consultées quant à la position de leur gouvernement vis-à-vis du conflit et de la Russie.

« Il faut rappeler que les pays occidentaux n’ont aucun accord de sécurité ou de défense avec l’Ukraine.

« La France n’est pas en guerre avec la Russie, ce que le président Macron ne cesse de répéter. Néanmoins l’aide de la France à l’Ukraine a dépassé les deux milliards d’euros.

« Uniquement 30 % des armes de l’OTAN envoyées en Ukraine atteignent le front ; le reste disparaît en cours de route, le plus souvent

« La Loi de la Guerre (La Haye, 1907) énonce qu’un État qui ne participe pas à un conflit ne doit pas apporter son concours à un des belligérants.

ARTICLE

L’immoralité de l’aide militaire occidentale à l’Ukraine

12 janvier 2023 CONTREPOINTS. Finn Andreen

Les populations européennes n’ont évidemment jamais été consultées quant à la position de leur gouvernement vis-à-vis du conflit et de la Russie.

L’aide militaire des pays occidentaux à l’Ukraine depuis le début du conflit devrait être un sujet très controversé à cause des sommes énormes concernées et à l’heure où ces pays ont déjà des difficultés à gérer leurs propres finances publiques.

 

Des milliards en armes

L’aide occidentale à l’Ukraine a évidemment commencé bien avant 2022, y compris l’aide militaire. Mais depuis l’intervention militaire russe en février 2022, l’Ukraine a reçu ou recevra des aides financières, humanitaires et militaires d’une valeur de 100 milliards d’eurosde 40 pays essentiellement occidentaux. De cette somme, comme le montre la Kiel Institute, la moitié soit environ 50 milliards provient des États-Unis, 30 milliards d’euros de l’Union européenne et le reste d’autres pays, essentiellement le Royaume-Uni.

Ces sommes sont colossales, surtout pour un pays comme l’Ukraine puisque équivalentes à plus de la moitié de son PIB d’avant la guerre.

L’aide militaire représente plus de la moitié de ces aides, donc autour de 50 milliards d’euros, en majorité des USA, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de la Pologne. Il est nécessaire de s’interroger sur une aide militaire de cette ampleur étant donné que l’Ukraine n’est pas un allié officiel de ces pays. Il faut rappeler que les pays occidentaux n’ont aucun accord de sécurité ou de défense avec l’Ukraine.

Par exemple, la France n’est pas en guerre avec la Russie, ce que le président Macron ne cesse de répéter. Néanmoins l’aide de la France à l’Ukraine a dépassé les deux milliards d’euros, dont 750 millions en aide militaire, et le système d’artillerie français CAESAr a été utilisé par l’armée ukrainienne contre des cibles russes, aussi bien militaires que civils.

De plus, l’aide militaire occidentale a progressivement changé au rythme de la destruction par les Russes du matériel soviétique qui avait été livré initialement. Les gouvernements occidentaux ont peu à peu adopté des positions qu’ils s’étaient initialement interdits en ce qui concerne l’envoi d’armes à l’Ukraine.

Dans le cas du gouvernement français, la position de principe était d’abord de livrer uniquement « des équipements défensifs et à un soutien en carburant, puis fin avril 2022, en pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé avoir livré des missiles et des canons Caesar à l’Ukraine. » Et maintenant, la France prend l’initiative au sein de l’OTAN d’envoyer des chars légers. La même évolution a été évidente aux USA, en Allemagne et chez d’autres membres de l’OTAN, qui constamment sont revenus sur des déclarations antérieures en matière d’aide militaire.

Cette dérive s’explique évidemment par l’évolution des besoins militaires de l’Ukraine. Mais comment justifier ces décisions auprès des Parlements et des populations occidentales ? Et jusqu’où les dirigeants occidentaux sont-ils prêts à aller si la situation continue à s’aggraver pour l’Ukraine ? Aucune réponse n’est fournie à ces questions, malgré leur importance.

 

Avec un fond de corruption

Fournir de l’aide militaire pratiquement sans contrepartie au pays le plus corrompud’Europe, n’est sûrement pas une bonne idée. Comme l’admet France24, « les risques de corruption apparaissent particulièrement élevés dans un pays en guerre aux institutions publiques faibles et sur lequel se déversent des dizaines de milliards d’aide internationale. »

En effet, en 2022 dans un reportage depuis censuré la chaine américaine CBS News a conclu qu’uniquement 30 % des armes de l’OTAN envoyées en Ukraine atteignent le front ; le reste disparaît en cours de route, le plus souvent vendu sur le marché noir. Le risqueque des missiles anti-char, par exemple, apparaissent dans les rues des capitales occidentales n’est sûrement pas négligeable.

De plus, ce qui est présenté comme de l’aide militaire directe à l’Ukraine ne l’est pas en totalité : une partie significative financera le renforcement de l’OTAN en Europe et une autre partie permettra de remplir les stocks d’armes occidentales. De plus, cette aide militaire est souvent conditionnée à des achats spécifiques par l’Ukraine auprès des grandes entreprises d’armement occidentales, ce qui est une forme de corruption légalisée.

Il ne faut aussi rappeler qu’une partie de l’élite politique états-uniennes, y compris vraisemblablement le président Biden lui-même et son fils Hunter,  est soupçonnée d’être impliquée dans des affaires de corruption en Ukraine depuis 2014, comme l’a révélé l’ordinateur de ce dernier.

 

Une aide immorale

À part le problème de corruption, la Loi de la Guerre (La Haye, 1907) énonce qu’un État qui ne participe pas à un conflit ne doit pas apporter son concours à un des belligérants. En fournissant des armes à l’Ukraine, les pays occidentaux doivent alors être considérés comme des cobelligérants au conflit. Ils donnent raison aux dirigeants aussi bien russesqu’ukrainiens, quand ceux-ci considèrent que la Russie est maintenant en guerre contre l’OTAN et non uniquement contre l’Ukraine.

La conséquence de cette aide est de prolonger la guerre ; à alimenter le conflit armé contre la Russie, contre laquelle les dirigeants occidentaux disent ne pas être en guerre. Cette aide militaire aggrave le conflit, augmente le nombre de victimes ukrainiennes étant donné le désavantage en termes d’artillerie. L’aide prévue est loin d’être suffisante pour que l’Ukraine puisse gagner militairement contre la Russie, ce qu’a confirméle commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Zaluzhny dans un entretien au magazine The Economist le 15 décembre 2022.

Faut-il accepter que les gouvernements occidentaux décident unilatéralement d’apporter de l’aide militaire offensive à un régime politique engagé dans un conflit armé ? Bien sûr, cela arrive souvent mais la question vaut la peine d’être posée. Si le régime en question est un exemple d’honnêteté et de transparence, cette aide aurait pu mieux se justifier. Mais le gouvernement ukrainien est non seulement notoirement corrompu mais aussi infestée d’idéologie néo-nazie. Et en 2022, la Rada (le Parlement) a voté des lois pour museler les médias et interdire les partis politiques. Cette politique devrait évidemment disqualifier un tel gouvernement de toute aide occidentale.

L’aide militaire à l’Ukraine doit simplement être acceptée sans débat alors que ces sommes pourraient bénéficier à la société civile. Les populations européennes n’ont évidemment jamais été consultées quant à la position de leur gouvernement vis-à-vis du conflit et de la Russie. Le manque de processus démocratique est flagrant surtout au vu des conséquences économiques de cette politique étrangère pour les sociétés occidentales. Il est bien connu que les majorités gouvernées n’ont pratiquement aucune influence sur la politique étrangère de leur gouvernement.

Pour ces raisons, l’aide militaire occidentale à l’Ukraine est donc immorale. Elle n’aurait jamais dû être acceptée et devrait cesser immédiatement. Il appartient à ceux qui qui en sont convaincus de demander à leur gouvernement de prendre la voie de la paix, c’est-à-dire adopter une vraie position de non-belligérant et d’accepter des conditions réalistes pour des négociations entre les partis.

 

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