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Vitraux de Notre-Dame : les divers mensonges

Article – le mensonge sur le respect de la lumière de Viollet-le-Duc

Didier Rykner  samedi 23 mai 2026  TRIBUNE DE L’ART

Si le référé contre le remplacement des vitraux de Notre-Dame a été perdu (voir l’article), le juge ne s’est pas prononcé sur le fond de l’affaire, qui sera examiné par le tribunal administratif.

Parmi les arguments utilisés par l’établissement public de Notre-Dame pour légitimer ce projet, celui de la lumière est peut-être le plus grotesque.
L’avocate a en effet prétendu que les vitraux de Claire Tabouret respectent le cahier des charges techniques patrimoniales de l’architecte en chef sur l’équilibre chromatique actuel et la lumière de même nature, couleur et intensité qu’ils devront présenter [1].

Il suffit de comparer, baie par baie, les vitraux de Viollet-le-Duc avec ceux qui seront amenés à les remplacer, pour constater que cette affirmation sur les coloris et la lumière qui respecteraient ceux de Viollet-le-Duc est une pure vue de l’esprit, pour ne pas dire un mensonge éhonté.
Non seulement les arrière-plans, censés reprendre la trame des vitraux du XIXe siècle, ne respectent pas leurs couleurs (à part, et encore, le vitrail de la 7ème chapelle), mais les personnages qui y sont ajoutés et qui forment l’essentiel des scènes les modifient encore davantage. On aimerait savoir comment la lumière qui traversera ces vitraux se transformera comme par magie pour reconstituer celle voulue par Viollet-le-Duc.
Quant aux deux paysages — les seules compositions présentant une certaine qualité —, seul celui de la baie de la 5ème chapelle se rapproche un peu des coloris actuels.

Cela ne fait qu’un mensonge supplémentaire utilisé par l’établissement public et le préfet lors de l’audience, qui s’ajoute à bien d’autres.
Rappelons deux d’entre eux. Il a été affirmé que la loi pour la restauration de Notre-Dame ne faisait volontairement pas référence à la Charte de Venise, afin de permettre de ne pas la respecter. En réalité, l’amendement prévoyant de la rendre obligatoire avait été repoussé par le ministre de la Culture, celui-ci expliquant que l’inclure dans la loi était inutile, car la Charte s’imposait à tous et serait suivie.
Autre énorme mensonge, répété à plusieurs reprises : la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture aurait finalement accepté le remplacement des vitraux. C’est faux, comme le compte-rendu de sa réunion le démontre (voir l’article), comme l’ont confirmé plusieurs membres de cette commission (voir l’article), et comme plusieurs journaux (et l’AFP) l’ont reconnu, après avoir été trompé par le ministère de la Culture (voir l’article).
Il reste à espérer que le tribunal administratif ne se laissera pas tromper par ces contre-vérités flagrantes.

https://www.latribunedelart.com/notre-dame-le-mensonge-sur-le-respect-de-la-lumiere-de-viollet-le-duc

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