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AFFAIRE « SHORTCUT EVENTS » RETOUR SUR LA PERQUISITION DE LA PRÉSIDENCE – CORRUPTION, FAVORITISME, TRAFIC D’INFLUENCE

Favoritisme, corruption et trafic d’influence, pas moins

L’ enquête menée par le Parquet national financier porte sur des allégations de favoritisme, corruption et trafic d’influence concernant l’attribution de marchés publics liés à l’organisation de cérémonies de panthéonisation par la société Shortcut Events.

Après une première tentative infructueuse, des perquisitions ont eu lieu à l’Élysée en mai 2025. Shortcut Events a été choisie pour organiser ces cérémonies depuis 2002, facturant environ 2 millions d’euros par événement.

Enquête sur les panthéonisations et la société Shortcut Events 

LIBÉRATION AVAIT RELATÉ CETTE PERQUISITION

Les opérations sont menées par le le Parquet national financier dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en octobre 2025 pour «favoritisme, prise illégale d’intérêt, corruption et trafic d’influence». Au cœur des investigations, les conditions d’attribution de certains marchés publics.

Après une première tentative infructueuse mi-avril, les enquêteurs ont de nouveau frappé à la porte de l’Elysée jeudi. Objet de la perquisition du jour : l’attribution des cérémonies d’entrée au Panthéo

«Des opérations de perquisitions ont eu lieu le 21 mai dans des locaux de l’Elysée, dans le cadre de l’information judiciaire visant notamment les conditions d’attribution de certains marchés publics relatifs à l’organisation de cérémonies de panthéonisation par le Centre des monuments nationaux (CMN)», a ainsi détaillé ce vendredi le Parquet national financier (PNF) à l’AFP, confirmant une information du Monde.

Commémoration du Débarquement : Shortcut Events, une agence de com chouchoutée par l’Elysée

«Ces opérations ont été précédées d’échanges institutionnels afin d’en permettre le déroulement», a-t-il précisé. La perquisition a été menée dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en octobre 2025 pour «favoritisme, prise illégale d’intérêt, corruption et trafic d’influence». L‘Elysée s’est refusé à tout commentaire sur ce dossier.

La société Shortcut Events en question

Selon le Canard enchaîné, qui a révélé l’affaire, les enquêteurs s’interrogent sur le choix de la société Shortcut Events pour organiser les cérémonies d’entrée au Panthéon des femmes et hommes illustres pendant vingt-deux ans, jusqu’à l’hommage à Missak Manouchian en 2024. Chaque panthéonisation a été facturée à l’Etat «autour de 2 millions d’euros», assure l’hebdomadaire satirique.

Shortcut Events est également derrière l’organisation de plusieurs événements, comme le 80e anniversaire du Débarquement à Omaha Beach, en Normandie, en juin 2024. «Chargée d’organiser des cérémonies de panthéonisation dès 2002, la société Shortcut Events a pleinement profité de la multiplication des hommages nationaux sous la présidence d’Emmanuel Macron en remportant systématiquement les appels d’offres», écrivait notamment le Monde le 14 avril.

Le CMN a attribué, en 2025, la cérémonie d’entrée de Robert Badinter au Panthéon, d’une valeur de 2,4 millions d’euros selon le Monde, à une autre agence, Auditoire, mettant ainsi fin à la série de marchés remportés par Shortcut Events.

Une première tentative de perquisition infructueuse

Le 14 avril, les enquêteurs et magistrats du Parquet national financier s’étaient vus opposer «une analyse selon laquelle l’article 67 de la Constitution emporterait l’inviolabilité des locaux rattachés à la présidence de la République», avait expliqué le procureur de la République financier, Pascal Prache, dans un communiqué.

Selon cet article de la Constitution, le président de la République n’est, en règle générale, pas responsable des actes accomplis en cette qualité. Il ne peut donc, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner ni faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite. Le 14 avril, il avait été ainsi indiqué aux enquêteurs que «les documents des agents de l’Elysée, détachables de l’activité du chef de l’Etat, et ainsi communicables, leur seraient transmis sur demande», selon le procureur de la République financier.

La dernière perquisition à l’Elysée remontait au 25 juillet 2018, dans l’affaire Benalla, sous le premier mandat d’Emmanuel Macron. Alexandre Benalla, un collaborateur du chef de l’Etat, venait alors d’être mis en examen pour des violences commises à la fin d’une manifestation le 1er mai.

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