
MISE À JOUR 1
Un pilote de Canadair juge que les 2Mds pour dépolluer la Seine aurait permis d’acquérir 15 Canadairs
Alors que des incendies ravagent plusieurs régions de France, Grégory Prats, pilote de Canadair, s’est indigné du manque d’investissements mis en place pour lutter contre les feux de forêt, pointant au passage d’autres projets comme la dépollution de la Seine.
5 DISPONIBLES SUR 12
Il a fustigé le manque de moyens mis en place pour lutter contre ces feux de plus en plus incontrôlables : « Sur les douze Canadair que la France possède, nous n’en avons que cinq disponibles, c’est juste scandaleux. »
« Deux avions pour un feu, c’est très insuffisant »
Le pilote explique que la multiplication des incendies oblige à disperser les moyens : « À chaque fois qu’il y a un feu, il faut diviser nos forces par le nombre de feux (…) on se retrouve avec des norias, des patrouilles d’avions, qui sont insuffisantes, c’est-à-dire deux avions pour un feu, et c’est très insuffisant ».
Il précise qu’il en faut 4 en suivant pour que ce soit efficace. Avec 2 c’est totalement inutile.
MISE À JOUR 2
Manque de Canadair, effet d’annonce sur l’A400M… La charge de ces pilotes face aux feux dans le Sud-Ouest
26/07/2026 HUFFPOST Par Lola Uguen
Deux pilotes dénoncent des moyens insuffisants pour faire face aux incendies qui sévissent en Gironde et dans les Landes.
Ils font entendre leur colère. Engagés dans la lutte contre les incendies qui ravagent la France, particulièrement en Gironde, dans les Landes et le Var, des pilotes de Canadair estiment que les moyens aériens à disposition sont loin d’être suffisants.
« On se retrouve avec des norias, des patrouilles d’avions, qui sont insuffisantes, c’est-à-dire deux avions pour un feu et c’est très insuffisant », a déploré Grégory Prats, chef de noria (nom donné à un groupement de Canadair), auprès de franceinfo samedi 25 juillet.
Sur les 12 Canadair dont dispose la France, « seuls cinq étaient opérationnels vendredi, c’était sept samedi », assure de son côté Éric Durand, pilote et secrétaire général adjoint du Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile, dans un entretien au Monde. « Cette situation n’est plus possible, il faut trouver des solutions », alerte-t-il.
« Deux sont en Corse, et doivent y rester en raison du relief accidenté des massifs (…). Les cinq restants sont tous engagés sur les feux de Gironde et des Landes, avec l’appui d’un Canadair croate. Seuls des Dash sont mobilisés dans le Var », poursuit-il à propos de la flotte mobilisée ce week-end.
Pour les deux pilotes, ces moyens sont loin d’être suffisants. « C’est juste scandaleux », dénonce Grégory Prats, pour qui cette situation rend « pratiquement totalement inefficace » l’action des Canadair, qui devraient être mobilisés par quatre sur un feu selon lui.
Le déploiement de l’A400M, un coup de « communication »
Comment expliquer ce manque d’opérationnalité ? Face à une année exceptionnelle sur le front des feux de forêt, « les Canadair sont très engagés (…), donc il y a de la casse, des pannes, répond Éric Durand. On tourne désormais à 7 avions au maximum. »
Les deux pilotes pointent les retards du prestataire de maintenance. « L’industriel privé qui s’occupe de la maintenance n’arrive pas à suivre le rythme, les pièces détachées n’arrivent pas en temps et en heure », constate Grégory Prats, toujours auprès de franceinfo. Pour Éric Durand, il sera donc « très dur » d’améliorer le nombre de Canadair disponibles cet été.
Le vieillissement de la flotte de Canadair est aussi pointé du doigt. Dans un rapport d’information déposé début juillet 2025 et présenté par les députés Damien Maudet (LFI) et Sophie Pantel (PS), l’âge des appareils était questionné. « La situation la plus critique est celle des Canadair, dont la moyenne d’âge est aujourd’hui de 30 ans », écrivaient-ils.
À propos du déploiement inédit, samedi, de l’A400M, les pilotes y voient une « opération de communication » destinée à étouffer les critiques sur le manque d’opérationnalité des Canadair, même s’il « ne faut rien s’interdire ». Cet avion est capable de larguer l’équivalent de trois Canadair en volume d’eau, mais doit regagner une base militaire entre chaque largage pour s’approvisionner. « Il ne pourra se poser qu’à Orléans, à Mont-de-Marsan ou à Istres », selon Grégory Prats.
« Ce n’est pas la quantité d’eau ou de retardant qu’on amène d’un coup qui compte, c’est la quantité d’eau qu’on amène pendant plusieurs heures d’affilée. Or l’A400M a un délai de rotation très long », développe le syndicaliste. « C’est un pansement sur une jambe de bois », juge, quant à lui, Grégory Prats.
Des critiques reprises par les oppositions
Face aux critiques, Emmanuel Macron avait affirmé, jeudi, avoir « relancé la production de Canadair » depuis son arrivée à l’Élysée. « Nous faisons face. Donc il y en a un peu assez de ces polémiques », avait aussi répondu le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, estimant que les moyens aériens étaient « suffisants ».
Les critiques des pilotes de Canadair sont, elles, reprises par les oppositions. « De Macron à Attal et Philippe, leurs coupes budgétaires ont détruit notre capacité à faire face aux incendies », écrit ce dimanche la députée LFI Aurélie Trouvé sur X, relayant le témoignage de Grégory Prats. « Les moyens aériens pour lutter contre les incendies n’ont jamais été une priorité pour les macronistes », a également dénoncé le maire UDR de Nice Éric Ciotti.
« Nous faisons un constat d’échec de la politique menée ces dernières années pour assurer la disponibilité des Canadairs. »
C’est un pilote de Canadair qui le dit.
De Macron à Attal et Philippe, leurs coupes budgétaires ont détruit notre capacité à faire face aux incendies. Elles⦗ Aurélie Trouvé (@TrouveAurelie) July 26, 2026
Alors que la France brûle ce pilote dit tout haut une vérité criante !
Les moyens aériens pour lutter contre les incendies nâont jamais été une priorité pour les macronistes.
Nous en payons aujourdâhui le prix fort. https://t.co/cpx8uFL0J7— Eric Ciotti (@eciotti) July 25, 2026
La France a signé début juin la commande de deux Canadair supplémentaires qui devraient être livrés en 2032 ou 2033. Ils s’ajoutent aux deux premiers DHC-515 commandés en 2024 et cofinancés par l’Union européenne dans le cadre du programme RescEU. Livrés a priori en 2028, ces derniers devront être mis à disposition de l’UE en cas de besoin.
LIRE SUR METAHODOS :
CANADAIRS : 8 ANNÉES DE MENSONGES ET D’ANNONCES – PREMIÈRE COMMANDE EN 2025
MISE À JOUR 3
La France sollicite – devant l’absence de maitrise des feux – l’armée et l’Europe
LA VEILLE : « LES MOYENS SONT SUFFISANTS » ( NUNEZ ) – LE LENDEMAIN : L’APPEL TARDIF A L’EUROPE ET A L’ARMÉE…
Lors de son déplacement bordelais, le ministre de l’Intérieur a assuré que les moyens aériens sont «suffisants» .
Nuñez, a pris la parole mercredi 22 juillet depuis la caserne de Bordeaux, affirmant que « nous faisons face » aux incendies et ajoutant qu’il « y en a un peu assez des polémiques » sur les moyens de lutte dont disposent les pompiers.
Le lendemain, on a dû faire – dans la précipitation – appel à l’armée, à l’Europe…et mettre en activité l’avion militaire A400M
Les évacuations massives ont éloigné les pompiers du feu …
Et créé un chaos logistique – faute de preparation et de moyens de sécurité civile relevant de l’Etat et non pas des Sdis…
Le rapport parlementaire de l’été 2025 n’était pas tendre avec les équipements français, assurant qu’ils ne sont « plus adapt[és] aux besoins, lesquels augmentent fortement sous l’effet du réchauffement climatique ».
Le texte pointe notamment une « disponibilité des appareils très insuffisante » et critique le modèle même du Canadair, dont « la capacité d’emport […] devient limitée face à l’émergence de méga feux ».
C’est très tardivment – et devant l’incapacite à maitriser la situation – que la France a demandé l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE) et recevra « rapidement » des renforts aériens européens pour lutter contre les incendies, notamment ceux qui ravagent la Gironde et les Landes, a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi 24 juillet Emmanuel Macron sur X.
Macron a annoncé dans la nuit attendre des renforts aériens européens
« Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque », a précisé le président français. « La situation reste sous très forte tension face aux incendies qui frappent le pays, en particulier en Gironde », a-t-il souligné.
L’avion A400M n’aura ete déployé que SAMEDI en Gironde à la demande du Premier ministre
LE MECANISME EUROPEEN MOBILISE APRÈS QUE LA SITUATION SOIT DEVENUE CATASTROPHIQUE
Créé en 2001, le mécanisme européen de protection civile (MEPC) a pour but d’organiser une coopération entre les autorités nationales de protection civile des pays européens. Concrètement, n’importe quel pays de l’Union européenne peut demander l’aide de ses voisins pour faire face à un sinistre qui le concerne (à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE), dans la mesure où ses ressources nationales ne suffisent plus.https://www.youtube.com/embed/EoNkuRwgFIQ
Ce système englobe l’ensemble des 27 pays de l’UE, auxquels s’ajoutent l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’Islande, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Norvège, la Serbie, la Turquie, l’Ukraine et la Moldavie. Et pour en faire la demande, tout passe par Bruxelles : le pays demandeur – c’est le cas de la France depuis cette nuit – doit faire une demande au Centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC). Après une évaluation de la situation, des moyens sont ensuite alloués sur les zones du sinistre.
MALGRÉ LA PETITE MUSIQUE DES MINISTRES ET DES PRÉFETS, LES POMPIERS INDIQUENT QUE LORSQU’IL FAUT PROTÉGER LES POPULATIONS LES MOYENS – INSUFFISANTS – SONT RETIRÉS DU FEU
Si le mécanisme européen de protection civile demeure insuffisant, une réserve supplémentaire de matériel financée par l’UE, appelée « rescUE », regroupe des moyens mis à disposition par les pays du 1er mai au 31 octobre et financé à 75 % par l’UE. Avions et des hélicoptères de lutte contre les incendies, équipements de protection, générateurs ou encore équipes médicales d’urgence sont stockés sur le territoire des pays participants et peuvent intervenir dans diverses situations d’urgence. À ce jour, le dispositif compte 23 aéronefs (avions et hélicoptères), dont deux Canadair et un hélicoptère français.
Déclenché en Gironde lors de la série d’incendies dévastateurs à l’été 2022, le mécanisme européen de protection civile permet de proposer une réponse d’urgence à un pays dont les capacités de réaction en cas de catastrophe sont dépassées. Chaque été, une cellule européenne dédiée aux incendies de forêt est activée dans le cadre de ce mécanisme. Revue d’effectif
Si la France a donc demandé à bénéficier du dispositif pour lutter contre les incendies qui ravagent le pays, le MEPC ne sert pas qu’à éteindre les incendies. Il peut être utilisé contre tout type de situation d’urgence : séismes, inondations, épidémies, tremblements de terre, conflits… Et s’il a été ces dernières années particulièrement mobilisé dans le cadre de la guerre en Ukraine, le mécanisme de protection civile de l’Union européenne a été activé plus de 830 fois depuis sa mise en place en 2001 (63 fois en 2025), d’après la Commission européenne.
2. LES AFFIRMATIONS MENSONGERES DU MINITRE DE L’INTERIEUR : LA VEILLE, « LES MOYENS SONT SUFFISANTS » ET « ONT DOUBLÉ » , LE LENDEMAIN, APPEL EN URGENCE À L’ARMÉE ET À L’EUROPE
Le nombre de Canadairs n’a pas augmenté entre l’été 2022 et 2026., ni depuis 2017 : il est resté identique
« VRAI OU FAUX. Incendies : la flotte aérienne pour lutter contre le feu a-t-elle vraiment été « multipliée par deux » comme l’affirme Laurent Nuñez ? »
TITRE LA DÉPÊCHE 25/07/2026 Hugo Raynaud
Alors que plus de 44 000 hectares sont déjà partis en fumée depuis le début de l’année, le gouvernement assure avoir considérablement renforcé ses moyens aériens de lutte contre les feux de forêt. Laurent Nuñez assure même que la flotte a été « multipliée par deux » depuis 2022. Une affirmation qui masque une réalité bien plus nuancée.
Depuis le début de l’année, le gouvernement a recensé 12 500 départs de feu et 44 000 hectares brûlés. Soit davantage qu’en 2022 quand des brasiers avaient ravagé le Sud-Ouest de la France. Une situation qui a ravivé les critiques de l’opposition sur les moyens consacrés à la lutte contre les feux de forêt.
Face à ces attaques, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a défendu le bilan du gouvernement. « Les moyens aériens sont suffisants. Depuis 2022, notre flotte a été multipliée par deux », a déclaré le ministre de l’Intérieur devant la presse, mercredi 22 juillet. Est-ce vrai ? La Dépêche fait le point pour vous.
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« Nous avons 12 Canadair, 10 hélicoptères bombardiers d’eau, 6 avions AirTractor bombardiers d’eau, 8 Dash qui projettent surtout du produit retardant », a détaillé le ministre de l’Intérieur, évoquant la commande d’autres Canadair qui doivent être livrés en 2028 et 2032. « Et nous allons expérimenter dans les jours qui viennent l’utilisation de l’A400M qui pourra projeter 20 000 litres de produit retardant« , a-t-il ajouté, mentionnant aussi « 27 moyens aériens » dont disposent certains services départementaux de secours. « Nous faisons face. Donc il y en a un peu assez de ces polémiques […] Le ‘France bashing’, ça suffit. On est un pays qui sait aussi gérer des crises. On l’a démontré », a conclu le ministre…
Sur le papier, les chiffres avancés par Laurent Nuñez sont vrais. Depuis les incendies historiques de 2022, la France a renforcé ses moyens aériens en intégrant des Dash (des avions régionaux de transport de passagers transformés), des hélicoptères bombardiers d’eau, des Air Tractor (des avions agricoles légers convertis), tandis que plusieurs SDIS ont développé leurs propres flottes. En additionnant tous ces appareils, le nombre de moyens aériens dédiés à la lutte contre les incendies a bien été multiplié par près de deux.
Mais pour Xavier Tytelman, expert aéronautique et ancien membre de la Direction générale de la Sécurité civile, cette comparaison reste toutefois trompeuse. « Ce n’est pas un mensonge, mais c’est une façon de tourner la vérité à leur avantage », résume-t-il. « Un Canadair n’est pas un petit avion agricole converti. » Selon lui, les appareils n’ont aucunement les mêmes capacités d’emport et ils ne peuvent pas remplir les mêmes missions. Les Air Tractor interviennent rapidement sur les départs de feu, les Dash larguent principalement du retardant, tandis que les Canadair restent les appareils les plus efficaces sur les grands incendies comme ceux qui sévissent actuellement en Gironde.
« La capacité de largage n’a pas doublé »
Cette distinction est au cœur des critiques formulées par Bruno Menard, secrétaire général du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France. « Le nombre d’appareils a peut-être doublé, mais la capacité de largage, pas du tout », affirme-t-il. À ses yeux, les incendies de cet été montrent que « la taille de la flotte n’est bien sûr pas satisfaisante » face à un risque qui s’aggrave d’année en année. « Les feux de 2026 vont devenir une normalité. Pour les années futures, ça craint. »
Le responsable syndical estime également que le recours aux A400M ou au mécanisme européen de protection civile illustre les limites des moyens nationaux. « Si on est obligé d’utiliser des avions militaires ou de demander de l’aide à l’Europe, c’est bien que nous sommes en rupture capacitaire », juge-t-il. Selon lui, les alertes répétées des sapeurs-pompiers sur le manque de moyens ne sont pas suffisamment entendues.
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Xavier Tytelman partage le constat selon lequel la flotte devra encore être renforcée, mais se montre moins sévère sur la stratégie suivie depuis 2022. Selon lui, l’État « a fait son maximum » dans un contexte où il est impossible d’acheter rapidement de nouveaux Canadair, dont les délais de livraison se comptent en années.
D’autres solutions pour les prochaines années ?
L’expert plaide désormais pour anticiper les prochaines commandes et soutenir des solutions complémentaires, comme le système Caylym, qui permet de transformer rapidement des avions de transport en appareils d’épandage de retardant. « Il faut commander tout de suite pour être parmi les premiers livrés », insiste-t-il.
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Il cite notamment le système américain Caylym, qui permet de transformer rapidement des avions militaires de transport en appareils capables d’épandre du retardant, ainsi que le projet français Kepplair, qui développe un nouvel avion bombardier d’eau. Xavier Tytelman souligne que « les pompiers y croient tellement qu’ils participent eux-mêmes à son financement ». « À un moment, il faudra que l’État passe commande. C’est ce qui permettra au projet d’aboutir et de renforcer durablement les capacités françaises », conclut-il.