
La cible de déficit pour 2027 a été continuellement repoussée ou dégradée : de 2.9% à 5%
NB : À PIB 2027 de l’ordre de 3 000 Md€, 2 points de PIB représentent environ 60 Md€.
L’historique est particulièrement révélateur, car la cible de déficit pour 2027 a été continuellement repoussée ou dégradée.
LES GRANDS AGRÉGATS
– entre 2016 et 2025, les dépenses publiques ont augmenté d’environ 581 MDS
– les prélèvements obligatoires d’environ 300 Md€,
– la dette publique de 1 272 Md€. Et malgré une augmentation considérable des prélèvements en valeur, ( recettes publiques : +380 Md€, soit environ +32 % )
– le déficit public de 2025 reste quasiment deux fois celui de 2016.
75,7 / 152,5
– Dette nouvelle de 2026 2027 : 240 Milliards
Dette 2016 à 2027 : de 2152 3800 MILLIARDS D’EUROS :
+ 1648 MILLIARDS

Les ratios 2016–2024 sont ceux de l’Insee : 98,1 % en 2016, 98,8 % en 2017, 98,5 % en 2018, 98,2 % en 2019, 114,9 % en 2020, 112,8 % en 2021, 111,4 % en 2022, 109,8 % en 2023 et 113,2 % en 2024.
Pour 2025, nous disposons désormais du chiffre annuel : 3 460,5 milliards d’euros, soit 115,6 % du PIB.
La lecture sur dix ans est particulièrement nette :
2016 → 2025 :
- dette : environ 2 152 → 3 461 Md€
- augmentation : ≈ +1 309 Md€
- soit +61 % environ
- ratio dette/PIB : 98,1 % → 115,6 %
- soit +17,5 points de PIB.
Et surtout, la dynamique se décompose en trois périodes :
2016–2019 : quasi-stabilisation autour de 98 % du PIB.
2020 : rupture spectaculaire, avec la crise Covid : +16,7 points en une seule année.
2021–2023 : baisse temporaire du ratio, jusqu’à 109,8 %.
2024–2027 : retournement, avec une remontée vers 115,6 % en 2025, environ 118 % en 2026 et autour de 120 % en 2027. Les dernières prévisions européennes disponibles confirment une nouvelle progression de la dette française.
C’est donc 2019 → 2027 qui constitue le point de comparaison le plus frappant : la France passerait d’environ 98,2 % à 120–121 % du PIB, soit plus de 22 points de PIB supplémentaires.
A. LES ÉVOLUTIONS ANNÉE PAR ANNÉE
1. La trajectoire initiale : sous 2,9% en 2027
En 2022, dans le projet de loi de programmation des finances publiques 2023-2027, le gouvernement prévoyait :
Année
Cible de déficit public
2023
-5,0 %
2024
-4,5 %
2025
-4,0 %
2026
-3,4 %
2027
-2,9 %
L’objectif était donc très clairement de repasser sous les 3 % dès 2027.
La loi de programmation finalement adoptée en décembre 2023 conservait le principe d’un retour sous 3 % en 2027.
Mais cette trajectoire allait rapidement devenir obsolète.
2. Avril 2024 : nouvelle trajectoire, mais toujours sous 3 % en 2027
Après la dégradation spectaculaire des comptes publics en 2023-2024, le gouvernement présente en avril 2024 son Programme de stabilité 2024-2027.
Thomas Cazenave résume alors la nouvelle trajectoire :
Année
Nouvelle cible
-5,1 %
2024
2025
-4,1 %
2026
-3,6 %
2027
-2,9 %
Il affirme explicitement que « la cible des 3 % de déficit public à l’horizon 2027 » reste la boussole du gouvernement.
C’est un premier tournant important : pour conserver l’objectif de 2027, l’exécutif repousse une partie de l’effort sur 2025-2026.
La Cour des comptes juge déjà cette trajectoire peu réaliste, notamment en raison des hypothèses de croissance et de l’ampleur des économies nécessaires.
3. Automne 2024 : abandon du « moins de 3 % en 2027 »
Avec le PLF 2025, le gouvernement change véritablement de trajectoire.
Le nouveau plan budgétaire et structurel à moyen terme présenté en octobre 2024 décale le retour sous 3 % à 2029.
Le Haut Conseil des finances publiques relève explicitement que le retour sous 3 % est alors décalé de deux ans, par rapport aux 2,9 % prévus en 2027 dans le Programme de stabilité 2024.
C’est donc le premier véritable abandon officiel de l’objectif « déficit inférieur à 3 % en 2027 ».
4. 2025 : objectif budgétaire fixé à 5,4 %, résultat finalement meilleur
Pour le budget 2025, la cible inscrite dans la loi de finances était de -5,4 % du PIB.
Le résultat finalement constaté est de -5,1 %, soit 0,3 point de mieux que prévu.
Il faut donc distinguer :
Cible 2025 : -5,4 %
Réalisation 2025 : -5,1 %
Cela améliore légèrement le point de départ, mais ne rétablit absolument pas la trajectoire de 2024 qui devait conduire à 3 % en 2027.
5. 2026 : nouvelle cible, d’abord 4,7 %, puis 5,0 %
C’est un autre élément qu’il faut absolument intégrer à l’historique.
Le PLF 2026 présenté initialement prévoyait un déficit de -4,7 % du PIB, contre -5,4 % prévu pour 2025.
Mais après le débat parlementaire et les compromis politiques, la loi de finances 2026 finalement adoptée retient une cible de -5,0 %.
Le gouvernement présente donc désormais la trajectoire comme :
2025 : -5,4 % → 2026 : -5,0 %
et non plus :
2025 : -5,4 % → 2026 : -4,7 %.

Le ministère rappelle que l’objectif reste néanmoins de revenir sous 3 % en 2029.
6. Été 2026 : le tournant spectaculaire pour 2027
Et c’est là que votre question devient particulièrement intéressante.
Le gouvernement de Sébastien Lecornu travaille désormais sur une cible 2027 de 4,9 % du PIB.
Moment de la prévision
Cible 2027
LPFP 2023-2027
-2,9 %
Programme de stabilité avril 2024
-2,9 %
Plan budgétaire 2024-2029
-4,0 %
Situation actuelle / préparation PLF 2027
Le chiffre de 4,9 % est actuellement présenté comme l’objectif envisagé par le gouvernement Lecornu. Il correspondrait à une réduction extrêmement faible par rapport aux quelque 5,0-5,1 % attendus pour 2026.
C’est donc un changement de dimension.
En 2024, l’exécutif voulait faire :
5,1 → 4,1 → 3,6 → 2,9
entre 2024 et 2027.
La trajectoire aujourd’hui envisagée est plutôt :
5,1 → environ 5,0 → environ 4,9
entre 2025 et 2027.
7. Le tableau récapitulatif
Voici le tableau qui permet de visualiser l’évolution de la promesse :

Les deux dernières lignes doivent être interprétées avec prudence : 4,9 % n’est pas encore une cible inscrite dans une loi de finances, puisque le PLF 2027 doit encore être présenté. Le Monde rapporte toutefois que c’est désormais l’objectif vers lequel le gouvernement Lecornu s’oriente.
8. Ce que révèle réellement cette évolution
La séquence est assez brutale :
2022 : -2,9 % en 2027
↓
avril 2024 : -2,9 % en 2027
↓
automne 2024 : -4,0 % en 2027
↓
été 2026 : ≈ -4,9 % en 2027
Entre la cible de 2022 et celle actuellement envisagée pour 2027, l’écart est donc de 2 points de PIB.
Avec un PIB français de l’ordre de 3 000 Md€, cela représente environ 60 milliards d’euros de déficit supplémentaire par rapport à la trajectoire qui devait conduire à 2,9 %.
Et surtout, le problème n’est pas simplement que « le déficit reste élevé ». C’est que l’année 2027 était précisément l’année annoncée comme celle du retour sous 3 %.
La Cour des comptes avait déjà prévenu en 2024 que les trajectoires successives devenaient de plus en plus fragiles et que, dans plusieurs scénarios, le déficit resterait nettement supérieur à 3 % en 2027.
Le gouvernement se retrouve donc aujourd’hui devant une contradiction majeure : la France s’est engagée auprès de ses partenaires européens à revenir sous 3 % en 2029, mais une cible 2027 proche de 4,9 % rend cette marche extrêmement difficile. Le Monde estime que cette trajectoire remettrait précisément en cause la crédibilité de l’engagement de 2029.
¹ Prévision de la loi de finances 2026 : dépenses publiques hors crédits d’impôt de 1 733 Md€ et prélèvements obligatoires à 43,9 % du PIB.
² Le stock de dette a déjà atteint 3 536,1 Md€ au 1er trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB. La prévision gouvernementale de la LFI 2026 est de 118,2 % du PIB en fin d’année.
³ Fourchette indicative, et non prévision officielle définitive : elle dépendra du PLF 2027 et surtout du niveau du déficit effectivement retenu.
⁴ Le gouvernement Lecornu vise actuellement 4,9 % du PIB en 2027, contre 5,1 % environ en 2026. Le PLF 2027 doit être présenté le 30 septembre.
Les données historiques
Pour les dépenses, la série Insee en base 2020 donne précisément :
2016 : 1 280,6 Md€
2017 : 1 321,4 Md€
2018 : 1 327,6 Md€
2019 : 1 346,2 Md€
2020 : 1 430,4 Md€
2021 : 1 491,4 Md€
2022 : 1 550,7 Md€
2023 : 1 607,4 Md€.
Puis :
2024 : 1 672,7 Md€
2025 : 1 714,1 Md€, soit +41,4 Md€ et +2,5 %.
Pour 2025, les recettes publiques totales atteignent 1 561,6 Md€, dont 882,0 Md€ d’impôts et 446,3 Md€ de cotisations sociales effectives. Le déficit est de 152,5 Md€.
La dette, elle, est passée de 2 188,5 Md€ fin 2016 à 3 460,5 Md€ fin 2025. L’augmentation cumulée est donc d’environ :
+1 272 Md€ en neuf ans, soit +58,1 %.
C’est un chiffre particulièrement important pour votre comparaison. En parallèle, les dépenses publiques sont passées de 1 280,6 à 1 714,1 Md€, soit :
+433,5 Md€ / +33,9 %.
Et le déficit est passé d’environ 79 Md€ en 2016 à 152,5 Md€ en 2025 :
+73 Md€, soit environ +93 %.
Les données Insee confirment pour 2025 une dette de 3 460,5 Md€, en hausse de 154,4 Md€ sur un an. Elles montrent également que cette hausse est supérieure au seul déficit de 152,5 Md€, notamment en raison des mouvements de trésorerie.
Mais il faut éviter une conclusion trop mécanique sur la fiscalité : les prélèvements obligatoires ont fortement progressé en valeur, mais leur poids dans le PIB n’a pas suivi la même trajectoire. Il était de 53,6 % pour les recettes publiques en 2016 et de 52,2 % en 2025 ; pour les seuls prélèvements obligatoires, il était autour de 44,6 % du PIB en 2016 contre 43,6 % en 2025.
Le phénomène majeur apparaît entre 2022 et 2025
En quatre ans :
Dépenses :
1 550,7 → 1 714,1 Md€
= +163,4 Md€ / +10,5 %
Dette :
2 950 → 3 460,5 Md€
= +510,5 Md€ / +17,3 %
Déficit :
125,9 → 152,5 Md€
= +26,6 Md€ / +21,1 %
Et surtout, la dette augmente beaucoup plus vite que le déficit annuel. En 2024, par exemple, le déficit était de 169,1 Md€, mais la dette a augmenté d’environ 203,6 Md€. En 2025, déficit de 152,5 Md€ contre 154,4 Md€ d’augmentation de dette.
Et 2026-2027 ?
Pour 2026 et surtout 2027 il n’y a pas de données d’exécution.
La LFI 2026 prévoit :
- dépenses publiques : 1 733 Md€ hors crédits d’impôt ;
- prélèvements obligatoires : 43,9 % du PIB ;
- déficit : 5,0 % du PIB ;
- dette : 118,2 % du PIB.
Mais la dette a déjà atteint 117,5 % du PIB au premier trimestre 2026, ce qui rend la cible de fin d’année très tendue.
Pour 2027, le chiffre politique central est désormais 4,9 % de déficit, alors que la trajectoire antérieure visait 4,1 % puis 2,8 % en 2029.
Point clé : si l’on met ces données en perspective avec votre tableau précédent sur les objectifs de déficit, on obtient une image beaucoup plus nette :
– entre 2016 et 2025, les dépenses publiques ont augmenté d’environ 434 Md€,
– les prélèvements obligatoires d’environ 300 Md€,
– la dette publique de 1 272 Md€.
Et malgré cette augmentation considérable des prélèvements en valeur, le déficit public de 2025 reste quasiment deux fois celui de 2016.
B. ANALYSE DES FINANCES PUBLIQUES 2016 2027 : L’IMMENSE DÉRIVE
Les montants historiques sont en milliards d’euros courants. Les pourcentages de variation sont des variations nominales d’une année sur l’autre.
France — finances publiques 2016-2027

¹ Prévision de la loi de finances 2026 : dépenses publiques hors crédits d’impôt de 1 733 Md€ et prélèvements obligatoires à 43,9 % du PIB.
² Le stock de dette a déjà atteint 3 536,1 Md€ au 1er trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB. La prévision gouvernementale de la LFI 2026 est de 118,2 % du PIB en fin d’année.
³ Fourchette indicative, et non prévision officielle définitive : elle dépendra du PLF 2027 et surtout du niveau du déficit effectivement retenu.
⁴ Le gouvernement Lecornu vise actuellement 4,9 % du PIB en 2027, contre 5,1 % environ en 2026. Le PLF 2027 doit être présenté le 30 septembre.
Les données historiques
Pour les dépenses, la série Insee en base 2020 donne précisément :
2016 : 1 280,6 Md€
2017 : 1 321,4 Md€
2018 : 1 327,6 Md€
2019 : 1 346,2 Md€
2020 : 1 430,4 Md€
2021 : 1 491,4 Md€
2022 : 1 550,7 Md€
2023 : 1 607,4 Md€.
Puis :
2024 : 1 672,7 Md€
2025 : 1 714,1 Md€, soit +41,4 Md€ et +2,5 %.
Pour 2025, les recettes publiques totales atteignent 1 561,6 Md€, dont 882,0 Md€ d’impôts et 446,3 Md€ de cotisations sociales effectives. Le déficit est de 152,5 Md€.
La dette, elle, est passée de 2 188,5 Md€ fin 2016 à 3 460,5 Md€ fin 2025. L’augmentation cumulée est donc d’environ :
+1 272 Md€ en neuf ans, soit +58,1 %.
C’est un chiffre particulièrement important pour votre comparaison. En parallèle, les dépenses publiques sont passées de 1 280,6 à 1 714,1 Md€, soit :
+433,5 Md€ / +33,9 %.
Et le déficit est passé d’environ 79 Md€ en 2016 à 152,5 Md€ en 2025 :
+73 Md€, soit environ +93 %.
Les données Insee confirment pour 2025 une dette de 3 460,5 Md€, en hausse de 154,4 Md€ sur un an. Elles montrent également que cette hausse est supérieure au seul déficit de 152,5 Md€, notamment en raison des mouvements de trésorerie.
Une lecture particulièrement intéressante : 2016 → 2025

Le phénomène majeur apparaît entre 2022 et 2025
C’est probablement la partie la plus utile pour prolonger votre analyse sur le déficit.
En quatre ans :
Dépenses :
1 550,7 → 1 714,1 Md€
= +163,4 Md€ / +10,5 %
Dette :
2 950 → 3 460,5 Md€
= +510,5 Md€ / +17,3 %
Déficit :
125,9 → 152,5 Md€
= +26,6 Md€ / +21,1 %
Et surtout, la dette augmente beaucoup plus vite que le déficit annuel. En 2024, par exemple, le déficit était de 169,1 Md€, mais la dette a augmenté d’environ 203,6 Md€. En 2025, déficit de 152,5 Md€ contre 154,4 Md€ d’augmentation de dette.
Et 2026-2027 ?
Il faut ici être très rigoureux : 2026 et surtout 2027 ne doivent pas être mélangés aux données d’exécution.
La LFI 2026 prévoit :
- dépenses publiques : 1 733 Md€ hors crédits d’impôt ;
- prélèvements obligatoires : 43,9 % du PIB ;
- déficit : 5,0 % du PIB ;
- dette : 118,2 % du PIB.
Mais la dette a déjà atteint 117,5 % du PIB au premier trimestre 2026, ce qui rend la cible de fin d’année très tendue.
Pour 2027, il serait prématuré de donner un chiffre de dépenses ou de fiscalité comme s’il était arrêté. En revanche, le chiffre politique central est désormais 4,9 % de déficit, alors que la trajectoire antérieure visait 4,1 % puis 2,8 % en 2029.
Point clé : si l’on met ces données en perspective avec le tableau précédent sur les objectifs de déficit, on obtient une image beaucoup plus nette :
– entre 2016 et 2025, les dépenses publiques ont augmenté d’environ 434 Md€,
– les prélèvements obligatoires d’environ 300 Md€,
– mais la dette publique de 1 272 Md€. Et malgré cette augmentation considérable des prélèvements en valeur,
– le déficit public de 2025 reste quasiment deux fois celui de 2016.