Aller au contenu principal

Verticalité renforcée et absence de débat démocratique. Confiscation de services essentiels et de libertés.

BILLET

Le reconfinèrent tardif et précipité n’a pas fait l’objet de la réflexion et de la concertation qui s’imposaient après un premier confinement dont on n’a pas tiré les leçons collectivement et un déconfinement en échec.

Personnification des arbitrages et déficit démocratique

Certains arbitrages présidentiels n’ont pas suivi les préconisations des parties prenantes professionnelles ou territoriales – parfois reprises en vain par les ministres – et n’ont pas fait l’objet d’un traitement démocratique.

Le Parlement a délibéré après les décisions de l’exécutif et les Collectivités Territoriales se sont vues imposer des mesures contre lesquelles elles s’opposent – y compris par des arrêtés qui interviennent après les déclarations présidentielles.

La confiscation de services essentiels

Il s’agit notamment du traitement des services culturels essentiels – tout particulièrement des librairies et de la lecture – ou de celui des commerces de proximité.

Une réflexion plus approfondie sur les Services Publics aurait été nécessaire, avec la mise en place de plans de continuité d’activité pour l’Etat, les Collectivités et les gestionnaires de services d’intérêt général, même si le maintien de l’ouverture des bureaux de postes est à souligner. Le bilan du premier confinement, s’il avait été objectivé, aurait montré que le télé travail dans le secteur public a paralysé des services entiers, par exemple la justice sur certains territoires ou même le Conseil Constitutionnel. Pourquoi interrompre, autre exemple, le prêt de livres, de revues et de supports multimédias – de surcroit si l’on interdit la vente de livres dans les commerces de détail et de grande surface ?

Bruno Lemaire, malgré  l’arbitrage négatif  du Président,

ne renonce pas à  défendre publiquement  sa position: « Les commerces pourraient rouvrir dans 15 jours »

Dupond-Moretti annonce le maintien des audiences dans les tribunaux

Contrairement au premier confinement, la 2e vague du Covid-19 ne devrait pas obliger au renvoi de milliers de dossiers.

Durant le confinement, les audiences seront maintenues dans tous les tribunaux, a annoncé Éric Dupond-Moretti – dans un sursaut comparable à celui de Bruno Lemaire.

Voir également le COMMENTAIRE associé à cette publication

Les travaux de Génération Libre

Nus vous proposons de prendre connaissance des travaux de Vincent Delhomme, chargé d’étude pour le think tank Génération Libre, pilote l’Observatoire des Libertés Confinées. Cette plateforme en ligne fait un état des lieux de près des restrictions apportées aux libertés et droits fondamentaux pendant l’épidémie de Covid-19 en France, en se concentrant sur quatre aspects :

  • l’État de droit/la démocratie,
  • les libertés publiques,
  • le droit du travail,
  • les libertés économiques.

« On le voit, cette crise renforce les travers de la pratique du pouvoir en France : une centralisation autour de la figure du Président, un Parlement mis de côté, des territoires souvent peu associés aux décisions, un manque de débat démocratique« , déplore Vincent Delhomme.

« L’Etat a misé dès le départ sur une approche très verticale, infantilisante et un recours accru aux contrôles et à la sanction, » analyse Vincent Delhomme. « Cela n’a sans doute pas favorisé l’appropriation des mesures et quand celles-ci ont été levées, tout le monde s’est remis à vivre de la même manière qu’avant, y compris sans respecter les gestes barrières et sans faire preuve de « bon sens » dans ses contacts sociaux. Résultat : 4 mois après, nous nous retrouvons de nouveau dans une phase de mesures autoritaires. La méthode doit changer. Les citoyens doivent comprendre que sans leur bonne volonté nous n’échapperons pas à des mesures strictes et qu’il faut changer durablement nos comportements pour vivre avec le virus. » ajoute V Delhomme.

Vincent Delhomme explique les conséquences des mesures restrictives de libertés et prône une concertation plus démocratique pour gérer la crise sanitaire.

Si pour lui, il est clair que nous devons apprendre à vivre avec le virus en adaptant nos comportements, il s’inquiète des conséquences négatives de la méthode employée par le Gouvernement. Une méthode qui a délaissé la responsabilité individuelle et n’a pas permis une appropriation massive des mesures, favorisant les comportements à risques lors du déconfinement.

« Si l’on veut mettre en place des mesures qui fassent l’objet d’un consensus, sur la durée, il faut qu’un vrai débat ait lieu et que le pays s’accorde sur les équilibres à trouver entre la santé, les libertés et l’activité économique.« , ecrit il.

Le think tank prône une gestion de crise par la concertation qui ne délaisse ni le Parlement ni les territoires.

Manon Merrien-Joly a écrit un article se basant notamment sur les travaux du think tank Génération Libre, nous vous le présentons ci contre.

ARTICLE

Covid-19 : Mesures renforcées, libertés confinées, Français déprimés

Manon Merrien-Joly, Publié le 28 Octobre 2020

La deuxième vague du Covid-19 déferle actuellement sur la France. En conséquence, de nouvelles mesures de distanciation sociale sont adoptées pour réduire les risques de contamination. Des mesures qui s’accompagnent de craintes concernant la restriction des libertés individuelles et sociales, ainsi que des droits fondamentaux.

L’État de droit prendrait-il également ses distances ?


Le 14 octobre dernier, le président de la République Emmanuel Macron annonçait devant Anne-Sophie Lapix, Gilles Bouleau et 20 millions de téléspectateurs la mise en place d’un couvre-feu de 21 heures à 6 heures en Île-de-France et dans huit autres métropoles françaises. Au début du mois d’octobre, les bars étaient les premiers à trinquer en devant fermer leurs portes, une des nouvelles mesures prises pour enrayer la seconde vague de Covid-19 qui déferle sur la France. Celles et ceux qui enfreindront le non-respect des consignes écoperont d’une amende de 135 €. Au bout de trois récidives, les contrevenant.e.s s’exposent à une peine de 6 mois de prison et à une amende de 3750 €. Le 17 octobre dernier, l’État d’urgence sanitaire (créé spécialement pour faire face à la propagation du Covid-19 et imposé du 23 mars au 20 juillet) a été rétabli.

Une décision qui donne le pouvoir au gouvernement pour une durée d’un mois d’adopter « toute une série de restrictions aux droits et libertés fondamentales (rassemblements, circulation, liberté d’entreprises, etc) sans contrôle du Parlement. Au-delà d’un mois, le Parlement doit donner son accord », détaille Vincent Delhomme, chargé d’étude pour le think tank Génération Libre, qui pilote l’Observatoire des Libertés Confinées. Cette plateforme en ligne fait un état des lieux de près des restrictions apportées aux libertés et droits fondamentaux pendant l’épidémie de Covid-19 en France, en se concentrant sur quatre aspects : l’État de droit/la démocratie, les libertés publiques, le droit du travail et les libertés économiques, au niveau national. « L’idée est que toutes ces mesures devaient être abolies en temps voulu et que toutes les libertés suspendues devaient nous être rendues. », poursuit Delhomme. 


Les libertés collectives, garantes de l’État de droit

Les libertés collectives garantissent la place de chacun dans la société : la liberté de manifester, la liberté d’expression, le droit de grève et la liberté d’association sont autant de moyens d’exercer ce type de liberté, et se sont vues restreintes par les dernières mesures instaurées. Les restrictions décidées par le Gouvernement, et notamment par la mise en place de l’état d’urgence, doivent obéir au principe de proportionnalité : « il faut que cette mesure réponde vraiment à l’objectif poursuivi et n’aille pas au-delà du nécessaire, détaille Vincent Delhomme. Il appartient à l’État d’apporter la preuve qu’une mesure prise répond à un problème identifié, qu’il n’y a pas d’autres moyens moins restrictifs d’atteindre le même objectif et que cette mesure ne porte pas une atteinte trop forte aux libertés fondamentales. Par exemple pour que le couvre-feu soit considéré comme proportionné, il faut que l’État montre que l’instauration du couvre-feu va bien permettre d’améliorer la situation sanitaire, qu’il n’y a pas d’autre moyen moins restrictif permettant de limiter la circulation du virus de la même manière, et que l’atteinte aux libertés fondamentales n’est pas trop forte compte tenu du bénéfice attendu en matière de santé publique. »

Depuis le mois de mars, les Français se sont pliés aux règles du confinement, du port du masque, des règles de distanciation sociale, de la liberté d’aller et de venir. Désormais, les contradictions de la non-imposition du télétravail parallèlement à la restriction aux établissements recevant du public, sont pointées du doigt. Les bars et les restaurants peinent à maintenir la tête hors de l’eau, sans parler des boîtes de nuit. De l’autre côté, la jauge d’occupation des lits en réanimation grimpe dangereusement dans les hôpitaux. Le pays est en pause. L’avenir, même à court terme, incertain. 

« Qu’on se méprenne pas, j’suis à fond avec les soignants. Ils vont se prendre une deuxième vague dans le cornet, dont le gouvernement nous impute la responsabilité comme si on était des disciples de Nicolas Bedos », déclamait l’humoriste Waly Dia sur France Inter le 16 octobre. « On est en train de se faire gronder par des gens incapables de gérer correctement un stock de masques, et qui dans le même temps encouragent la population à réserver des billets pour les vacances de la Toussaint, notamment en outre-mer. Ils sont au courant qu’on n’a plus d’oseille, ou pas du tout ? (…) Parce que si vous comptez sur le service de réa’ du CHU de Pointe-à-Pitre pour survivre, (…) L’hôpital guadeloupéen est laissé à l’abandon par l’État depuis des années, niveau matos on est sur des trachéotomies avec des roulettes à pizza. ».

De son côté, le gouvernement a dû prendre des décisions dans un délai extraordinairement court et dans un contexte inédit : le fil rouge des mesures adoptées est, depuis le mois de mars, la réduction des contacts rapprochés entre les personnes. « Cela est passé par des restrictions aux déplacements/regroupements privés (qui reviennent maintenant) et par une modification du fonctionnement des pouvoirs publics (état d’urgence), notamment de la justice (là, les mesures attentatoires aux libertés publiques ont été levées). À côté de ça, le gouvernement a pris un certain nombre de mesures dérogatoires de soutien à l’activité économique, notamment en adaptant certains aspects du droit du travail. », résume Vincent Delhomme. 


Métro, boulot, conso

Lors de son interview du 14 octobre, Emmanuel Macron a affiché l’objectif de « continuer à avoir une vie économique, à fonctionner, à travailler, à ce que les écoles, les lycées, les universités soient ouvertes et fonctionnent, à ce que nos concitoyens puissent travailler tout à fait normalement ». Ces motivations expliquent la non-mise en place du télétravail obligatoire, qui reste « vivement recommandé ». Jean-Luc Mélenchon twittait le jour-même : « 60 % des contaminations ont lieu au travail ou à l’école ou à l’université entre 8h et 19h. Mais Macron interdit les sorties au bar et au restau entre 20h et 6h. Bienvenue en Absurdie. » Pour l’heure, il est impossible de déterminer l’origine des contaminations, aussi bien dans le milieu professionnel que dans les ERP (établissements recevant du public) comme les bars ou les restaurants. C’est ce que montre un article des Décodeurs, datant du 15 octobre qui souligne que les clusters ne concernent « qu’une minorité des cas (de coronavirus) confirmés » et les chiffres de Santé Publique France. 

Cluster ou non, l’usage économique du corps humain est plus que jamais prégnant. L’Homme est contraint de continuer à travailler, à consommer, à dépenser l’argent épargné. En mai dernier, à la sortie du confinement, l’ex-ministre du travail Muriel Pénicaud déclarait : « Je pense qu’il faut en tant que Français qu’on ose consommer, qu’on ose ressortir, maintenant qu’il y a les conditions sanitaires pour le faire et qu’on arrive mieux à vivre avec le virus ». Un cercle vicieux ? « Ce qui fait vivre, ce n’est pas que travailler. Ce qui donne du plaisir au travail c’est le plaisir de construire, et ce qu’on appelle la rétribution secondaire, le plaisir de voir les collègues, de fêter quelque chose, une rétribution sociale qui participe au plaisir d’être et de vivre. », décrypte Jean-Christophe Seznec, psychiatre et auteur de Débranchez votre mental, trucs et astuces pour ne plus ressasser et profiter de la vie, aux éditions Leduc. 


Élus : Parle à mon compte-rendu, ma tête est malade

Le Conseil de défense le 23 septembre, pendant lequel le gouvernement actait la fermeture des restaurants et bars à Marseille pour une durée de deux semaines et la fermeture anticipée des bars à Paris a provoqué la colère des élus. « J’apprends avec étonnement et colère une décision pour laquelle la Mairie de Marseille n’a pas été consultée. Rien dans la situation sanitaire ne justifie cette annonce. Je n’accepte pas que les Marseillais soient victimes de décisions politiques que personne ne peut comprendre. », twittait Michèle Rubirola, maire de Marseille (EELV). Le lendemain, Anne Hidalgo, la maire de Paris en visite au Havre à l’occasion du LH Forum disait apporter tout son soutien par rapport aux mesures restrictives « qui ont été prises malheureusement sans aucune concertation car j’aurais dit mon désaccord sur ces mesures-là. ». 

D’un côté comme de l’autre, les populations et les élus se sentent mis au ban des décisions pour enrayer la propagation du Covid-19. « On le voit, cette crise renforce les travers de la pratique du pouvoir en France : une centralisation autour de la figure du Président, un Parlement mis de côté, des territoires souvent peu associés aux décisions, un manque de débat démocratique, déplore Vincent Delhomme. Si l’on veut mettre en place des mesures qui fassent l’objet d’un consensus, sur la durée, il faut qu’un vrai débat ait lieu et que le pays s’accorde sur les équilibres à trouver entre la santé, les libertés et l’activité économique. » 

J’apprends avec étonnement et colère une décision pour laquelle la Mairie de Marseille n’a pas été consultée. Rien dans la situation sanitaire ne justifie cette annonce. Je n’accepte pas que les Marseillais soient victimes de décisions politiques que personne ne peut comprendre.— Michèle Rubirola (@MicheleRubirola) 

Dans ce même entretien du 14 octobre, le Président appelait à faire preuve de bon sens. Trois jours plus tôt, Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, demandait de « vraiment faire preuve d’autodiscipline ». Dans une société où les décisions sont déjà prises, et les sanctions lourdes, quelle place est laissée pour l’autodiscipline et la responsabilité individuelle ? « L’État a misé dès le départ sur une approche très verticale, infantilisante et un recours accru aux contrôles et à la sanction, analyse Vincent Delhomme. 

Cela n’a sans doute pas favorisé l’appropriation des mesures et quand celles-ci ont été levées, tout le monde s’est remis à vivre de la même manière qu’avant, y compris sans respecter les gestes barrières et sans faire preuve de « bon sens » dans ses contacts sociaux. Résultat : 4 mois après, nous nous retrouvons de nouveau dans une phase de mesures autoritaires. La méthode doit changer. Les citoyens doivent comprendre que sans leur bonne volonté nous n’échapperons pas à des mesures strictes et qu’il faut changer durablement nos comportements pour vivre avec le virus. ». Du côté des Français, on ne peut pas dire que la confiance règne : un sondage IFOP du 14 octobre révélait que seulement 38 % de la population avait confiance en le gouvernement pour faire face efficacement au coronavirus. 


Avenir incertain, manque de perspectives : la santé mentale en berne

Ces mesures restrictives s’accompagnent d’effets sur le moral des Français, qui vivent non seulement avec des mesures très restrictives, mais parfois infantilisantes aux yeux de certains. « On a besoin de donner du sens aux choses, d’avoir des perspectives : l’avenir est incertain, il y a une perte de contrôle, l’impossibilité de se projeter et l’incertitude du jour suivant. Pour l’instant le Covid ne tue en majorité que des personnes âgées, tout ça crée un stress chronique, une incapacité à se projeter et avoir des perspectives, ca vulnérabilise. », analyse Jean-Christophe Seznec. Il y a quelques mois, pendant le confinement, le psychiatre constatait une explosion des demandes de consultation, particulièrement liée à l’anxiété.

Aujourd’hui« j’ai peur qu’on bascule dans la dépression », déplore Jean-Christophe Seznec. Il conseille de voir du monde, tout en gardant les distances sociales, de se mettre en mouvement, de maintenir une activité physique à l’extérieur et chez soi. « La méditation et la pleine conscience s’avèrent très utiles dans ce contexte, pour sortir de cette position de lutte contre un ennemi qu’on ne voit pas. » Il souligne également l’importance de préserver la capacité émotionnelle à ressentir. « Il faut pouvoir compenser la balance émotionnelle avec le lien social, les émotions de joie, tout ce qu’on fait sur le corps. C’est bien de faire des actions pour diminuer le risque infectieux, mais il ne faut pas qu’on confronte la population à un autre risque moral. Les Français ont un moral deux fois moins important que la moyenne européenne. Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui pour soigner cela ? 

Cette deuxième vague est marquée par l’hostilité des Français, des couacs du gouvernement et des décisions verticales reçues par une population qui commence à être excédée d’être infantilisée. Avec la crise sanitaire, la démocratie semble ainsi s’éloigner de l’un de ses principes fondateurs, les libertés publiques, avec sous le bras, la confiance des Français. 

2 réponses »

  1. ___

    « Ouvrir toutes les librairies, comme toutes les bibliothèques, c’est faire le choix de la culture »

    Par Collectif

    Publié hier 30 octobre

    Alors que les plates-formes continuent de vendre des livres en ligne, un collectif de plus de 250 éditeurs, écrivains et libraires, parmi lesquels Antoine Gallimard, Odile Jacob, Enki Bilal et Patrick Modiano, pointe l’injustice qui touche toutes les librairies contraintes à la fermeture.

    Monsieur le Président de la République,

    A l’heure où les salles de spectacle, les musées, les centres d’art et les cinémas sont malheureusement contraints de nouveau à la fermeture, l’ouverture des librairies maintiendrait un accès à la lecture et à la culture dans des conditions sanitaires sécurisées. En mars dernier, l’absence de masques, de gel, de protocole sanitaire face à ce virus ne permettait pas d’accueillir le public en librairie en toute sécurité. Depuis, les libraires se sont équipés et les gestes barrières sont parfaitement respectés dans leurs magasins. La librairie est un lieu sûr.

    Le retour en nombre des lecteurs en librairie, jeunes ou adultes, à l’issue du premier confinement, a illustré cette soif de lecture, porteuse de mille imaginaires, et cette volonté de défendre nos lieux de vie, de débats d’idées et de culture au cœur des villes. Sachons l’entendre.

    « LE LIVRE N’EST PAS UN PRODUIT COMME UN AUTRE : C’EST UN BIEN QUI DOIT ÊTRE DÉFENDU PAR LA NATION, EN TOUTES CIRCONSTANCES ET EN TOUS LIEUX »

    A la veille du quarantième anniversaire de la loi sur le prix unique du livre [le 10 août 1981], rappelez avec nous, Monsieur le Président, que le livre n’est pas un produit comme un autre : c’est un bien qui doit être défendu par la nation, en toutes circonstances et en tous lieux.

    Aujourd’hui, Internet devient le principal réseau de vente de livres. Que toutes les librairies soient contraintes de fermer est totalement incompréhensible. Comme vous le savez, les librairies jouent un rôle que nul autre ne peut tenir dans l’animation de notre tissu social et de notre vie locale, pour la transmission de la culture et du savoir et le soutien à la création littéraire. Elles sont en outre un des plus efficaces remparts contre l’ignorance et l’intolérance.

    Lire aussi: Reconfinement : les librairies n’échappent pas à la fermeture

    Nous tous, libraires, éditeurs, écrivains, lecteurs sommes prêts à assumer nos responsabilités culturelles et sanitaires. Ouvrir toutes les librairies, comme toutes les bibliothèques, c’est faire le choix de la culture. C’est un choix citoyen.

    Monsieur le Président de la République, nous vous demandons, aujourd’hui, de laisser toutes les librairies ouvrir leurs portes, et de bien vouloir recevoir les représentants des signataires de cette lettre ouverte qui vous la remettront, masqués et en respectant les gestes barrières, dès que vous les y inviterez.

    Liste des signataires : Premiers signataires : François Busnel, tous les membres du Syndicat de la librairie française et du Syndicat national de l’édition ; Anne Martelle ; Vincent Montagne ; Antoine Gallimard ; Alban Cerisier ; Karina Hocine ; Bruno Caillet.
    Zeina Abirached ; Bruno-Nassim Aboudrar ; Marguerie Abouet ; Olivier Adam ; Laure Adler ; Nelly Allard ; Guillaume Allary ; Chistophe André ; Erik Arnoult ; Jacques Attali ; Stéphane Aznar ; Thomas Baas ; Bartabas ; Alex Beaupain ; Laurent Beccaria ; Frédéric Beigbeder ; Aurélien Bellanger ; Tahar Ben Jelloun ; Hubert Ben Kemoun ; Michelle Benbunan ; Sofia Bengana ; Philippe Besson ; Eva Bester ; Muriel Beyer ; Enki Bilal ; Léonie Bischoff ; Justine Bo ; Dominique Bona ; Adrien Bosc ; Nina Bouraoui ; Frédéric Boyer ; Cécile Boyer-Runge ; Astrid Canada ; Renaud Capuçon ; Manuel Carcassone ; Véronique Cardi ; Isabelle Carré ; Nicolas Carreau ; Stephen Carrière ; Séverin Cassan ; Claire Castillon ; Arnaud Catherine ; Sophie Charnavel ; Sarah Chiche ; Philippe Claudel ; Julien Clerc ; François Cluzet ; Olivier Cohen ; Paule Constant ; Cécile Coulon ; Clotilde Courau ; Franck Courtès ; Teresa Cremisi ; Catherine Cusset ; Boris Cyrulnik ; Héloïse d’Ormesson ; Sophie de Closets ; Maylis de Kerangal ; Eric de Kermel ; Hilaire de Laage ; Olivia de Lamberterie ; Thibault de Montalembert ; Xavier de Montalembert ; Xavier de Moulins ; Joël de Rosnay ; Tatiana de Rosnay ; Claude de Saint-Vincent ; Sophie de Sivry ; Delphine de Vigan ; Matthieu de Waresquiel ; Ludovic Debeurme ; Louis Delas ; Florence Delay ; Félix Delep ; Martine Delerm ; Philippe Delerm ; Alice Déon ; François-Henri Désérable ; Pascale Dietrich ; Cyril Dion ; Philippe Djian ; Xavier Dorison ; Alain Duault ; Marc Dugain ; Lionel Duroy ; Julie Durot ; Pierre Dutilleul ; Elsa Flageul ; Raphaël Enthoven ; Annie Ernaux ; Ludovic Escande ; Francis Esmenard ; Dominique Farrugia ; Claire Fercak ; Caryl Ferey ; Luc Ferry ; Elsa Flageul ; Cynthia Fleury ; Timothée Fombelle ; Philippe Forest ; Eric Fottorino ; Patrice Franceschi ; Dan Franck ; Olivier Frebourg ; Charlotte Gallimard ; Isabelle Gallimard ; Oliver Gallmeister ; Jérôme Garcin ; Marcel Gauchet ; Pascale Gautier ; Philippe Geluck ; Anne Ghisoli ; Franz-Olivier Giesbert ; Valentine Goby ; Hélène Grémillon ; Magdalena Guirao ; Mathilde Guiraud ; Gilles Haéri ; Raphaël Haroche ; Christel Hoolans ; Nancy Huston ; Caroline Ibos ; Nathalie Iris ; Odile Jacob ; Philippe Jaenada ; Hugues Jallon ; Alexandre Jardin ; Serge Joncour ; JUL ; Jean-Claude Kaufmann ; Julia Kerninon ; Sandrine Kiberlain ; Etienne Klein ; Eric Kribs ; Nathalie Kuperman ; La Grande Sophie ; Philippe Labro ; Monique Labrune ; Jean-Marie Laclavetine ; Marie-Hélène Lafon ; Olivier Latyk ; Antoine Laurain ; Camille Laurens ; Marc Lavoine ; Agnès Ledig ; Gilles Legardinier ; Bernard Lehut ; Pierre Lemaître ; Frédéric Lenoir ; Laure Leroy ; Liana Levi ; Régis Loisel ; Alex Lutz ; Mathias Malzieu ; Patrice Margotin ; Robert Marie ; Frédéric Martel ; Géraldine Mausservey ; Diane Mazloum ; Dominique Méda ; Anne-Marie Métailié ; Betty Mialet ; Fabrice Midal ; Patrick Modiano ; Isabelle Monin ; Gérard Mordillat ; François Morel ; Margaux Motin ; Benoît Mouchart ; Eric Naulleau ; Olivier Nora ; Pierre Nora ; Arnaud Nourry ; Françoise Nyssen ; Cassandra O’Donnell ; Michel Onfray ; Erik Orsenna ; Véronique Ovaldé ; Pacco ; Sandrine Palussière ; Julien Papelier ; Line Papin ; Hedwige Pasquet ; Marie Pavlenko ; Anna Pavlowitch ; Patrick Pécherot ; Benoît Peeters ; Pef ; Alix Penent ; Mathieu Persan ; Daniel Picouly ; Pascal Picq ; Mazarine Pingeot ; Natacha Polony ; Benoît Pollet ; Sylvain Prudhomme ; Martin Quenehen ; Atiq Rahimi ; Eric Reinhardt ; Robin Renucci ; Valentin Retz ; Philippe Rey ; Karine Reysset ; Yasmina Reza ; Matthieu Ricard ; Marie Robert ; Philippe Robinet ; Jean-Marie Rouart ; Sylvia Rozelier ; Jean-Christophe Rufin ; Monica Sabolo ; Danièle Sallenave ; Mathieu Sapin ; Riad Sattouf ; Jean-Noël Schifano ; Eric-Emmanuel Schmitt ; Dominique Schnapper ; François Schuiten ; Pol Scorteccia ; Joann Sfar ; Leïla Slimani ; Maud Simmonot ; Dominique Simonnet ; Gilbert Sinoué ; Joy Sorman ; Omar Youssef Souleimane ; Jean Spiri ; Pierre-André Taguieff ; Olivier Tallec ; Sylvain Tesson ; Jean Teulé ; Pascal Thuot ; Philippe Touron ; Karine Tuil ; Didier van Cauwelaert ; François Verdoux ; Frédéric Vidal ; Nicolas Vial ; Bastien Vivès ; Sabine Wespieser ; Denis Westhoff ; Jo Witek ; Benoit Yvert.

    J'aime

  2. Confinement : Bruno Retailleau et le Sénat votent pour la réouverture des commerces de proximité

    Bruno Retailleau a déposé un amendement en faveur de la réouverture des petits commerces pendant le confinement, voté par le Sénat. Le sénateur appelle les députés à s’en saisir.

    Par Stéphanie HourdeauPublié le 30 Oct 20 à 12:53 

    Le nouveau confinement imposé sur le territoire national depuis ce vendredi 30 octobre pour lutter contre la propagation du Covid-19, oblige tous les commerces jugés comme non essentiels à baisser leur rideau.

    Et la grande majorité de ces commerces dits non essentiels sont les commerces de proximité, des indépendants que l’on retrouve dans tous les bourgs et centres-villes.

    « Ne massacrez pas les commerces de proximité »

    Une mesure que le sénateur vendéen Bruno Retailleau, a dénoncée haut et fort. Notamment devant le Premier Ministre Jean Castex hier, jeudi 29 octobre, lors d’une séance au Sénat en réclamant une attention toute particulière pour ces commerces qui ont déjà souffert du premier confinement.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

<span>%d</span> blogueurs aiment cette page :