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VIVRE EN POÍĒSIS : Le poète et écrivain Philippe Jaccottet est mort.

Immense Poète et écrivain de l’éphémère et du fragile,

grand traducteur

de Thomas Mann, Rainer Maria Rilke, d’Homère ( Lire son Odyssée, la plus belle traduction ) il est publié dans  la Pléiade depuis 2014.

Philippe Jaccottet était un des rares poètes à être entré de son vivant – comme René  Char – dans la Pléiade. 

Né en Suisse, il est mort, il y a quelques  heures, à l’âge de 95 ans à son domicile de Grignan, dans la Drôme.

Gallimard venait d’annoncer la parution prochaine de deux nouveaux livres, un recueil de proses, La Clarté Notre-Dame, et un bref recueil de poèmes, Le Dernier des madrigaux. Ils seront en librairie le 4 mars, suivis par ses chroniques sur l’Art, écrites depuis 1956 (Bonjour, Monsieur Courbet), que publiera quelques jours plus tard son fils Antoine, aux éditions du Bruit du Temps.

Ecrivain de l’éphémère et du fragile, des murmures et du regard, du « bonheur de la clarté », de l’humilité, de l’éveil et de l’interrogation, de la nuit et des nuages, de l’aube et des brumes, des vallons, des arbres et des oiseaux, de l’automne et de «l’étendue vibrante des herbages»… il déclarait  en 1957 : «L’effacement soit ma façon de resplendir».

Ses amis :

Francis Ponge, André du Bouchet, Pierre Leyris, le Vaudois Gustave Roud, qu’il considérait comme son maître, Henri Thomas, et plus tard, Peter Handke, pour Ses contemporains,   Monteverdi, Purcell, Bach, Mozart, le piano de Schubert, pour la musique.

Avec la disparition de Philippe Jaccottet, décédé dans la nuit de mercredi à jeudi, une génération s’efface. A côté d’André du Bouchet, de Jacques Dupin et d’Yves Bonnefoy, et plus près de nous d’Anne Perrier, il était le dernier de ces grands poètes qui ont renouvelé la poésie de langue française dans l’immédiat après-guerre.

«J’ai toujours eu dans l’esprit, sans bien m’en rendre compte, une sorte de balance. Sur un plateau il y avait la douleur, la mort, sur l’autre la beauté de la vie. Le premier portait toujours un poids beaucoup plus lourd, le second, presque rien d’impondérable. Mais il m’arrivait de croire que l’impondérable pût l’emporter, par moments», écrivait-il dans A travers un verger en 1975.

METAHODOS a plusieurs  fois évoqué ce poète, dans VIVRE EN POÍĒSIS.

https://metahodos.fr/2020/07/19/vivre-en-poiesis-homere-inaugure-notre-rubrique/

https://metahodos.fr/2021/01/10/oh-sil-te-plait-sois-mon-pere-sois-ma-maison-vivre-en-poiesis-avec-yves-bonnefoy/

Nous vous proposons :

  • un extrait  de l’article  du Monde de ce jour
  • un bel entretien de 2011.

ARTICLE

Le poète et écrivain Philippe Jaccottet est mort


Par Monique Petillon (Collaboratrice du « Monde des livres »)

Né en Suisse mais Drômois depuis les années 1950, l’écrivain, récompensé par le Goncourt de la poésie en 2003 et entré dans « La Pléiade » en 2014, est décédé à l’âge de 95 ans.

Une solitude très entourée, et non un ermitage : c’est la vie qu’avait choisie Philippe Jaccottet, qui est mort le 24 février, à Grignan (Drôme), à l’âge de 95 ans. Il était l’un de nos très grands poètes, un des plus lus, étudiés et traduits dans le monde entier. Il était né le 30 juin 1925 à Moudon, en Suisse. De nombreux amis de passage sont venus dans la maison de Grignan – où il a vécu avec sa femme Anne-Marie depuis leur mariage en 1953, elle peignant, lui écrivant.
Ce qu’a été pour lui, citadin de Lausanne puis de Paris, la découverte de ce pays de pierres sèches et de chênes verts, presque méditerranéen, où il a trouvé comme une « terre natale », Jaccottet l’a dit dans les magnifiques proses de La Promenade sous les arbres (Mermod, 1957) ou de Paysages avec figures absentes (Gallimard, 1970), où il cherchait à analyser ce qui pour lui reliait l’expérience poétique à l’émotion ressentie devant le monde sensible.

« Quelques paroles jetées légères » : avec sa fluidité, sa justesse, ses incertitudes, l’œuvre de Philippe Jaccottet est une de celles qui peuvent toucher universellement. Parce que, toujours soucieuse de véracité, elle garde confiance dans la poésie – qui est, comme la musique, l’une des réponses possibles au malheur. C’est ce qu’il rappela à Soleure (Suisse), où lui fut remis le prestigieux Grand Prix Schiller, en 2010, ajoutant, après avoir évoqué un des Kindertotenlieder, de Mahler : « Rilke [1875-1926], à l’œuvre de qui je serai resté attaché toute ma vie, avait déjà déclaré il y a bien longtemps qu’il n’était plus question pour nous autres de vaincre, seulement de “surmonter”, paroles encore plus vraies maintenant. »

Une prose poétique

Proses réflexives, pages de carnets, études critiques sur la poésie, traductions ont constamment accompagné, chez Jaccottet, la création poétique. Adolescent, en Suisse, au carrefour de plusieurs cultures et de plusieurs langues, il a d’abord admiré Claudel, Ramuz et Novalis, sous l’influence de Gustave Roud. Devenu ensuite collaborateur de l’éditeur Mermod, à partir de 1946 à Paris, il a fait la connaissance de Francis Ponge, Pierre Leyris, Henri Thomas et donné des chroniques de poésie à La Nouvelle Revue française.

ENTRETIEN  DE 2011:

https://youtu.be/436KBTpddMI

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