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GREAT RESET OU GRAND RÉVEIL ? JEAN-MARC SAURET

« Après cette crise politique, dite « sanitaire », quel sera le temps d’après ? Great reset ou réveil ?« 

S’interroge Jean-Marc Sauret, en proposant son article du 15 juin 2021 publié ci dessous.

EXTRAIT : « Pendant ce temps, le monde occidental s’effondre parce qu’il a tout séparé, individualisé, dans un chaos de concurrences et de compétition. Il a inventé la disqualification de groupes entiers par le dénigrement, la calomnie et l’anathème, psychiatrisant les uns, excommuniant les autres… et ce jusqu’à rester seul. Perdant ainsi la synergie du grand tout et sa puissance, il s’est trop fragilisé jusqu’à se détruire. La dernière révolution industrielle qu’il aura inventée aura eu raison de lui-même.

« Alors, le président pérore que l’on « revit des temps moyenâgeux avec ses grandes Jacqueries, ses grandes épidémies et ses grandes peurs ». Mais il n’en est rien : en guise de jacquerie, le peuple ne joue plus et quitte la scène. En terme d’épidémie, on la cherche encore avec ses 5 décès pour dix mile habitants ! En guise de grande peur, c’était bien tenté mais c’est terminé, ça ne marche plus. C’est bien ça le grand réveil !« 

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ARTICLE

Avec la crise covidique, sont apparues des perspectives d’un temps d’après assez singulières. Plusieurs projets émergents, certains sont totalitaires, d’autres plus exaltants. Avec le transhumanisme et l’intelligence artificielle, une quatrième révolution industrielle viendrait dépasser l’être humain dans toutes ses capacités. Par ailleurs, une autre perspective émerge en opposé, celle d’une réaction transpersonnelle créant un mouvement collectif d’émancipation « réhumanisante ».

Comme l’a dit Jean-Paul Sartre, « Nous n’avons jamais été aussi libres que sous l’occupation ! » La formule n’était pas maladroite. Elle prenait en compte le contexte pour parler de chacun. Comme me le disait l’écrivain et poète catalan Jusep Elias : « Sous Franco les choses étaient claires. On savait où était l’ennemi et on savait clairement ce que nous avions à faire. Maintenant les choses sont bien plus floues… » Effectivement, mensonges et manipulations sont de sortie…

Ceci nous renvoie à la forte capacité de résilience que les difficultés réveillent en nous. Être résilient est bien cette capacité à trouver des ressources au fond de soi. Il ne s’agit pas simplement du résultat comme le comprennent nombre de personnes, mais bien d’un processus de réinvention de soi. 

Il me revient cette anecdote rapportée par une professeur de chant et chef de chœur : « Le confinement a invité bien des gens à penser à, et sur, eux-mêmes, à venir sur ce qui leur est essentiel. Au sortir du confinement, bon nombre de mes élèves et partenaires ont lâché le désir de performance. Ils ont aussi abandonné ce même désir de compétition. Ils leur ont substitué celui du beau, de l’essentiel, du joyeux. Ce qui permet en d’autres termes de se faire du bien entre soi. Leur salaire se mesure alors en plaisir qu’ils en éprouvent. On le retrouve associé à ce renforcement unique : le sentiment d’avoir découvert et appris quelque chose… »

Je ne crains pas de penser que dans ces conditions, deux mondes risquent de s’affronter : un néolibéral en plein effondrement et un humaniste et spirituel en pleine résurgence. C’est ce que font certaines sources après avoir longuement cheminé sous terre, créant une œuvre intemporelle, puissante et magique.

Ainsi, « Propaganda » d’Edward Bernays, cette stratégie de construction du consentement, particulièrement utilisée en néolibéralisme, ne marche que jusqu’au jour où le peuple voit les ficelles. Il n’y a plus long à remonter jusqu’aux manipulateurs. Alors ceux-ci appellent les découvreurs, des « Complotistes »… et donc ces dirigeants deviennent les nouveaux « négationnistes ». La mécanique est simple. La référence fonctionne jusqu’à la prise de conscience (c’est une autre histoire que nous verrons plus tard).

Si le néolibéralisme entend retrouver après la crise le monde d’avant, en ayant effacé les résistances des personnes à coup d’isolements et de manipulations, alors il risque de tomber de haut. Un autre monde s’est construit dans les sous-sols de la société de consommation. Il ressort aujourd’hui avec force et vigueur. L’effondrement d’un jacobinisme au service des mieux possédants, postmoderne, ultra-consommateur et matérialiste à souhait se profile. Il ne saurait perdurer face à un monde humaniste sans autres enjeux que celui de la liberté du vrai et du bien-vivre ensemble. La devise dans ce combat semble se révéler : « Plutôt mourir que de se soumettre de nouveau !… de toutes manières nous avons déjà gagné ! »

Je n’imagine pas que se réinstalle le monde qui nous a confiné, ce monde néolibéral qui a provoqué, voire inventé, imaginé ladite crise. Einstein disait qu’on ne solutionne pas un problème avec les principes de ce qui l’a produit ! Le meilleur des mondes selon Aldous Huxley, ou même George Orwell, armé des outils « Propaganda » d’Edward Bernays, a donc raté sa fenêtre de tir et voici pourquoi il ne peut pas réussir.

Le nouveau monde qu’il impose est un monde dont la technologie est bien plus rapide que tout ce qui est humain. L’être augmenté du transhumanisme, promu par les GAFA, relève d’une technologie de la lumière, une révolution industrielle de quatrième type. La première, vers la fin du dix-huitième siècle, reposait sur une technologie de domestication de la chaleur. Sadit Carnot en 1824 montrait que l’énergie de la chaleur pouvait faire un travail à la place de la force humaine et animale.

La seconde révolution industrielle, qui apparaît vers le milieu du dix-neuvième, repose sur la technologie électrique. Elle va ouvrir un ère nouvelle des ondes, de la transmission radio, de la communication sous des formes immédiates nouvelles.

La troisième, conséquente de la seconde, est celle de l’informatique binaire, de l’ordinateur à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Elle passera des macros-systèmes centraux aux micro-ordinateurs familiaux jusqu’à l’émergence de l’internet et le développement des réseaux sociaux. C’est une révolution de l’information et des données. Chacun pourra l’utiliser en contrepartie de la captation de toutes ses données les plus intimes. L’individu devient le produit. Le monde se clive encore davantage entre dominants et « utilisés ».

Mais la quatrième est celle de la lumière, dite 4.0. Une technologie du tout connecté, jusqu’à la pensée humaine avec les objets. Voilà qui nous conduit à une ère de l’interdépendance totale, de l’intelligence artificielle et du transhumanisme. Dès lors, l’humain est en compétition avec la technologie. Selon la philosophie darwiniste, l’humain s’adapte à l’environnement. Dans ces conditions, il y a ceux qui peuvent et le font et puis ceux qui n’y arrivent pas et disparaissent. Mais à ce stade, la marche est bien trop haute car l’information va plus vite que les capacités de la physiologie humaine.

Par exemple, la vitesse de la lumière qui fait circuler l’information est de près de 300 mille kilomètres à la seconde quand l’influx nerveux humain pour traiter cette information circule à la vitesse de cent mètres à la seconde. Les corps ordinaires ne peuvent pas suivre et donc doivent changer de mode de fonctionnement et de priorités.

Cette marche technologique favorise et promeut des êtres « surdimensionnés » en matière de compétence, de puissance et de vie. On peut donc être certains que cette technologie ne sera pas pour tout le monde. Apparaitrait alors une nouvelle courte élite à qui cette révolution serait dédiée. Tout ceci serait aux dépends même de la nature humaine qui, forcément, se rebelle. Ces principes abiotiques sont par définitions contraires aux lois du vivant.

C’est cette marche trop haute qui fait effondrer le système. Voilà qui favorisera le changement radical de paradigme : celui où l’humain, avec ses « valeurs », reprend le dessus. Il construit un monde parallèle et abandonne le monde vieillissant qui, à bout de souffle, s’effondre, incapable de gérer l’accélération du rythme qu’il a lui-même produit. Faute de ne pouvoir contenir la majorité par la manipulation, la peur et le mensonge, la minorité agissante est dépassée par la masse humaine. Alors vient le « nouveau monde », celui de « la vie nouvelle » où l’humain se réveille. 

Ce ne sera pas un « retour des élites » qui renversera la tendance, car la consistance de la résistance est plus forte. C’est ce qu’avait étudié le psychosociologue Serge Moscovici. Il rend compte de ses conclusions dans son ouvrage « Psychologie des minorités actives » (PUF, 1996).

Le « grand réveil » repose donc sur la convergence de consciences individuelles des trahisons, mensonges et manipulations d’élites gouvernantes. De là, cette majorité part vers une révolution de fait, sans combat, construite dans l’abandon du monde existant, pour bâtir « à coté » un monde alternatif libertaire, immédiat, localiste et girondin. Ce monde meilleur naît sur les marges effondrées de l’ancien monde.

Le profil de ces nouveaux groupes rejoint celui des sociétés dites primitives. Celles-ci ont une vision globale du monde avec les interdépendances de tous, de toutes et de tout, dans une écologie des liens avec leur environnement. Leur spiritualité est universellement animiste et chamanique. Ce serait donc un peu comme la « victoire » des peuples premiers, embarquant au passage quelques technologies modernes dès lors au service de chacun, de tous et du tout.

Pendant ce temps, le monde occidental s’effondre parce qu’il a tout séparé, individualisé, dans un chaos de concurrences et de compétition. Il a inventé la disqualification de groupes entiers par le dénigrement, la calomnie et l’anathème, psychiatrisant les uns, excommuniant les autres… et ce jusqu’à rester seul. Perdant ainsi la synergie du grand tout et sa puissance, il s’est trop fragilisé jusqu’à se détruire. La dernière révolution industrielle qu’il aura inventée aura eu raison de lui-même.

Alors, le président pérore que l’on « revit des temps moyenâgeux avec ses grandes Jacqueries, ses grandes épidémies et ses grandes peurs ». Mais il n’en est rien : en guise de jacquerie, le peuple ne joue plus et quitte la scène. En terme d’épidémie, on la cherche encore avec ses 5 décès pour dix mile habitants ! En guise de grande peur, c’était bien tenté mais c’est terminé, ça ne marche plus. C’est bien ça le grand réveil !



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