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LA RÉPONSE PRÉSIDENTIELLE À L’ÉLECTION HOULEUSE : INDIFFÉRENCE, COLÈRE ET MENACE MÊLÉES. ET APRÈS ? MAJ

BILLET

EN « MEME TEMPS » INDIFFERENCE, COLÈRE ET RAPPEL A L’ORDRE

Au lendemain du 1′ tour, le président de la République a « rappelé ses troupes à l’ordre » lors d’un Conseil des ministres houleux alors que les esprits s’échauffent à un an des législatives.

La presse a relaté cet épisode, en même temps que les occupations présidentielles « distante » au moment du du 1° tour : Annonce sur les boites de nuit, concert à l’Elysée, visite de la Samaritaine…. qui « meublaient » son silence sur l’élection. Voici ci, après le billet, un article de Libération sur le rappel à l’ordre présidentiel.

Nous vous proposons par ailleurs des extraits de Médiapart qui écrivait – dans son style :

« Macron, Président Soleil d’un monde parallèle« 

« Champagne et honneurs pour les puissants… matraque et lacrymos pour les jeunes. Ainsi se résument la journée du 21 juin et la Fête de la musique. Dans une folle mise en scène, la présidence de la République a organisé deux mondes parfaitement étanches ne cohabitant que par la violence sociale et policière. »

« Nous en étions restés au dimanche soir, à cette farce démocratique qui vit plus de deux Français sur trois refuser de voter et le parti présidentiel enregistrer une déroute électorale. »

« Enfermé en sa présidence égotique, il n’était pas question pour Emmanuel Macron de commenter ce suffrage universel massacré et une telle défaite politique. Par ce hold-up linguistique qui lui a fait reprendre la formule du programme du Conseil national de la Résistance, Macron l’a répété dès lundi : « C’est le retour des jours heureux. » »

« Le lundi « heureux » d’Emmanuel Macron fut ainsi une mise en scène mêlant l’intime, le politique et le subliminal qui laisse pantois. Inauguration avec Bernard Arnault de La Samaritaine, ce magasin symbole du Second Empire finissant ; réception à l’Élysée du chanteur Justin Bieber et de sa femme Hailey Baldwin ; fête de la musique à l’Élysée avec en invités d’honneur Jean-Michel Jarre et Marc Cerrone . »

SI VOUS SOUHAITEZ LIRE LA SUITE DE L’ARTICLE DE FRANCOIS BONNET: https://www.mediapart.fr/journal/france/220621/macron-president-soleil-d-un-monde-parallele

« LA MAJORITÉ LREM HORS-JEU »,

titre Libération au soir du second tour, et poursuit : « Reléguée au rang de spectatrice après la gifle du premier tour, la majorité a maintenu ses listes dans 8 des 13 régions métropolitaines. Dans aucune d’entre elles, ses candidats n’étaient en position de force. Au premier tour, les candidats LREM (ou soutenus par celle-ci) n’avaient obtenu que 10 % des voix. Selon les premières estimations, le score pourrait être encore en dessous pour ce deuxième tour : dans une région comme la Bourgogne-Franche-Comté, où LREM s’est maintenue malgré le risque de voir le Rassemblement national concurrencer la majorité sortante, son candidat Denis Thuriot ne recueillerait, selon les premières estimations, 9,4 % des voix. Un score également très faible pour l’ancien ministre de la Transition écologique, François de Rugy, candidat dans les Pays-de-la-Loire, donné à 8,3 %, soit plus de trois points de moins qu’au premier tour.« 

« EMMANUEL MACRON CHERCHE COMMENT SE RELANCER »

Titre Le Point qui poursuit : « Tirant les conclusions de l’abstention et de la faiblesse de son parti aux régionales, Emmanuel Macron se préparerait, selon les fuites organisées, à réaménager son gouvernement et le programme de la dernière année du quinquennat.

Condamné à bouger. Avant même de connaître les résultats du second tour des élections régionales, dimanche soir, Emmanuel Macron se doit de réagir : le niveau, historiquement faible, du parti présidentiel, autant que celui, record, de l’abstention au premier tour l’obligent. « Je ne tirerai aucune conclusion nationale de ces élections qui sont des élections locales », avait prévenu Macron avant le premier tour. Il n’en sera évidemment rien. Un ministre de premier plan : « Nous sommes plus fragile après les régionales qu’avant. Il va vouloir donner une nouvelle impulsion. » Pour ne pas sembler céder à la panique, le chef de l’État pourrait temporiser quelques jours. « Il ne veut surtout pas lier le destin gouvernemental aux élections locales, surtout vu nos résultats », dit un pilier de la majorité. Chacun, pourtant, s’attend à un mouvement présidentiel d’envergure avant le 14 juillet. »

UN NOUVEAU RAPPORT DE FORCE NATIONAL. QUE SE PASSERA T IL AU LENDEMAIN DU SECOND TOUR ?

On constate au soir du second tour que:

– le RN reste puissant, avec 20%, même s’il n’a pas progressé entre les deux tours;

– LREM est insignifiant, avec 6,9 % incluant Modem, 10 ministres battus;

– la gauche, 34,8%, et la droite, 38,1%, sont les vainqueurs – conservant leurs régions – et battent le RN sans l’appui de LREM.

L’entourage indique ce soir, comme pour confirmer que ce scrutin n’a pas de signification nationale pour lui; que le président – seul sans parti – ne changera pas de gouvernement, dont 10 ministres sont battus dans les territoires. U

Le scénario d’un report rapide de l’âge de la retraite à 64 ans sur la table

« Après les échecs des régionales et de l’assurance-chômage, les pro-réformes poussent Emmanuel Macron à renverser la table et réformer les retraites avant la présidentielle pour une mise en oeuvre après le scrutin. » Lit on dans Les Echos ce matin suite à une fuite organisée: « Selon des sources concordantes, les pro-réformes poussent à frapper un grand coup… »

ARTICLE

HOULE – La colère de Macron face à ses ministres, une menace à peine voilée avant 2022

par Charlotte Chaffanjon, publié le 25 juin 2021, Libération

Ce n’est pas une petite phrase comme ça, lâchée en préambule d’un Conseil des ministres. Ce n’est pas une simple colère. C’est en fait bien plus que ça. C’est Emmanuel Macron se projetant vers la présidentielle et demandant : est-ce que tout le monde est bien derrière moi ? C’est Emmanuel Macron tentant de tuer dans l’œuf toute tentative de fronde. Parce que, pour certains, il y a des raisons de commencer à douter de leur volonté de partir dans l’aventure Macron 2022 quoi qu’il en coûte.

Les faits ? Mercredi, le chef de l’Etat entre dans une salle du Conseil des ministres en pleine ébullition. Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti viennent de s’écharper, comme l’a raconté Libération. Le second reprochant au premier sa «trahison» pour avoir félicité chaleureusement son «ami» Xavier Bertrand pour son score au premier tour des régionales dans les Hauts-de-France.

Dans un autre coin de la pièce, la ministre du Travail Elisabeth Borne s’est emportée devant la ministre de l’Ecologie Barbara Pompili. En cause, un tweet du mouvement En commun ! co-fondé au sein de LREM par Pompili, se félicitant de la «sage» décision du Conseil d’Etat de suspendre la réforme de l’assurance chômage. «C’est dingue, c’est incroyable de voir ça», s’emporte Borne. Réponse de Pompili : «C’est pas moi qui tiens le compte Twitter.»

L’obsession de l’investiture

Dans cette ambiance tendue où volent les accusations de double-jeu, le chef de l’Etat s’assoit. Et dans son propos liminaire, il s’emporte, lui aussi. En l’occurrence, il choisit de viser spécifiquement le tweet d’En commun ! qu’il qualifie de «déloyal et incorrect». Et puis, il élargit le propos. L’équipe doit être «collégiale», martèle Macron. «Le tweet est franchement très maladroit et encore je pèse mes mots. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre», décrypte un conseiller du Président.

Le beurre et l’argent du beurre ? Derrière cette réflexion, se cache en fait une menace que personne n’ignore au sein de LREM. Et pour cause, la présidentielle, et donc les législatives, approchant, les députés n’ont qu’une idée en tête, leur investiture. Parlant d’En commun ! (parti co-créé par le chiraquien Hugues Renson, l’écolo Barbara Pompili et le socialiste Jacques Maire pour faire vivre des idées écolos et sociales au sein de la majorité, et qui multiplie les prises de positions à l’encontre des décisions gouvernementales), un député lâche : «Ils vont tous être balayés des prochaines investitures.»

«On porte des convictions sur le fond, à l’intérieur de la majorité. On est dans la contribution, pas la rétribution», se défend Hugues Renson, qui rappelle : «Macron disait en son temps qu’il n’était l’obligé de personne. Seul compte le débat d’idées. Il a toujours été fidèle à ce principe. Nous aussi. La loyauté n’exclut pas le débat.» Barbara Pompili affirme même qu’En commun ! ne serait là que pour servir LREM. «En Commun ! est censé servir à parler à une partie de cet électorat de centre-gauche qui a voté Emmanuel Macron. Cet électorat-là n’a pas envie de revenir vers une gauche jugée trop extrême. Il n’attend qu’un signe de nous», explique la ministre de la Transition écologique.

Effets dévastateurs de la fronde

Le problème, c’est que Macron tient à orchestrer lui-même la polyphonie qui doit permettre de parler à tous les électorats. Sa relation avec François Bayrou tout au long du quinquennat en est la preuve. Ce n’est pas parce qu’on est l’allié du président qu’on obtient ce qu’on réclame. Encore moins quand on pèse si peu qu’En commun ! «Le président a été en première ligne pour voir les effets dévastateurs de la fronde sur François Hollande. Il ne laissera donc pas un millimètre de fronde dépasser dans sa majorité», lâche le conseiller d’un ministre de poids.

«Le coup de pression qu’il met sur l’assurance chômage, c’est un prétexte. Il lance en fait un avertissement à tous ceux qui font les cakes», affirme un député LREM très bien informé. Et c’est là que revoilà Darmanin ! Dans le viseur du chef de l’Etat, il y a bien tous ceux «qui se ménagent une porte de sortie», explique ce député du premier cercle macroniste. Qui développe : «Les comportements d’auto-entrepeneurs à la mémoire courte de certains au gouvernement, ça commence à sérieusement agacer. Ils ont tendance à oublier ce qu’ils doivent à Macron.» Et Macron, justement, compte bien le leur rappeler.

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