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DEMOCRATIE / POPULISME : LES PAYS A SUIVRE EN 2022

Nouvelles menaces sur la démocratie ?

Hongrie, Philippines, Brésil, Etats unis, Tunisie, Portugal…

Plusieurs élections décisives diront si la vague populiste observée depuis 2016, dans la foulée du Brexit et de l’élection de Trump et Bolsonaro, continue de déferler ou si la démocratie libérale se ragaillardit. L’article signalé par l’un de nos lecteurs fait le point.

Article

Le populisme va-t-il continuer à déferler cette année ? Voici les pays à suivre en 2022

Ouest-France Bruno RIPOCHE. le 04/01/2022

En 2022, plusieurs élections auront lieu dans les quatre coins de la planète. Parmi elles, certaines, décisives, diront si la vague populiste observée depuis 2016, dans la foulée du Brexit et de l’élection des présidents Donald Trump et Jair Bolsonaro, continue de déferler sur le monde.

En Hongrie, l’autoritaire Viktor Orban défié

Depuis son retour au pouvoir en 2010 à la tête d’une écrasante majorité du Fidesz (parti conservateur), Viktor Orban a démantelé les contre-pouvoirs, mettant justice et médias sous tutelle, et noyauté la société civile avec des fondations aux mains de ses proches.

Antisémite à peine voilé, ouvertement islamophobe, il a déclaré la guerre aux immigrés, aux LGBT et à l’Union européenne gardienne de l’État de droit, pour édifier ce qu’il appelle fièrement une démocratie illibérale​, qui séduit le pouvoir polonais et les populistes européens, Matteo Salvini en Italie, Santiago Abascal en Espagne et les Le Pen en France.

Mais pour la première fois, son emprise est sérieusement contestée. Lors de primaires qui ont ratissé très large, l’opposition a désigné son chef de file, Peter Marki-Zay, 49 ans, un maire conservateur de province qui promet de rétablir la séparation des pouvoirs et de protéger les minorités. C’est lui qui emmènera une large alliance de gauche et de droite aux législatives d’avril ou mai et disputera à Orban le poste de Premier ministre. Les sondages les donnent au coude à coude.

Aux Philippines, pire que Duterte, c’est possible

Après six années d’une présidence brutale, marquée par des milliers d’exécutions sommaires dans le cadre d’une prétendue guerre contre la drogue, le populiste Rodrigo Duterte, 76 ans, ne peut briguer de nouveau mandat. La Constitution de 1987, adoptée après deux décennies au pouvoir de Ferdinand Marcos, l’en empêche.

Mais son ombre planera sur les élections du 9 mai : sa fille Sara Duterte-Carpio, 43 ans, brigue la vice-présidence et appuie la candidature au poste de chef de l’État de Ferdinand  Bongbong ​Marcos Jr, 64 ans, fils de l’ancien dictateur.

Celui-ci est crédité de 68 % d’intentions de vote par un sondage du Manila Times, aucun autre candidat parmi la centaine en lice ne dépassant 11 %. Or dans cette élection à un seul tour, il suffit d’arriver en tête – Duterte l’avait emporté en 2016 avec seulement 39 % des suffrages. L’archipel de 120 millions d’habitants paraît filer vers encore plus d’autocratie.

Au Brésil, le Bolsonarisme a fait pschitt

Dans un Brésil essoré par la récession et les scandales de corruption, Jair Bolsonaro, 66 ans, ex-militaire d’extrême droite, avait remporté presque par surprise la présidentielle de 2018 : il promettait de régénérer la vie publique avec l’aide de l’armée – il s’est de fait entouré de généraux — et mener une guerre culturelle contre l’impôt, la gauche, les théories du genre et pour les armes à feu. Malgré ses outrances, les Brésiliens avaient accordé le bénéfice du doute à ce Trump de l’hémisphère sud.

Trois ans plus tard, son entêtement antivax alors que le Covid a tué plus de 600 000 Brésiliens, la déforestation forcenée de l’Amazonie et la corruption familiale ont fait tomber le masque. Sa cote de popularité n’excède guère 20 % et c’est l’ancien président Lula, 76 ans, sorti de prison et blanchi par la justice fédérale, qui mène la danse de près de 30 points à l’approche de la présidentielle d’octobre. Mais une sourde inquiétude prévaut. Comme Trump en 2020, Bolsonaro mobilise déjà ses troupes contre une supposée tricherie.

Aux États-Unis, le trumpisme a la peau dure

Deux ans après avoir délogé Donald Trump de la Maison-Blanche, Joe Biden risque fort de voir sa présidence prématurément paralysée, le 8 novembre 2022. Ce jour-là, les Américains renouvelleront leurs 435 représentants et 34 des 100 sénateurs.

L’affaire est mal engagée pour le Président, plombée depuis l’été par le retrait calamiteux d’Afghanistan, la persistance du Covid-19 et l’incapacité des démocrates du Congrès à s’entendre pour adopter son plan à 1 750 milliards de dollars pour l’environnement et le social. Les observateurs leur accordent très peu de chances de sauver leurs majorités étriquées dans les deux chambres et les réformes de Biden.

Les républicains, totalement sous l’emprise de Trump, ne se contentent plus d’entretenir les théories complotistes sur le trucage de la dernière présidentielle. Selon un rapport publié avant Noël par States United, ils « sabotent ou subvertissent » ​délibérément le système électoral. Ce think tank indépendant a relevé 262 projets de lois, déposés dans 41 des 50 États, pour écarter certains électeurs – jeunes, noirs et hispaniques favorables aux démocrates — noyauter les commissions électorales ou permettre aux élus d’interférer dans le dépouillement ou rectifier les résultats.

Mais l’histoire n’est pas écrite : l’enquête parlementaire en cours sur l’attitude de Trump pendant l’assaut du Capitole par ses partisans, le 6 janvier 2021, pourrait encore ruiner ce scénario.

D’autres élections à suivre…

Les Tunisiens voteront à deux reprises en 2022, alors que le président Kais Saied a limogé le Premier ministre et suspendu le Parlement l’été dernier. Le 25 juillet, ils se prononceront sur une réforme constitutionnelle censée rendre les institutions plus efficaces, avant d’élire de nouveaux députés en décembre. Enjeu : la remise sur les rails de la démocratie dans le pays précurseur du Printemps arabe de 2011 ou l’instauration d’une « démocrature » régentée par Kais Saied.

Au Portugal, le 30 janvier, des législatives anticipées diront si le Premier ministre socialiste Antonio Costa survit au lâchage de ses alliés communistes et d’extrême gauche. L’enjeu sera identique, le 11 septembre, pour la sociale-démocrate suédoise Magdalena Andersson.

Au Kenya, le 9 août, et en Bosnie-Herzégovine, le 2 octobre, des élections présidentielles pourraient réveiller ou aggraver les tensions ethniques. Dans le pays africain, tous les scrutins depuis 2007 ont plus ou moins dérapé, occasionnant des milliers de morts et une enquête de la Cour pénale internationale. À Sarajevo, le vote des Serbes de Bosnie à l’élection de la présidence collégiale pourrait accélérer le détricotage par le nationaliste Milorad Dodic des institutions confédérales mises en place à la fin de la guerre de 1995.Présidentielle : la multiplication des candidat(e)s fait-elle le jeu d’Emmanuel Macron ?

Les Sud-Coréens, le 9 mars, et les Colombiens, le 29 mai, changeront de président, le sortant ne pouvant se représenter. Mais l’un des plus importants scrutins ne sera « que » régional : les 200 millions d’Indiens de l’État d’Uttar Pradesh décideront, en février et mars, s’ils reconduisent le BJP (nationaliste) du Premier ministre indien Narendra Modi, dont l’étoile a pali l’an passé. L’issue de ce vote pourrait préfigurer les législatives de 2024.

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