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DEPUIS DÉCEMBRE, LE DESSERREMENT DES RÈGLES BUDGÉTAIRES EST LANCÉ PAR LA COMMISSION EUROPÉENNE

Ouverture du robinet budgétaire

A la tête du ministère des Finances, cette libérale proeuropéenne va « ouvrir le robinet budgétaire ». Une bonne nouvelle pour la France du fait de sa dérive en dettes et déficits.

Distinguer au sein du déficit budgétaire et des emprunts les crédits qui correspondent à certains investissements structurants et durables : c’est la voie qu’a engagé la Commission depuis quelques mois.

Réserver progressivement l’emprunt au financement des investissements

C’est aussi ce que propose Metahodos dans le prolongement des pistes élaborées antérieurement par Infrastructure France : réserver progressivement, pour l’Etat, l’emprunt au financement des investissements; avant d’imposer le strict équilibre budgétaire, comme il existe pour les collectivités territoriales.

Article

Pays-Bas : Sigrid Kaag, la ministre des Finances que Macron attendait

Par Clément Daniez Publié le 09/01/2022 L’Express

Les pires « pères la rigueur » d’Europe : c’est l’image des Néerlandais ces dernières années. En 2017, le ministre des Finances Jeroen Dijsselbloem avait moqué les pays du Sud qui « dépensent tout leur argent en schnaps (sic) et en femmes avant de demander de l’aide ». Puis, alors que ces mêmes Etats étaient mortellement frappés par la première vague de Covid-19, son successeur, Wopke Hoekstra avait pointé du doigt leur manque de marges de manoeuvre budgétaires face à la crise sanitaire.

De telles provocations – la seconde a été qualifiée de « répugnante » par le dirigeant portugais Antonio Costa – ne devraient plus se reproduire de sitôt. Après avoir prêché la frugalité, les Pays-Bas se convertissent à la dépense publique. Un tournant incarné par Sigrid Kaag, nouvelle ministre des Finances et première femme à ce poste. Celle-ci a promis des « investissements importants, dans l’éducation, pour le climat et une Europe forte », dont 60 milliards de fonds destinés à la transition énergétique. Un montant colossal à l’échelle de ce pays de 17 millions d’habitants, dont la dette publique va repasser la barre des 60 % du PIB. 

Cette ancienne diplomate de 60 ans a fait sensation le soir des élections législatives de mars dernier en dansant sur une table. Le parti qu’elle dirige, D66 (centre gauche) venait alors de réaliser la meilleure progression du scrutin, terminant deuxième derrière le PVV (centre droit) du Premier ministre Mark Rutte, en poste depuis 2010. Au bout de 271 jours de négociations – un record -, celui-ci a réussi à former un nouveau gouvernement. « Mais l’accord de coalition reprend très majoritairement les propositions de notre formation », se félicite l’eurodéputé D66 Sophie in’t Veld.  

Pour Emmanuel Macron, la nomination de Sigrid Kaag est une bonne nouvelle, au moment où débute la présidence française du Conseil de l’Union européenne (UE). Et pas seulement parce qu’elle est francophone ou que D66 est un allié de La République en marche (LREM) au Parlement européen. « Comme ministre du Commerce extérieur, de 2017 à 2021, elle a joué un rôle clef dans l’approfondissement des relations entre Paris et les Pays-Bas, souligne Rem Korteweg, chercheur à l’Institut Clingendael. Surtout, elle considère que le ministère des Finances doit en faire plus pour renforcer l’UE. »

Ouverture sur les règles budgétaires européennes

A rebours de ses prédécesseurs, Sigrid Kaag est favorable à une réforme des règles budgétaires de la zone euro, chère au chef d’Etat français comme au Premier ministre italien Mario Draghi – ceux-ci veulent exclure certains investissements du pacte de stabilité (limitation du déficit publique annuel à 3% du PIB et de la dette à 60%). Le projet a désormais plus de chances d’aboutir, d’autant que le contrat de coalition du gouvernement allemand d’Olaf Scholz laisse la porte ouverte à des adaptations. 

Plus souples, les Néerlandais ne renonceront cependant pas au credo de la prudence budgétaire. « Le vrai test pour Sigrid Kaag sera la façon dont elle se positionnera en cas de crise – forte inflation, dette insoutenable d’un pays du Sud – si le Parlement fait pression pour une ligne dure », précise Rem Korteweg. Les Pays-Bas pourraient alors renouer avec leur traditionnelle approche rugueuse.

1 réponse »

  1. Ne perdons pas de vue que, pour la France, le Traité de Maastricht a été ratifié suite à un référendum populaire et que ses règles s’imposent donc non seulement parce qu’elles appartiennent au droit positif mais surtout parce que cela constitue un mandat impératif pour tout élu respectueux de la démocratie.

    La règle de droit peut être changée mais pas être méprisée.

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