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« AFFAIRE MC KINSEY », AFFAIRES DE L’ETAT ? « IMPOTS IMPAYES, MISSIONS AVORTEES, BUDGETS ENVOLES… » Notre Dossier – Partie 2

LE BILLET DE METAHODOS DE SEPTEMBRE 2021

SI « MYSTÉRIEUX » CABINET MCKINSEY ? DE LA COMMISSION ATTALI À LA VACCINATION, EN PASSANT PAR EN MARCHE. https://metahodos.fr/2021/09/01/si-mysterieux-cabinet-mckinsey-de-la-creation-den-marche-a-la-vaccination-contre-le-covid-19/

Extrait :

LE SYMBOLE DE LA PERSONNIFICATION ET DE LA DÉFIANCE ENVERS L’ADMINISTRATION ET LES INSTITUTIONS ?

Le Cabinet McKinsey est devenu – à l’occasion de la gestion du covid – le double symbole de la personnification du pouvoir exécutif et de la défiance envers l’administration et les institutions.

Plus récemment des interrogations se sont fait jours sur le traitement des lois relatives au covid par la plus haute institution de la République a suscité des interrogations, le fils de son président étant le responsable France du Cabinet conseil.

CONFLIT D’INTERET

Les liens étroits du cabinet privé McKinsey, chargé de la campagne de vaccination contre le Covid-19, avec le président Macron ont été mis en lumière par plusieurs journaux français. La décision du Conseil constitutionnel de valider la plupart des mesures du pass sanitaire a accentué ces interrogations, le fils du président du Conseil constitutionnel, étant directeur associé du même cabinet privé.

Depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, les interrogations sur les enjeux financiers et les conflits d’intérêts entre les grands groupes pharmaceutiques et les responsables politiques se sont multipliées. Deux éléments sont venus renforcer ces questionnements, les deux en lien avec le cabinet américain de conseil privé McKinsey. Installé sur les Champs-Elysées, mais avec un siège social fiscalement avantageux établi aux Etats-Unis, ce cabinet de conseil en stratégie surnommé « La firme » a été contractuellement mandaté pour la mise en place logistique de la campagne de vaccination contre le Covid-19.

Le cabinet fait partie des poids lourds internationaux dans ce domaine. Forbes évaluait son chiffres d’affaires en 2019 à 10 milliards de dollars. En France, McKinsey a ses bureaux depuis 55 ans et au sommet de l’Etat, leurs cadres sont bien connus.

PRIVATISATION DE LA GESTION LOGISTIQUE, CAMOUFLET POUR L’ADMINISTRATION ?

La privatisation de la gestion logistique de la lutte contre le Covid-19 à travers la vaccination a essuyé au passage de nombreuses critiques. Dérive d’état, camouflet pour les institutions publiques écartés au profit du privé, le ministre de la santé Olivier Véran n’a pas été loquace lorsqu’il fut interrogé sur ce point le 21 janvier dernier par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Les politiques n’aiment parler de leurs liens avec McKinsey avoue le journal Le Monde qui a consacré un long article au sujet. Le contrat du gouvernement avec McKinsey est néanmoins estimé à 20 millions d’euros, d’après Politico.

Le puissant cabinet de conseil américain McKinsey accompagne Emmanuel Macron depuis sa campagne électorale pour l’élection présidentielle jusqu’à la mise en place de la vaccination contre le Covid-19.

EXTRAITS DU JOURNAL LE MONDE « McKinsey, un cabinet dans les pas d’Emmanuel Macron »

« »Commission Attali, rédaction du programme présidentiel, élaboration de la stratégie vaccinale contre le Covid-19… Comment le puissant cabinet de conseil américain accompagne le chef de l’Etat et intervient dans de nombreux dossiers sensibles.

« »Ces questions, il s’y était pourtant préparé. Derrière son masque blanc, Olivier Véran cache mal son agacement. Ce 12 janvier, le ministre de la santé est auditionné par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Il est venu détailler son plan de vaccination contre le Covid-19. Il sait qu’il devra surtout justifier d’en avoir sous-traité la logistique à un cabinet privé de conseil en stratégie, et pas n’importe lequel. Le plus haut de gamme. Le plus secret. Le plus intimement lié à Emmanuel Macron et son entourage, aussi.

« »Le député (PS) des Landes Boris Vallaud se lance : « Pourquoi vous a-t-il fallu recourir à McKinsey ? » Son collègue (La France insoumise) du Nord Adrien Quatennens ironise : « Ne dispose-t-on pas, au sein de l’appareil d’Etat, d’un Haut-Commissariat au plan ni de logisticiens compétents ? » Soupir sous le masque du ministre. Depuis une semaine et les premières révélations du site Politico et du Canard enchaîné, les oppositions se déchaînent contre ce contrat avec McKinsey. Véran est pressé de changer de sujet : « Il est tout à fait classique et cohérent de s’appuyer sur l’expertise du secteur privé. » Il n’en dira pas plus.

« »C’est étonnant comme les gens n’aiment pas parler de McKinsey. On a vite renoncé à dénombrer les messages sans réponse, les refus catégoriques, les excuses embarrassées, les « bon courage » compatissants. Ceux qui acceptent de l’évoquer exigent en quasi-totalité l’anonymat. Ce n’est pas pour rien que le cabinet américain est surnommé « la Firme » dans le secteur.

« Un phénomène tentaculaire » : les cabinets de conseil au coeur des services de l’Etat,

Titre L’Express, sous la signature d’ Alexandra Saviana, le 18/03/202

Extrait :

« La commission d’enquête sénatoriale sur l’influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques a rendu ses conclusions le jeudi 17 mars après quatre mois de travaux.

Attention, ça pique. La commission d’enquête sénatoriale sur l’influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques a rendu ses très attendues conclusions le jeudi 17 mars. Après quatre mois de travaux, les parlementaires entendent « alimenter le débat public » à partir de leurs constats.

Un rapport très critique à l’égard de l’action des plus grandes firmes de consultants sur la commande publique, qui étrille un « phénomène tentaculaire », d’après la rapporteure, Eliane Assassi (Groupe communiste). Selon la sénatrice de Seine-Saint-Denis, l’appui des cabinets de conseil s’étend à « des pans entiers des politiques publiques ». Ils s’appellent « Accenture, Bain, Boston Consulting Group, Capgemini, Eurogroup, EY, McKinsey, PwC, Roland Berger ou encore Wavestone », et leur recours est loin de ravir tous les fonctionnaires. Florilège.

Les missions dévolues aux cabinets de conseils choquent les sénateurs d’abord par leur étendue. Selon le rapport, ces derniers « sont intervenus sur la plupart des grandes réformes du quinquennat, renforçant ainsi leur place dans la décision publique ». Si le recours aux consultants ne date pas du quinquennat Macron, il n’a cessé d’augmenter entre 2018 et 2021, passant pour les ministères de 379,1 millions d’euros à 893,9 millions.   

Une « relation de dépendance »

La majorité des dépenses en la matière regroupent cinq pôles : l’Intérieur, Economie et Finances, Transition écologique, armées et ministères sociaux. Au total, l’année dernière, l’Etat « au sens large » a ainsi dépensé plus d’un milliard d’euros en matière de conseil. Cette estimation « minimale » est d’une ampleur telle que, pour la rapporteure, le « recours aux consultants constitue aujourd’hui un réflexe ». Il est précisé qu’une « relation de dépendance peut s’installer entre l’administration et ses consultants ».   

LIRE AUSSI >> De Pepy à Veolia-Suez, de Mitterrand à Macron : voyage au coeur de la « Mafia d’Etat »

Cet état de fait est particulièrement saillant au début de la crise sanitaire, et se prolongera ensuite. A l’époque « au moins 68 commandes sont passées, pour un montant total de 41,05 millions d’euros ». Les trois quarts des dépenses sont concentrés sur trois cabinets : McKinsey (sur la campagne vaccinale), Citwell (la logistique) et Accenture (qui s’occupera notamment du passe sanitaire). Ramenées par consultant, ces commandes sont en moyenne facturées… 2168 Euros la journée… »

Quelle Affaire McKinsey ?

Nous vous proposons deux articles relatifs à ce qui semble bien être une affaire : le role de McKinsey – tant sur le plan politique qu’administratif – auprès de l’exécutif.

  • McKinsey ne paye pas l’impôt sur les sociétés depuis 10 ans dans le Courrier des Stratèges
  • Affaire McKinsey : impôts impayés, missions avortées, budgets envolés… 5 exemples marquants révélés par le Sénat dans La Dépèche

VOIR EGALEMENT SUR METAHODOS:

AVEC MATTHIEU ARON : CES CABINETS CONSEILS « INFILTRES » AU COEUR DE L’ETAT https://metahodos.fr/2022/02/21/lire-matthieu-aron-ces-cabinets-conseil-infiltres-au-coeur-de-letat/

Cabinets conseils et Action Publique. Excès de pouvoir ? https://metahodos.fr/2021/10/13/cabinets-conseils-et-action-publique-exces-de-pouvoir/

SI « MYSTÉRIEUX » CABINET MCKINSEY ? DE LA COMMISSION ATTALI À LA VACCINATION, EN PASSANT PAR EN MARCHE. https://metahodos.fr/2021/09/01/si-mysterieux-cabinet-mckinsey-de-la-creation-den-marche-a-la-vaccination-contre-le-covid-19/

Article 1

McKinsey ne paye pas l’impôt sur les sociétés depuis 10 ans

  • par Lauriane B. 18 mars 2022 Le Courrier des Stratèges

Ce mercredi 16 mars, les sénateurs Eliane Assassi et Arnaud Bazin ont présenté leur rapport devant le Sénat. Il y aurait beaucoup à dire, tellement les conclusions sont accablantes à tous niveaux, mais comment ne pas tout d’abord mentionner cette bombe : le cabinet de conseil McKinsey ne paye pas l’impôt sur les sociétés en France ! Au vu de son implication dans les dossiers sensibles du pays – pendant la crise sanitaire mais pas seulement – c’est tellement gros qu’on a du mal à y croire. Le président de la commission d’enquête annonce saisir le procureur de la République.

L’essentiel du rapport de la commission se trouve ici   

Deux directeurs associés du cabinet McKinsey étaient auditionnés par le Sénat mardi 18 janvier (je vous en parlais ici). Lors de cette audition, M. Karim Tadjeddine, sous serment, a affirmé que le cabinet de conseil payait bien ses impôts sur les sociétés en france. 

Rappel des méfaits de McKinsey pendant la crise sanitaire 

L’État a passé 68 commandes à des cabinets de conseil, pour un montant total de 41 millions d’euros.

S’agissant de la crise sanitaire, le cabinet McKinsey est celui qui arrive en tête des dépenses. La commission estime la note à 13,5 millions d’euros et souligne son rôle « clé de voûte » en matière de stratégie vaccinale (que nous rappelions ici)

En moyenne, une journée pour un consultant est facturée 2168,38 euros.

Pour justifier ces sommes astronomiques, les deux directeurs associés du cabinet de conseil expliquaient leur rôle d’appui de la « taskforce ministérielle » : cadrage opérationnel et la mise à l’échelle de flux logistiques – mise en place et coordination des outils de mobilisation de la campagne vaccinale – Benchmarking : suivi et comparaison de la campagne de vaccination dans d’autres pays pour comparer l’avancement de la France.

Langage aux apparences modernes pour désigner des techniques dignes de l’URSS.

Dans la réalité, le jargon de la start up nation se traduit comme ceci : McKinsey a organisé de A à Z la journée des agents de santé publique france entre septembre 2020 et juin 2021, animant deux réunions quotidiennes, et exigeant la production plusieurs rapports par jour.

Tout cela orchestré par un agent de liaison payé 170 000 euros, à nos frais !

Et cerise sur le gâteau, les succursales se refilent les powerpoints entre elles. Un même « livrable » a été retrouvé en France et en Australie (pas pour moins cher, on vous rassure).

Ces documents ne sont pas estampillés McKinsey, mais ils sont tamponnés ministère de la santé … 

McKinsey sait aussi être inventif en dehors de la crise sanitaire 

Comme si la gestion du Covid ne suffisait pas à la firme, ses talents se sont révélés bien au-delà de la gestion d’une crise sanitaire.

La liste suivante fait assez froid dans le dos :

Aux détours de ce rapport, l’on apprend que la fameuse réforme de l’économie des 5 euros sur les APL a été soufflée par nos bons serviteurs aux oreilles du président pour un montant de 3,88 millions d’euros.

Entre 2020 et 2022, le cabinet américain évalue la stratégie nationale de santé pour 1,2 millions d’euros.

On se souvient bien évidemment de l’organisation de deux colloques sur l’avenir du métier d’enseignant pour un montant de 496 800 euros.

La cabinet américain a également rédigé un guide sur le télétravail dans la fonction publique pour une somme 235 620 euros.

Enfin, pour une prestation de 327 060 euros, McKinsey a été chargé d’examiner le mode de gestion du nouveau bonus / malus sur les cotisations d’assurance chômage. C’est à lui qu’est revenu le choix du prestataire final.

Tout ça avec nos impôts, alors qu’il ne paye pas les siens. Comique ou tragique ?

Un montage fiscal au nez et à la barbe de tous 

Arnaud Bazin vous explique le montage opéré par le cabinet de conseil américain :

La filiale française produit des résultats fiscaux négatifs depuis 10 ans grâce à un montage avec la société mère immatriculée au Delaware (Etat américain insoupçonnable de toute manipulation fiscale …).

Le procureur de la République sera saisi concernant les déclarations sous serment de Karim Tadjeddine en application de l’article 40 du code de procédure pénale. Il reviendra au parquet de poursuivre les investigations.

Ok pour l’ingéniosité du montage, mais peut-on imaginer une seule seconde qu’un cabinet d’une telle envergure puisse produire une comptabilité capable de mener à un résultat fiscal déficitaire depuis 10 ans ?! (329 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020!)

Au fait, Emmanuel Macron est aux mannettes depuis quand environ ?

Article 2

Affaire McKinsey : impôts impayés, missions avortées, budgets envolés… 5 exemples marquants révélés par le Sénat

   

Publié le 19/03/2022 La Dépêche

Alors que le cabinet Mckinsey, proche conseiller du gouvernement Macron est accusé d’évasion fiscale, un rapport sur ses activités a été publié par le Sénat. À l’intérieur, plusieurs exemples frappants de budgets à plusieurs millions d’euros alloués au cabinet pour des missions parfois sans résultats..

Le Sénat a publié lundi 16 mars, un rapport concernant « l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques ». Dans ce document, le nom de McKinsey, cabinet de conseil proche d’Emmanuel Macron et au cœur d’une affaire d’évasion fiscale, revient incessamment. La Dépêche du Midi vous livre cinq exemples marquants exposés par les sénateurs dans leurs investigations.

  • Impôts impayés depuis 10 ans

C’est la grosse accusation engendrée par l’enquête du Sénat : le cabinet de conseil McKinsey n’aurait pas payé d’impôts sur ses filiales françaises depuis 10 ans. D’après le rapport, les versements « s’établissent à zéro euro depuis au moins 10 ans ». Au total, selon le Sénat, McKinsey affiche un « chiffre d’affaires sur le territoire national de 329 millions d’euros en 2020, dont environ 5% dans le secteur public, et  y emploie environ 600 salariés ».

De son côté, le directeur associé de McKinsey France, Karim Tadjeddine, a démenti toute accusation de fraude fiscale.

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