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POUR UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL : APPEL D’UN COLLECTIF ENGAGE A GAUCHE

« La société des communs offre un nouveau récit et un socle programmatique dont la gauche française doit se saisir »,

Lit on dans l’appel, ou encore :

« La société des communs désigne une société structurée autour de communautés de citoyens engagés, d’entreprises coopératives et d’agents publics qui établissent des règles de gouvernance démocratiques pour co-administrer des ressources ouvertes et partagées dans une logique de justice sociale et écologique. Les pionniers de cette société des communs, déjà en action, prouvent que ce modèle social est aussi souhaitable que réaliste. »

Un collectif d’élus, de chercheurs, de militants associatifs, d’entrepreneurs et de décideurs publics, parmi lesquels Manon Aubry, Thomas Piketty, Axelle Lemaire ou Noël Mamère, lance un appel pour que la campagne électorale soit l’occasion de promouvoir un « nouveau contrat social », afin de « reconnecter les institutions publiques » à « la vitalité des acteurs engagés sur le terrain ».

« Les défis démocratiques, écologiques et sociaux que notre société doit relever dans les décennies à venir sont colossaux. Les élections, temps fort de notre vie politique, devraient être l’occasion d’une ébullition de propositions enthousiasmantes pour y répondre » écrivent ils dans une tribune publiée dans Le Monde.

Autres extraits de la tribune :

« …la plupart des candidats nous proposent des solutions technocratiques ou passéistes qui vont, au mieux trop lentement, au pire dans le mauvais sens, sans créer de réel engouement. Depuis plus de trente ans, le débat public tourne en boucle sur les mêmes thèmes… »

« Quel imaginaire collectif est aujourd’hui capable de répondre aux grands défis écologiques et sociaux ? Quelles transformations profondes de nos institutions envisager afin de soutenir les initiatives citoyennes d’intérêt collectif… »

« …la société des communs offre un nouveau récit et un socle programmatique dont la gauche française doit se saisir. La société des communs est structurée autour de communautés ouvertes de citoyens qui s’engagent ensemble pour produire et prendre soin des ressources, biens et services qui contribuent à leur épanouissement. « …

« Des formes transparentes d’autogouvernement »

« Dans la société des communs, ceux qui produisent et prennent soin de ces ressources, biens et services communs ne s’engagent pas pour répondre aux besoins du capital, mais contribuent volontairement dans une logique de partage. Les décisions ne relèvent pas d’organisations hiérarchiques opaques, mais de formes transparentes d’autogouvernement. »…

Contribution à la proposition de Metahodos de reconstruire un nouveau contrat social.

Plusieurs lecteurs de Metahodos nous proposent de publier cet appel pour alimenter la réflexion sur la proposition de Metahodos de reconstruire un nouveau contrat social.

TEXTE DE L’APPEL

La société des communs désigne une société structurée autour de communautés de citoyens engagés, d’entreprises coopératives et d’agents publics qui établissent des règles de gouvernance démocratiques pour co-administrer des ressources ouvertes et partagées dans une logique de justice sociale et écologique. Les pionniers de cette société des communs, déjà en action, prouvent que ce modèle social est aussi souhaitable que réaliste.

En France, la coopérative Enercoop contribue activement à développer des énergies renouvelables sur tout le territoire en regroupant des dizaines de milliers de sociétaires producteurs et consommateurs. Le mouvement Terre de Liens rachète plus de six milles hectares de terres agricoles qu’il met en commun pour les préserver de la spéculation foncière et en faciliter l’accès aux paysans pour une agriculture durable. La fédération Coopcycle associe et mutualise les outils de quarante coopératives de livreurs à vélo pour lutter contre l’ubérisation du secteur.

A l’échelle internationale, les contributeurs bénévoles de Wikipédia produisent la plus grande encyclopédie librement accessible jamais écrite par l’humanité. Les chercheurs et les entreprises engagés dans le projet Open Source Drug Discovery collaborent pour produire une dizaine de médicaments libres d’utilisation essentiels pour lutter contre des maladies tropicales qui touchent des millions d’individus. Les développeurs de Open Food Network développent et mettent à disposition des agriculteurs des outils informatiques pour faciliter l’établissement de circuits courts alimentaires dans plus de vingt pays.

UNE SOCIÉTÉ DES COMMUNS PEUT RÉPONDRE AUX CRISES QUI MINENT NOTRE CONTRAT SOCIAL

Nos systèmes représentatifs et institutions sont à bout de souffle alors que les citoyens expriment avec toujours plus d’insistance leur volonté de participer à la vie politique et économique du pays. Notre système productif a trop longtemps fonctionné sur l’exploitation et la destruction des écosystèmes qui rendent possible la vie humaine sur terre. Alors que nos sociétés n’ont jamais produit autant de richesses, les inégalités se creusent et un nombre croissant de citoyens n’ont plus accès aux biens et services essentiels à leur libre développement.

La société des communs répond concrètement à ces crises. Elle n’est pas une théorie politique de plus qui finira consignée dans une bibliothèque. C’est un projet politique vivant, matérialisé par des pratiques alternatives et revendiqué par un grand nombre de mobilisations. Mais pour que ce projet de société se réalise, nous avons besoin de transformer nos imaginaires, nos manières de faire et nos institutions collectives.

UN PRÉALABLE : REDÉFINIR LES RÔLES ENTRE CITOYENS, ACTEURS PUBLIC ET ENTREPRISES

Pour les citoyens 

Il s’agit de sortir de la passivité d’usagers, de consommateurs et d’administrés pour devenir des membres actifs, contributeurs et responsables. Dans une société des communs, ils participent aux décisions importantes concernant leur vie locale, leur entreprise et leurs institutions publiques. Ils contribuent à la production et au maintien de ressources partagées en commun. 

Pour les acteurs publics 

Ce changement de paradigme les amène à passer d’un rôle de commanditaire à celui de partenaire, d’un modèle centralisé à des modes de fonctionnement distribués et démocratiques. Dans une société des communs, les acteurs publics se mettent au service de formes d’actions collectives citoyennes, et non l’inverse. Ils adoptent le principe de subsidiarité où la primauté de l’action et de la décision revient aux acteurs locaux qui s’auto-organisent collectivement pour satisfaire leur besoin. Il ne s’agit pas d’un retrait de l’État qui reste garant en dernière instance de l’intérêt général.

Pour les entreprises

Il s’agit de privilégier les modes de gestion démocratique comme moteur de leur efficacité et de leur utilité sociale. Dans une société des communs, les entreprises s’inscrivent dans une logique coopérative avec les acteurs concernés par leurs activités, allant jusqu’à les associer à leur gouvernance, ce que permettent des statuts adaptés comme celui de SCIC (société coopérative d’intérêt collectif). Leur mission ne se limite plus à la seule création de valeur économique par la propriété exclusive mais s’inscrit dans une volonté de prendre soin des ressources et des infrastructures sur lesquelles elles reposent.


TROIS CHANTIERS D’AMPLEUR POUR UNE SOCIÉTÉ DES COMMUNS 

Étendre le nombre de ressources instituées et administrées comme des biens communs 

Espaces naturels, connaissances, vaccins, monnaie, épargne, Internet, eau potable, électricité… Il s’agit de définir collectivement les ressources, biens et services essentiels à l’épanouissement de la vie humaine, d’en garantir l’accès et d’élaborer leur gestion démocratique et transparente. 

Soutenir l’action collective, les communautés auto-organisées et les formes d’entrepreneuriat coopératif 

Tiers-lieux, logiciels libres et open source, coopératives de consommateurs… Il faut encourager ces communautés de citoyens actifs qui collaborent pour produire et prendre soin de ressources selon un principe d’autogouvernement. Nos institutions doivent soutenir, y compris économiquement, ces communautés de contributeurs dans une logique polycentrique.

Promouvoir et faciliter partout où c’est possible la contribution citoyenne 

Co-voiturage, aide alimentaire associative, partage pair-à-pair… Ces pratiques horizontales d’entraide et de mutualisation sont non seulement souhaitables mais nécessaires dans une société limitée en ressources dont le lien social se distend toujours plus. Cette perspective doit nous amener à penser une action publique qui crée les conditions législatives et opérationnelles à un droit à la contribution aux communs, sans pour autant démanteler les institutions existantes de l’État providence, déjà rudement mises à l’épreuve.

La société des communs que nous allons bâtir est une alternative politique aussi pragmatique que stimulante pour relever les défis du XXIe siècle. Elle s’appuie sur la liberté de contribuer, d’accéder et de gouverner collectivement les biens communs essentiels à notre humanité dans une logique de justice sociale et écologique.

Les défis à relever pour y parvenir sont nombreux. Tant mieux, l’audace est de mise en ces temps de nécessaire rupture !

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