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L’EUROPE PRÉSENTE EN UKRAINE : « À Kiev, Ursula von der Leyen resserre les rangs UE-Ukraine »

Article de La Croix

Jean-Baptiste François le 08/04/2022 à 18:20

La présidente de la Commission européenne est le premier haut dirigeant de l’UE à se rendre à Kiev, depuis la découverte des massacres à Boutcha. Elle est venue exprimer son « soutien indéfectible » à l’Ukraine, à la veille d’une importante levée de fonds solidaire organisée à Varsovie.

À peine arrivés à Kiev par le train qu’ils ont dû réagir à une nouvelle exaction contre des civils, à l’autre bout du réseau ferré ukrainien. Dans le Donbass, une attaque de missile sur la gare de Kramatorsk a fait au moins 50 morts, dont cinq enfants.

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Vendredi 8 avril, le président Volodymyr Zelensky a symboliquement reçu la visite de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. C’est la première fois qu’une figure européenne de premier plan se rendait dans la capitale ukrainienne, depuis la révélation des atrocités commises sur des civils à Boutcha.

Marques de sévérité

La cheffe de l’exécutif européen, accompagnée de son chef de la diplomatie Josep Borrell, du premier ministre slovaque Eduard Heger, ainsi que de plusieurs eurodéputés, a pris le train via la petite ville de Przemysl, dans le sud-est de la Pologne, à seulement 13 km de la frontière ukrainienne. Josep Borrell, qui a « condamné fermement »une « attaque aveugle » à Kramatorsk, et Ursula von der Leyen ont tenu à se rendre à Boutcha, à 30 km au nord-ouest de Kiev, pour rendre hommage aux victimes et réaliser l’ampleur des horreurs commises. La Commission européenne a proposé à Kiev d’envoyer des experts pour aider à enquêter sur les crimes de guerre.

« Beaucoup de victimes de viol ne veulent pas parler » : à Boutcha, on compte les morts et on nourrit les survivants

Avant eux, le 1er avril, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, avait fait le déplacement. À la mi-mars, les premiers ministres de la Pologne, de la République tchèque et de la Slovénie avaient été les premiers à prendre la route de Kiev, à la fois au nom de l’UE et en tant que pays voisins.

Gages de rapprochements

Ursula von der Leyen, représentante de l’institution gardienne des traités, veut envoyer le signal d’un engagement européen plus prononcé. C’est pourquoi elle n’est pas venue les mains vides. La veille de son arrivée, un cinquième train de sanctions contre le Kremlin a été adopté, comprenant un embargo sur le charbon, et l’interdiction d’accès aux ports européens pour la majorité des navires russes. Pendant le trajet vers Kiev, Josep Borrell l’a annoncé : la représentation de l’UE à Kiev, évacuée dans le sud de la Pologne, à Rzeszow, au lendemain de l’invasion russe, va regagner ses locaux. Le retour de l’ambassadeur a pour but de montrer que « l’Ukraine existe, qu’il y a une capitale, un gouvernement, et des représentations d’autres pays », a justifié l’Espagnol.

→ À LIRE. Guerre en Ukraine : l’Union européenne impose un embargo sur le charbon russe

Autre sujet incontournable : la demande d’adhésion à l’UE de l’Ukraine. Kiev a fait une demande officielle de candidature le 28 février dernier, que Bruxelles a enregistrée. Cette requête ne peut pas rester lettre morte, même si la perspective de devenir État membre à part entière paraît bien lointaine, à en croire les conclusions du dernier sommet européen. Ursula von der Leyen, qui défend une intégration accélérée, n’a pas voulu décourager Volodymyr Zelensky. « Il faut généralement des années au Conseil de l’UE pour accepter la demande d’une adhésion, mais l’Ukraine l’a obtenue en une semaine ou deux, a-t-elle souligné. Notre objectif est de présenter la candidature de l’Ukraine au Conseil de cet été. »

Défi d’une aide tangible

L’UE a également répondu aux appels répétés de Volodymyr Zelensky à fournir du matériel militaire, alors que l’armée russe, repliée à l’est, tente à présent de prendre le contrôle de la totalité du Donbass. Le premier ministre slovaque, Eduard Heger, a attendu d’être à Kiev pour confirmer que son pays avait fourni le système de défense aérienne S-300 à l’Ukraine. Josep Borrell s’est dit confiant sur le fait que les Vingt-Sept accepteront sa proposition de faire passer le fonds d’aide militaire à l’Ukraine de 1 à 1,5 milliards d’euros.

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Enfin, la visite à Kiev a lieu la veille de la Conférence des donateurs prévue ce week-end à Varsovie. Samedi, les dirigeants européens doivent participer à l’événement « Stand Up for Ukraine » (« Debout pour l’Ukraine ») coorganisé par Ursula von der Leyen et le premier ministre canadien Justin Trudeau. Il s’agira de mobiliser les gouvernements et les sociétés privées pour collecter un maximum de fonds pour plus de 4 millions de réfugiés, dont 2,5 millions en Pologne, ainsi que pour les 6,5 millions de déplacés à l’intérieur de l’Ukraine. La Commission européenne coordonne un réseau de livraison de dons en nature de produits tels que des médicaments, matériels médicaux, vaccins, tentes, lits et couvertures d’urgence.

Jean-Baptiste François

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