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L’ALERTE DE J-L BORLOO (ÉPISODE 6) ENERGIE, RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE

VOIR EPISODE 1 :  https://metahodos.fr/2022/04/03/lalerte-de-jean-louis-borloo-presquinentendue-elle-est-essentielle-pourtant-episode-1/

VOIR EPISODE 2 : https://metahodos.fr/2022/04/04/episode-2/

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EPISODE 6

Sauver notre capacité énergétique et lutter vraiment contre le réchauffement climatique


Dans ce domaine, tout est important et interactif : l’économie circulaire, les déchets, la biodiversité… Mais les sujets paraissent tellement vastes qu’on ne sait plus par quel bout les prendre et on finit par se perdre dans des actions ponctuelles. L’absence de vision et de stratégie peut paraitre désespérant dans un pays où 100% de la jeunesse et l’essentiel des dirigeants publics sont convaincus de la nécessité d’agir. Il nous faut quelques programmes clairs, puissants et qui changent réellement la donne.

Appuyés sur la puissance, la stabilité et l’efficacité de notre production énergétique, nous nous sommes assoupis. Nous sommes en danger car c’est un secteur vital, à plusieurs titres :

  • Parce qu’il est un élément majeur et constitutif du pouvoir d’achat des français ;
  • Parce qu’il est le fer de lance de la bataille contre le dérèglement climatique ;
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  • Parce qu’il est un facteur déterminant pour la paix, la guerre ou au moins la stabilité des rapports de force ;
  • Parce que les besoins électriques vont augmenter d’ici 30 ans de 60%, sous le triple effet des besoins de la digitalisation, de la décarbonation indispensable et du développement des véhicules électriques.
  • Parce qu’il vit une révolution : la technologie, le mix énergétique, la gestion de l’intermittence dans les réseaux et la combinaison avec le numérique et l’intelligence artificielle ;
  • Parce que de fait, nous sommes interconnectés au marché européen.
    Un état des lieux extrêmement préoccupant

  • L’état des lieux est préoccupant car la production électrique est un paquebot lent à manoeuvrer, qui nécessite beaucoup d’anticipation car les mesures stratégiques prises produisent leurs effets quinze ans plus tard en moyenne.

  • La France était réputée dans le monde comme le pays de l’excellence en matière énergétique : un parc de centrales nucléaires robustes, toutes bâties sur le même modèle, des barrages hydroélectriques construits à la même époque, avec un réseau à la fois centralisé et de bonne qualité. Nous étions jusqu’à une période récente exportateurs nets d’électricité, de l’ordre de 80 Terawatts, avec une électricité peu chère, alors que nous sommes devenus récemment importateurs nets, de l’ordre de 8 Terawatts, car notrecapacité de production n’arrive plus à alimenter les besoins nationaux.

  • La production nucléaire en France s’établissait alors en moyenne à près de 420 Terawatts mais elle sera en 2022 de l’ordre de 280 Terawatts. Notre situation est d’une extrême gravité car il est possible que les corrosions apparues dans les circuits de refroidissement de quelques centrales nous amènent à devoir mener des interventions en roulement avec des arrêts de six mois sur une très grande partie de nos centrales.

  • Obnubilés par l’EPR nous n’avons pas lancés les études préalables à la mise en place de centrales nucléaires de petite taille voire de petit nucléaire, des SMR, ni surtout les opérations de maintenance et de modernisation à la hauteur exigée.

  • Alors que nous étions la première puissance énergétique d’Europe, avec un coût faible, et le plus vertueux en matière d’émissions de CO2, nous sommes aujourd’hui en très grande fragilité, à la limite du black-out, et toujours dépendants des énergies fossiles.

  • Une urgence pour le pouvoir d’achat : rétablir la désindexation du prix de l’électricité sur le prix du gaz et la TICPE flottante.

  • Une nouvelle coalition pour sept objectifs clairs

  • Autour d’un puissant ministère de l’Energie, de la décarbonation, de l’industrie et des services, la coalition est indispensable avec le transporteur RTE, le distributeur ENEDIS, la commission régulation de l’Energie, l’ADEME, les grands opérateurs de toutes les sources d’énergie, les industriels des économies d’énergie, de l’effacement, et du stockage, les régions et les collectivités d’outre-mer.
  1. La révolution digitale. C’est une révolution de même ampleur que la digitalisation du commerce. L’essentiel de cette révolution se passe entre la production qui est mixte et de plus en plus intermittente, et la consommation qui est volatile selon les heures, les jours, les semaines, les mois et les régions. Le gain essentiel se joue là, dans cette digitalisation. Celle-ci permet :
  • Une gestion intelligente de la consommation pilotée directement par le consommateur ou de manière automatique dans le secteur diffus et non-diffus.
  • Une gestion de l’interruptabilité de certains besoins.
  • Et surtout : la révolution digitale permet enfin le
    stockage au-delà des grosses opérations de stockage hydraulique, dites STEP. Il y a de nombreuses formes de stockage, hydrogène, batteries électro-chimiques etc… Il est assez rare que le besoin de consommation équivale à un temps T à la capacité de production. Il faut donc pouvoir stocker quand la consommation est inférieure à la production, et déstocker dans le cas inverse. C’est de loin l’énergie la moins chère. Elle peut être mise en place extrêmement vite : un programme de stockage d’électricité par des bornes décentralisées, stabilisant le réseau en lui apportant une assurance de disponibilité et réparties sur tout le territoire national en liaison avec RTE et Enedis, de l’ordre de cinq gigawatts en cinq ans, (un par an) est à notre portée, rapide à déployer et ne nécessite aucun investissement lourd. Pour mémoire, un gigawatt équivaut peu ou prou à un réacteur nucléaire. C’est la grande révolution des années à venir.
  1. Le « chantier du siècle » : Les progrès extraordinaires des technologies permettent de lancer le double « chantier du siècle » : décarbonation et efficacité énergétique globale des bâtiments.
  • pour le marché privé : lancer l’énorme chantier de rénovation énergétique et de décarbonation de tout le parc tertiaire. Pour ce faire, modifier le décret
    « tertiaire » en y incluant trois composantes : la performance énergétique, la dégazéification de notre modèle et la décarbonation, prévoyant que la sanction de l’écart de performance prévue par la loi sera déterminée par le prix de la tonne de CO2.
  • Dans le domaine public : Lancer le chantier de la rénovation énergétique et de la décarbonation des 700 millions de mètres carrés des bâtiments publics (Etat, collectivités locales et leurs établissements), en permettant de lancer des appels d’offres de Contrats de Performance Energétique autorisant l’intervention d’un tiers financeur privé garantissant la performance.
  1. Énergies renouvelables : Rattraper notre retard est urgent. La France a été rappelée à l’ordre par l’Agence Internationale de l’Energie sur le retard pris sur le développement des énergies renouvelables par rapport aux objectifs que la France s’était fixés. La France a adressé un signal négatif à ce marché en remettant en cause les tarifs fixés par l’Etat de rachat de l’électricité en provenance des énergies renouvelables. Suivre les recommandations de l’AIE en matière de renouvelables, de simplifications des procédures, de gestion par les territoires…
  2. Nucléaire : Lancer immédiatement un grand programme de maintenance, de modernisation et grand carénage de l’ensemble du parc de nos centrales nucléaires et lancer sérieusement les études préalables à la mise en place :
  • decentralesnucléairesdetailleplusmodeste, robustes, de type ATMEA ;
  • du petit nucléaire, les SMR ;
  • del’hydrogèneetlesnouvellestechnologies
    existant dans le monde.

  • Grâce à cette nouvelle coalition des acteurs, à l’efficacité énergétique et à la décarbonation, à la modernisation du parc et à l’effort sur le nouveau mix de production, nous devrions pouvoir atteindre notre autosuffisance énergétique, réduire notre dépendance au gaz, au pétrole et au charbon, et atteindre la première étape de l’objectif de 4 tonnes d’émission de CO2 par habitant et par an, avant de nous inscrire réellement dans la trajectoire de la neutralité carbone pour 2050. Nous serions le premier pays industriel à le réussir.
  1. De l’essence et du diesel à la voiture électrique
    Les premières voitures étaient électriques. La première à atteindre les 100 km/h en 1899 était franco-belge et s’appelait la Jamais-Contente. Nos villes étaient couvertes de tramways. C’est l’arrivée d’un pétrole transportable, stockable et tellement peu cher qui a tué la voiture électrique.
    Le développement de la voiture électrique n’est pas un problème de voiture mais un problème de réseau.
    Le programme ADVENIR permet le développement de bornes de recharge électrique de 15 à 30 kw/h. C’est une bonne avancée mais insuffisante, car elle ne touche pas à l’essentiel.
    L’essentiel c’est les bornes de recharge ultra-rapide, entre 160 et 320 kw/h permettant une recharge en moins de dix minutes à moins de 20 km de l’habitation et du lieu de travail. C’est dans la France profonde, rurale, c’est entre Alençon et Vernon qu’il faut les développer. La puissance de ces bornes exige un déploiement couplé avec le stockage, grande affaire de la décennie, pour faire tampon afin de ne pas déséquilibrer le réseau.
    La coalition est donc composée de RTE (le transporteur) , d’ENEDIS (le distributeur), les collectivités locales, les citoyens, l’Etat, les régions et les constructeurs.
    Nous avons la capacité d’installer des bornes de stockage et de recharge ultra-rapide jumelées, de l’ordre de 2.000 dans les 3 ans qui viennent, quasiment sans coût car le stockage est une assurance et un service rendu au réseau donc une amélioration de notre capacité énergétique, une décarbonation, et une stabilité indispensable.
  2. Lancer le programme « Terroir » : La révolution écologique par la consommation.
    Notre modèle de consommation qui promeut l’achat de n’importe quel produit au bout du monde pour un bénéfice apparent de quelques centimes d’euros, méprisant les saison, l’empreinte carbone, et fragilisant notre indépendance économique et notre tissu agricole, artisanal et industriel, est absurde. Un produit parcourt en moyenne plus de 2.000 kilomètres.
    L’objectif est d’amener les acheteurs des grandes surfaces à modifier leurs achats pour favoriser les produits d’origine locale. Les 100 premières enseignes représentent 340 milliards de chiffre d’affaires.
    Ce sont eux qui déterminent à la fois les produits et les prix offerts à la consommation de tous. L’évolution de leur comportement et de leur responsabilité constitue donc un effet de levier considérable. La plupart d’entre eux ont déjà la préoccupation des achats de proximité notamment venant de TPE et de PME. Toutefois on pourrait considérablement accentuer cet
    effort : il est évident qu’un fruit ou un légume qui a le même prix quelque soit la saison grâce au transport massif en provenance du bout du monde dans grands conteneurs n’amène pas le consommateur à l’achat saisonnier. Adieu la saisonnalité, adieu la proximité, adieu la qualité et bonjour le CO2 et l’empreinte carbone.
    L’offre conditionne la demande. Il est donc nécessaire de mettre au point avec les professionnels un mécanisme qui incite les grands acheteurs à privilégier les produits de proximité et de saison, qu’ils soient alimentaires ou non. Il faut naturellement pouvoir continuer à importer des produits peu chers spécifiques pour des raisons de maintien du pouvoir d’achat ou pour des raison de technologies d’avant-garde particulières. Mais il faut déclencher un processus d’emballement au profit des produits de proximité.
    Le nombre de kilomètres moyen parcouru par les produits d’une enseigne est un critère objectif. Réduire année après année les kilomètres parcourus doit devenir un effort et une compétition entre les enseignes.
    Ni taxe ni interdiction, mais un principe de bonus/malus pour les centrales d’achats ou pour les grandes enseignes de distribution fonctionnerait de la manière suivante :
  • Chaque année la distance moyenne parcourue par chaque produit, donc par l’ensemble des produits de l’enseigne ou de la centrale, serait communiquée.
  • À partir d’une année zéro, c’est la réduction des kilomètres parcourus qui permettra de mesurer l’effort de l’enseigne ou de la centrale d’achats.
  • Cellesquiaurontleplusréduitleskilomètresparcourus se verraient affecter d’un bonus, par exemple les 50% les plus vertueuses, financé par un malus des 50% les moins vertueuses, le tout devant être équilibré afin d’arriver à une opération blanche pour le consommateur et pour le budget de l’Etat.
    C’est donc l’effort annuel de réduction des kilomètres parcourus par les produits qui sera le critère pour appliquer le bonus ou le malus. Ceci est en droite ligne de l’accord de Paris.
    Cela donnera un signal extrêmement important et une incitation pour les enseignes à « acheter local ».
    Le principe posé, cela demande un travail approfondi avec la grande distribution, les centrales d’achat, le commerce de détail, les partenaires sociaux, les agriculteurs, les entreprises, mais en gardant ces principes essentiels : réduire les distances parcourues, réduire l’empreinte carbone, soutenir la production de proximité, retrouver la saisonnalité, défendre notre indépendance, et améliorer la qualité des produits. Car n’avoir comme seul critère le centime d’euro marginal, quelque doit la saison ou le produit, sans tenir compte de la distance parcourue et du CO2 n’est pas durable.
    72 La France serait le premier pays à utiliser un tel effet de levier qui ne pose pas de problème de droit de la concurrence puisqu’il s’agit simplement d’une incitation interne, comme le bonus-malus écologique pour les automobiles.
  1. La grande coalition bleue
    « Tiens bon la mer ! Les hommes commencent à réaliser que tu leur es indispensable, peut-être vont-il commencer à te respecter. » Isabelle Autissier, Grenelle de la Mer, 2009.
    La France est une grande nation maritime. Ses outre-mer d’abord, et ses quatre mers qui bordent la métropole, la deuxième Zone Économique Exclusive mondiale, ses marins, ses océanographes, ses poètes, ses ingénieurs, ses grands Instituts de recherche, IFREMER, INE, INSU- CNRS, IPEV, de niveau mondial, ses transporteurs maritimes. La mer est le dernier continent à découvrir et à respecter. Nous connaissons peu de choses : 10% des fonds et 1% de la bio-diversité marine. Les capacités nutritionnelles, pharmacologiques et cosmétologiques, les algues, le dessalement, et la plus grande concentration du vivant. Un domaine en pleine expansion.
    Mais la mer fait partie des biens publics mondiaux et la France doit porter au plan international les combats contre la surpêche, contre le risque de destruction de certains forages et contre tous les types d’agression de ce qui représente la plus grande concentration du vivant, et le plus grand élément de capture du CO2 au monde.
    Là aussi c’est par la coalition des centres de recherche, des régions maritimes, surtout de nos outre-mer, de l’Etat, de nos entreprises, de l’ensemble des pays d’Europe, notamment ceux qui ont une façade maritime, une grande coalition pour à la fois protéger les océans, et développer cette économie respectueuse.
    L’alliance Afrique-Europe : La France et les nouvelles donnes mondiales
    Depuis la grande illusion de Fukuyama et la chute du mu

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