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ABSTENTION (1) : «LE GLAS SONNE POUR TOUT LE MONDE». DE 1958 À 2022, COMMENT L’ABSTENTION S’EST IMPOSÉE

«Avec une abstention si forte, le glas sonne pour tout le monde»,

C’est sous cectitre que Frédéric Dabi directeur général de l’Ifop s’est exprimé. Propos recueillis par Yannick Vely dans Paris Match.

Même s’ils ont été été conformes au dernier sondage de l’Ifop, les résultats de ce premier tour vous ont-ils surpris?


C’est en effet à la fois conforme au dernier sondage que nous avions réalisé vendredi et surprenant dans le contexte politique de la Ve République. Le schéma observé des précédentes élections législatives depuis la mise en place du quinquennat en 2000 a été battu en brèche. On observait lors des élections précédentes un effet de souffle pour le parti présidentiel quel que soit le président. Ce dimanche, Ensemble fait moins de 6 points que LREM en 2017 et même moins qu’Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle. On sent que les Français veulent rééquilibrer les pouvoirs. 55% des Français dans notre sondage Jour de Vote ont exprimé le fait de vouloir du cohabitation pour Emmanuel Macron contre 44% en 2017.

Au premier tour des élections législatives qui s’est tenu ce dimanche 12 juin, l’abstention a atteint 52,49%,

un nouveau record. Mais ce phénomène ne date pas d’hier. Comme le montre l’infographie présentée ci contre depuis le début des années 2000, les électeurs boudent de plus en plus ce scrutin. ( ARTICLE 1)

La chute de la participation entres 2017 et 2022

est liée à une logique institutionnelle. Les élections législatives attirent peu les Français dans les bureaux de vote. (ARTICLE 2)

Article 1

De 1958 à 2022, comment l’abstention s’est imposée aux législatives

Pablo Maillé Usbek & Rica 13 juin 2022

Un Français sur deux ne s’est pas rendu aux urnes ce dimanche 12 juin. Pour ce premier tour des élections législatives, l’abstention a atteint 52,49 %, un record absolu. De quoi relativiser quelque peu les scores des deux principales forces politiques issues du scrutin, la NUPES (26,11 %) et Ensemble (25,88 %), arrivées loin devant le Rassemblement National (18,68 %) et Les Républicains (11,30 %) en termes de voix exprimées.

Pour mieux comprendre cette désaffection électorale, l’institut Ipsos-Sopra Steria a interrogé les abstentionnistes dans la foulée du scrutin. Résultat, 26 % d’entre eux ne se sont pas prononcés parce que « les candidats ne parlent pas assez des sujets qui les préoccupent ». Pire, 17 % des personnes interrogées estiment que « cette élection n’aura aucun impact sur leur vie ou sur la situation du pays », 24 % qu’il « n’y a pas eu de campagne électorale », et 23 % affirment tout bonnement qu’ils « ne connaissent pas les candidats qui se présentent dans leur circonscription ».

71 % des 25–34 ans se sont abstenus

Dans le détail, c’est dans la tranche d’âge 25–34 ans que l’abstention a été la plus forte, avec 71 % d’électeurs ayant boudé les urnes. De même, une majorité d’électeurs gagnant moins de 2000 euros net par mois se sont abstenus. Enfin, le sondage montre que moins les électeurs sont satisfaits de leur vie, plus ils s’abstiennent… De quoi nourrir les réflexions des spécialistes de la participation électorale, qui sont aujourd’hui nombreux à souligner que l’abstention aux élections législatives ne date pas d’hier. Comme le montre notre infographie, elle ne cesse au contraire de progresser élection après élection, depuis le début des années 2000. À titre indicatif, le bloc de droite et du centre (Ensemble et Les Républicains cumulés) et le bloc de gauche (coalition NUPES) obtiennent respectivement seulement 16,8 % et 11,9 % des voix des inscrits au premier tour de cette élection… Avant un rebond dimanche prochain ?

Article 2

Législatives 2022 : l’évolution du taux d’abstention depuis 2017 en carte

Par Nicolas Mondon , Nicole Triouleyre et FIG DataPublié le 12/06/2022

La carte de l'évolution de l'abstention au premier tour des élections législatives entre 2017 et 2022.
La carte de l’évolution de l’abstention au premier tour des élections législatives entre 2017 et 2022. Le Figaro

Quelques 48 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche 12 juin pour le premier tour des élections législatives, qui ont vocation à renouveler l’Assemblée nationale pour les cinq prochaines années. Comme en 2017, le scrutin est marqué par une abstention record, autour de 51,3% selon les dernières estimations.

Déjà à midi, la participation affichait un retard. Elle s’établissait à 18,43%, un chiffre en baisse de 0,8 point par rapport à 2017 (19,24%), et de 2,5 points des élections législatives de 2012 à la même heure (21,06%). Elle est aussi en nette baisse par rapport au premier tour de la présidentielle 2022 à la même heure (25,48%), mais largement supérieure à celle des élections départementales et régionales de 2021 (12,22%). À 17 heures, la participation atteignait 39,42% dimanche en baisse de 1,3 point par rapport à 2017 où elle s’établissait à 40,75%. Elle est aussi largement inférieure, à la même heure, à celle des législatives de 2012 (48,31%), ainsi qu’à celle du premier tour de la présidentielle de 2022 (65%).null

Désintérêt, colère ou absence d’informations…les causes de ce phénomène de désaffections sont multiples et inquiètent les états-majors des partis.

Malgré leur importance institutionnelle, les législatives apparaissent désormais comme des élections de «second ordre». Après la relative embellie de la présidentielle, le premier tour des législatives a enregistré un nouveau record d’abstention qui devrait favoriser la majorité présidentielle. En 2017, la grève des urnes avait battu des records aux élections législatives : 51,3% au premier tour et 57,4 au second.

Cette nouvelle chute de la participation est liée à une logique institutionnelle. Depuis l’entrée en vigueur en 2002 du quinquennat et du calendrier faisant se succéder présidentielle et législative, ce scrutin a perdu son autonomie. Pour les spécialistes électoraux, une aussi forte abstention aux législatives aura nécessairement des implications politiques.

2017 et 2022 : découvrez l’évolution de l’abstention

Pour y accéder, cliquez ici

«Les jeunes et les catégories populaires votent systématiquement moins que les seniors et les catégories moyennes/supérieures, mais leur participation s’effondre lors des élections jugées secondaires pour lesquelles l’enjeu est moins clair», insistait récemment, le directeur d’études à Ipsos France, Mathieu Gallard dans Le Figaro. «C’est bien entendu une tendance qui est plutôt positive pour la majorité présidentielle: le vote en faveur d’Emmanuel Macron s’est caractérisé par une forte surreprésentation des seniors et des inclus», poursuit-il.null

Législatives 2022 : la carte de l’abstention

Pour y accéder, cliquez ici

De plus, en cas de forte abstention, le système électoral lui-même est défavorable aux oppositions car avec une abstention de 50%, la barre est placée à 25% des suffrages exprimés pour passer au second tour (sans repêchage, il faut 12,5% des inscrits pour se qualifier). De fait en 2017, il n’y a eu qu’une seule triangulaire.

Or dans des duels combinés à la tripartition de l’espace politique (Nupes/Ensemble/RN), la majorité sortante a l’avantage d’occuper la position centrale, davantage susceptible de bénéficier de votes pour faire barrage.

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