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Delphine Horvilleur, « folle » d’histoire


ÉMISSION : Delphine Horvilleur, « folle » d’histoire

Dimanche 31 juillet 2022 ÉCOUTER (59 MIN)

Le Cours de l'histoire carré

Provenant du podcast Le Cours de l’histoire

Delphine Horvilleur s’envisage médecin puis journaliste, jusqu’en 2003. Elle entreprend alors des études rabbiniques à New York. De retour à Paris, elle exerce le rabbinat, dans un judaïsme libéral. Un itinéraire et un héritage familial qui interrogent l’histoire. 

Fou d’histoire, c’est donner la parole à ceux et à celles qui ne sont pas historien, pas historienne, mais qui portent une histoire, et même des histoires familiales, collectives qui se construisent dans le temps. Fou d’histoire, « folle » d’histoire, c’est donner la parole à ceux et à celles qui utilisent l’histoire dans leur travail, qui propagent le goût de l’histoire quand il s’agit de regarder le passé et de le raconter. Il y a l’historien, le journaliste aussi, et pourquoi pas le rabbin.

Delphine Horvilleur : « L’interprétation des textes, c’est le même processus qu’une enquête historique »

De la création du Consistoire central israélite par Napoléon, aux crimes de la Shoah jusqu’à la seconde intifada, l’histoire personnelle de Delphine Horvilleur est jalonnée d’événements marquants de l’histoire collective. Elle grandit à la croisée de deux histoires, celle de son grand-père paternel de formation rabbinique et profondément républicain ; et celle de ses grands-parents maternels originaires des Carpates, survivants d’Auschwitz, déracinés et incapables de verbaliser l’horreur de l’extermination des juifs. Ces récits discordants l’ont poussée vers le rabbinat, lui permettant de faire résonner des voix dissonantes et d’inscrire son judaïsme dans le vivant.

« J’ai eu conscience très jeune que mon histoire était le produit d’un subtil équilibre, voire d’une impossible conciliation, entre ce qui est ancré et ce qui est arraché, entre ce qui est sédentarisé et ce qui est nomade, entre ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas, ce que l’on dit et ce que l’on ne dit pas. J’ai essayé depuis toute jeune de trouver un point d’équilibre entre ces différents éléments non-conciliables de mon histoire. Je crois que cela m’a amené vers l’exégèse. L’interprétation des textes, c’est le même processus qu’une enquête historique. Même si bien entendu ce n’est pas scientifique, il y a une tentative dans l’exégèse de faire parler les silences », nous raconte Delphine Horvilleur.

« Le propre des fondamentalistes religieux, c’est de ne pas faire de place à l’histoire. »

« Finalement, au sein de nos pensées religieuses, il y a souvent deux catégories de personnes. Il y a des gens qui font de la place à l’histoire et ceux qui n’en font pas. Pour le dire très schématiquement, le propre de tous les fondamentalistes religieux, c’est de ne pas faire de place à l’histoire. C’est avoir une lecture de la tradition qui soit une lecture anhistorique, cette idée de ce qui est aujourd’hui a toujours été ainsi. ‘Il en a toujours été ainsi’, ce grand leitmotiv des fondamentalismes religieux a toujours été une négation des strates historiques », analyse Delphine Horvilleur.

Comment se faire le témoin des témoins de la Shoah ?  À quel endroit la religiosité et l’histoire peuvent-elles se rencontrer ? Comment comprendre et reconstruire une histoire familiale marquée par le silence ?

Delphine Horvilleur est rabbin, directrice de rédaction de la revue Tenou’a.

Bibliographie sélective

Références sonores

  • Archive d’un reportage à la piscine de Nancy en décembre 1974
  • Archive à propos de Rashi dans l’émission La Source de la vie sur TF1 en 1975
  • Archive de Charles Enderlin en duplex à Jérusalem pour le cessez-le-feu à la fin de la deuxième intifada dans le Journal de 13h de France 2 le 3 octobre 2000
  • Chanson Les gens qui doutent d’Anne Sylvestre, 1974
  • Extrait du film Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury, sorti en 1973
  • Archive d’Elie Wiesel qui s’exprime sur la Shoah sur France Inter en 1982
  • Extrait du documentaire Simone Veil, une histoire française de David Teboul, 2004, où Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens parlent de leur expérience des camps
  • Chanson Adieu monsieur le professeur par Hugues Aufray, 1968
  • Chanson Hare’ut, the Song of Friendship

Générique de l’émission : Origami de Rone

Cette émission a été diffusée pour la première fois le 21 mai 2021.

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