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LA PRESSE EN «DÉFENSE ET ILLUSTRATION» DE LA PAROLE IRRÉPRESSIBLE ?

Macron dénonce la «mauvaise foi» des «attaques» sur ses vœux

Le président accuse dans une vidéo ses détracteurs d’avoir tenté de «caricaturer» son «message d’alerte écologique» en «un message de déni». Cette intervention n’est pas qu’une explication confuse, elle est surtout une attaque contre ceux sui auraient caricaturé sa pensée et sa parole.

DES RELATIONS PARTICULIÈRES ENTRE PRESSE ET EXÉCUTIF

Visiblement impressionnée quasiment tous les médias sont revenus sur ce sujet. Avec quel effet ? Chacun jugera.

LA PRESSE APPELÉE À CONTRIBUER À DÉFENDRE ET ILLUSTRER LA PENSÉE DU PRÉDISENT

Metahodos a déjà évoqué a plusieurs reprises une pratique journalistique qui s’éloigne de l’enquête et de l’analyse pour se rapprocher de la connivence.

Le Monde s’était fait remarquer par une action qualifiée de censure. Le journal avait également publié un article intéressant sur les connivences fréquentes entre la presse et l’exécutif.

VOIR SUR CES DEUX POINTS NOS PUBLICATIONS :

LA PAROLE POLITIQUE EN KIT MÉDIATIQUE – LES VOEUX AVANT LES VOEUX, CONNIVENCES ET AUTRES DÉRIVES – DOSSIER https://metahodos.fr/2023/01/02/52211/

CENSURE AU SOMMET DE L’ÉTAT ? : « LE MONDE » REGULÉ PAR L’ÉLYSÉE SUR L’ALGÉRIE – DOSSIER https://metahodos.fr/2022/09/05/censure-au-sommet-de-letat-le-monde-regule-par-lelysee-sur-lalgerie-dossier/

Récemment la presse a été « invitée » par l’exécutif – avec la pression exercée par la diffusion sur les réseaux/médias sociaux de la vidéo officielle – à corriger des paroles irrépressibles (on ne peut plus claires et écrites par avance et à dessein traduisant une pensée et un objectif pas moins clairs ).

L’article du Monde – avec l’AFP – proposé ci contre illustre cet exercice d’équilibriste au total peu convaincant.

Ne serait il pas plus pertinent de s’interroger sur les raisons de tels dérapages de la parole de la plus haute autorité de l’Etat ?

Rappelons que cette invention d’une fatale imprévisibilité – faisant de l’exécutif une sorte de victime ( puis un sauveur ) – frappe également, selon celui-ci, la crise de l’électricité ou l’inflation.

ARTICLE

« Qui aurait pu prédire la crise climatique ? » : Emmanuel Macron s’explique et pense qu’il a été « mal compris »

18 janvier LE MONDE Par Matthieu Goar et Audrey Garric

Pas de mea culpa, mais une explication en forme de justification. Mardi 17 janvier, Emmanuel Macron a publié sur ses réseaux sociaux une troisième vidéo où il répond aux questions des internautes sur l’écologie. Dès les premières secondes, le président de la République revient sur une polémique que l’Elysée avait tenté de balayer en début d’année après l’allocution présidentielle du 31 décembre 2022. (paragraphe nouveau dans la mise à jour de l’article du Monde)

TITRE ET SOUS TITRE ÉGALEMENT MIS A JOUR :

Crise climatique : Emmanuel Macron estime avoir été « mal compris » lors de son discours de vœux – Le chef de l’Etat s’était interrogé : « Qui aurait pu prédire (…) la crise climatique aux effets spectaculaires ? » Il assure avoir voulu dire que « ça a été encore plus vite que prévu ». Une affirmation à nouveau contestée par les experts du climat.

Des experts avaient été choqués par les mots du chef de l’Etat lors de ses vœux. Deux semaines plus tard, il assure avoir voulu délivrer « plutôt un message d’alerte écologique ».

« Qui aurait pu prédire la vague d’inflation, ainsi déclenchée [par la guerre en Ukraine] ? Ou la crise climatique aux effets spectaculaires encore cet été dans notre pays ? » Cette interrogation, formulée par Emmanuel Macron lors de ses vœux télévisés du 31 décembre, et sous-entendant que la crise climatique actuelle était imprévisible, avait provoqué la colère de nombreux scientifiques et de membres de l’opposition. Le chef de l’Etat s’est finalement expliqué sur sa formulation, plus de deux semaines après son allocution, dans une vidéo diffusée dans la soirée mardi 17 janvier :Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? » : Macron accusé de « déconnexion » sur l’écologie.

« Il y a une partie de ces vœux où j’ai été mal compris (…) On a voulu me faire dire que, au fond, je n’aurais jamais lu aucun rapport du GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] (…) et que je découvrais les dérèglements climatiques (…) Qu’est-ce que j’ai simplement voulu dire ? C’est qu’au fond ça a été encore plus vite que prévu. »

« Ce n’est pas très crédible comme attaque »« ça fait des années qu’on agit », a plaidé le président de la République, affirmant avoir voulu délivrer « plutôt un message d’alerte écologique ». Dans cette séquence diffusée sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a encore assuré « entendre les critiques » et partager « la pression pour faire plus ».

Le chef de l’Etat a, par ailleurs, annoncé mardi qu’il tiendrait « avant la fin du mois de janvier (…) un conseil de planification écologique », afin de « faire le bilan de ce qu’on doit faire dans les prochaines années et décennies ».

Records de chaleur en décembre

Dans ses vœux aux Français, après de longs passages sur les retraites et la nécessité de travailler plus, le chef de l’Etat n’était revenu qu’à une seule reprise sur cette thématique, en affirmant que la « transition écologique est une bataille que nous devrons gagner ».

Les mots présidentiels avaient aussitôt été perçus comme un symptôme de déconnexion par plusieurs experts. « “Qui aurait pu prédire la crise climatique ?” C’est amusant, c’est exactement une de mes boutades préférées pour moquer les politiciens qui vivent hors du réel »avait tweeté Gonéri Le Cozannet, géologue et coauteur du dernier rapport du GIEC.

La paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, avait, elle, repris la phrase d’Emmanuel Macron tout en relayant des documents du dernier rapport du GIEC sur les conséquences du réchauffement en Europe. « C’est un discours qui rate le sens de l’histoire. Il aurait pu être tenu dans les années 1980, pas en 2022 »avait déclaré à Franceinfo Magali Reghezza-Zitt, géographe et membre du Haut Conseil pour le climat (HCC).

« Ça peut être vu par certains comme maladroit. Il a surtout voulu exprimer ce que les Français ont ressenti, c’est-à-dire une accélération des phénomènes que même certains scientifiques n’avaient pas envisagé voir arriver à cette vitesse, avait pour sa part décrypté le député européen macroniste et ancien membre d’EELV Pascal Canfin. Mais ce serait vraiment un faux procès d’en conclure qu’il n’est pas conscient de la situation. »

La formule d’Emmanuel Macron arrivait à un moment particulier : pendant les vacances de fin d’année, le thème du réchauffement s’était de nouveau invité dans les médias, avec des records de chaleur mensuels battus dans de nombreux territoires (avec des températures moyennes de 16 °C pour la partie nord du pays, et de 18 °C pour le Sud).

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