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ARTICLE – Budget : « Les fausses vérités sur un compromis final désastreux »
Le gouvernement et une partie de la classe politique ont entretenu l’illusion de la beauté des compromis en matière budgétaire. Patrick Careil débusque les impostures les unes après les autres.
Par Patrick Careil (Inspecteur général des Finances (honoraire)) LES ÉCHOS 29 déc. 2025
L’abandon du 49-3 serait « une victoire de la démocratie » , car son utilisation aurait constitué une « blessure démocratique » ! Or, cet article a été utilisé plus d’une centaine de fois, dont 56 par des gouvernements de gauche. La Constitution de 1958 présente trois différences majeures par rapport au passé : l’élection du président au suffrage universel, le droit de dissolution et l’article 49-3 : l’abolition, par la coutume, de ce dernier nous rapprocherait dangereusement de la VIeRépublique dont rêve Jean-Luc Mélenchon…
Le rejet du budget pour 2026 rendrait inéluctable une augmentation du déficit par rapport à l’objectif, faute de nouveaux impôts. Pourtant l’année dernière l’objectif initial de déficit du budget, également rejeté par le Parlement, sera, pour la première fois depuis trois ans, respecté : non, le rejet par le Parlement ne conduit pas à plus de déficit mais à moins de dépenses et moins d’impôts.
Contradictions en série
L’absence de budget compromettrait la croissance : or, alors qu’à l’automne 2024 la médiane des prévisions de croissance pour 2025 se situait à 0,7 %, nous devrions terminer l’année entre 0,8 % et 1 %.
Ainsi aucune des catastrophes annoncées à la fin de 2024 du fait du rejet du budget ne s’est produite : le déficit sera conforme à l’objectif initial et la croissance supérieure à celle anticipée par le consensus.
Il est d’ailleurs paradoxal de soutenir qu’il serait meilleur pour l’investissement des entreprises de voir adopter un budget comprenant une surtaxe de 4, 6 voire 8 milliards d’euros sur les grandes entreprises, non-sens aussi bien économique que fiscal.
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Sans crainte de la contradiction, on nous annonce le vendredi, à la suite de l’échec de la commission mixte paritaire, que le rejet du budget compromettrait gravement le réarmement, puis le dimanche le lancement d’un nouveau porte-avions, dont le coût complet devrait être de l’ordre de 25 milliards…
L’adoption de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 serait, nous dit-on, un exemple du succès du « parlementarisme éclairé ». Or malheureusement, un certain nombre d’économistes considèrent, à juste titre, qu’il s’agit d’un recul désastreux non seulement pour la pérennité de notre régime de retraite, en raison de l’abolition des réformes Borne et Touraine (entrée en vigueur il y a plus de 10 ans), et de l’indexation des retraites, mais également pour la croissance potentielle de la France, en ne permettant pas d’augmenter la population active.
La question de savoir si la loi spéciale est en elle-même plus coûteuse pour les finances publiques et pour la croissance économique n’a en réalité aucun sens.
En outre, ladite loi se traduit en réalité par un accroissement des déficits masqués par une manoeuvre consistant à transférer des charges des régimes sociaux vers le budget de l’Etat : ainsi paradoxe ultime des adeptes du consensus à tout prix, qui annonçaient que le vote du PLFSS allait engendrer une dynamique pour faire adopter le projet de loi de finances, ledit vote aura en réalité contribué à rendre encore plus difficile l’adoption de ce dernier car il augmentait de près de 5 milliards l’ampleur de l’effort à accomplir pour réduire le déficit public.
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Enfin la question de savoir si la loi spéciale est en elle-même plus coûteuse pour les finances publiques et pour la croissance économique n’a en réalité aucun sens ; en effet à quoi compare-t-on la situation actuelle : par rapport au projet de loi de finances initiale, version Bayrou légèrement modifiée, qui n’avait aucune chance d’être adoptée et que le gouvernement n’a pas réellement cherché à défendre ? Par rapport au texte sur les seules recettes (première partie du PLF) soumis au vote en première lecture à l’Assemblée, qui a été rejeté à l’unanimité moins une voix ? Ou par rapport au texte complet voté par le Sénat ?
Mais, pendant ce temps-là, anticipant les risques d’un compromis final désastreux obtenu sous le prétexte de la « lassitude » et pour « solder » les débats, les taux d’intérêt montent et la crise financière se rapproche.
Patrick Careil est inspecteur général des finances (honoraire) et ancien directeur de la législation fiscale.
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ILS ONT DIT : « DEPUIS 2 ANS, LES DÉPENSES DE L’ÉTAT ONT BAISSÉ » – UN MONDE PARALLÈLE ?
MÀJ – LE LAMENTABLE ÉCHEC DU VOTE DU BUDGET EST UNE SUPERBE VICTOIRE POUR CEUX QUI VEULENT ÉVITER LES URNES LÉGISLATIVES OU PRÉSIDENTELLES
DE 120 À 180 MILLIARDS D’EFFORT ANNUEL REQUIS PAR LE TROU DE 1460 MILLIARDS CREUSÉ PAR MACRON – CONVERGENCE DES BONS PENSEURS ENTRE GAUCHE ET MACRONIE – DOSSIER
ILS ONT DIT : MOSCOVICI ( COUR DES COMPTES ) ET SES DUPLICITÉS SUR LES FINANCES PUBLIQUES