
ARTICLE – Un pédocriminel multirécidiviste, libéré 8 ans après sa condamnation, sera logé près de sa victime
Par Sandrine Prioul EUROPE 1 11/05/2026
À Rennes, la libération imminente d’un pédophile multirécidiviste provoque l’indignation de sa victime, Karine Jambu. L’homme va être libéré huit ans après sa condamnation à 30 ans de prison, en raison d’une confusion de peines. Une décision vécue comme une nouvelle épreuve par la victime et sa famille.
Une libération qui provoque la colère à Rennes. Une décision de justice suscite une vive émotion. Un pédophile multirécidiviste doit être libéré ce mardi 12 mai huit ans après sa condamnation à 30 ans de prison.
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Cette sortie anticipée est liée au mécanisme juridique de la confusion des peines, qui permet de fusionner plusieurs condamnations prononcées dans des procédures distinctes.
Une décision que Karine Jambu, victime de cet homme durant son enfance, juge aujourd’hui « insupportable ». Informée la semaine dernière, elle a appris que son violeur, qui l’a agressée entre ses 5 et 7 ans, était également autorisé à résider à Rennes, la ville où elle vit toujours.
Un homme déjà condamné avant les faits
Les faits de viols ont été commis par Roland B., un ami de la famille hébergé au domicile familial, où il dormait sur un canapé du salon.
Au moment des agressions, l’homme avait déjà été condamné à plusieurs reprises pour des faits similaires.
Lors de son procès en 2018, Roland B. comparaissait en état de récidive légale. Déjà condamné trois fois depuis 1997 pour des violences sexuelles comparables, il avait finalement écopé d’une peine de 30 ans de prison criminelle. Malgré cette condamnation, il doit donc désormais sortir après huit années de détention seulement.
« Cette libération, c’est moi qu’on met en prison »
Face au courrier de la juge annonçant cette remise en liberté, Karine Jambu s’est effondrée auprès de sa tante et mère adoptive, Laurence Brunet-Jambu, qui la soutient depuis des années.
« J’ai l’honneur de vous annoncer que votre violeur sort. C’est quoi la justice de mon pays ? », s’indigne cette dernière.
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Depuis de nombreuses années, Laurence Brunet-Jambu mène un combat judiciaire pour faire reconnaître les souffrances subies par Karine, présentée comme la 16e victime de cet homme. La jeune fille aurait subi trois années de viols dès l’âge de 5 ans, dans un contexte familial particulièrement dramatique.
Même l’État a été condamné à quatre reprises pour déni de justice dans cette affaire.
Une pétition pour faire évoluer la loi
Pour la famille, cette remise en liberté représente une nouvelle violence. « On nous avait promis qu’il ne sortirait pas comme ça, et que s’il revenait vivre ici, ce ne serait pas à trois kilomètres de chez elle », déplore Laurence Brunet-Jambu. « C’est une infamie de plus pour Karine. »
La tante de la victime s’inquiète également du risque de récidive. « À partir du moment où un prédateur prend du Viagra pour violer ses victimes, le risque de récidive est majeur. Toutes les petites filles de Rennes sont en danger. »
En cause selon elles, le principe de la confusion des peines. Dans une pétition, Karine Jambu et sa tante demandent désormais aux parlementaires de faire évoluer la loi afin d’éviter que de telles situations ne se reproduisent.
ARTICLE – Libéré … un pédocriminel revient vivre près de sa victime
Publié le 12/05/2026 FRANCE INFO
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Condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour viols, un homme va être libéré après application de la confusion des peines. Une décision qui bouleverse Karine Jambu, victime lorsqu’elle était enfant, contrainte de vivre avec la peur de le croiser à Rennes, près de son lieu de travail.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Une lettre de la juge vécue comme un coup de massue et des mots qu’on peine à croire. « Madame, j’ai l’honneur de vous informer que M. Blaudy Roland a purgé sa peine et sortira de détention le 12 mai 2026 », nous lit Karine Jambu. À l’époque, elle n’était qu’une enfant lorsque cet homme l’a violée. Condamné à 30 ans de réclusion criminelle, il devait sortir ce 12 mai.(Nouvelle fenêtre)
« Je me suis sentie affreusement seule. Je pense qu’une personne qui ne sait pas se reconstruire comme moi peut se suicider, clairement. On lit la lettre, on se fout en l’air », confie Karine. Soutenue par sa mère adoptive, la jeune femme doit en plus affronter une autre difficulté. Son violeur va vivre tout près de l’endroit où elle travaille. Elle raconte : « Il vient habiter à Rennes et, en fait, moi aujourd’hui, c’est moi qui vais être en prison, qui vais devoir réfléchir si je peux sortir ou pas par crainte de le voir. »
Une sortie de prison qui suscite l’incompréhension
Lorsque la justice le condamne en 2018 à 30 ans de prison, la peine est assortie de 20 années de sûreté. Karine Jambu pensait qu’il ne sortirait pas avant 2038, mais il bénéficie de ce que le droit appelle la confusion des peines. L’homme étant en prison depuis 2005 pour une autre affaire de viol, la justice estime qu’il a effectué ces 20 années de sûreté. Laurence Brunet-Jambu, la mère de Karine, milite pour un changement de cette loi : « La confusion des peines, ça ne doit pas être pour les crimes d’enfants. Ça ne doit pas être pour les crimes ou les violences conjugales. Ça ne doit pas être pour les gros criminels, en fait. Il faut que ça s’arrête, tout ça. »
Pour ce qui est du lieu de résidence à proximité de sa victime, la justice affirme qu’elle n’a pas eu le choix. Joël Jarrigue, procureur de la République de Caen, explique : « Nous avions besoin qu’il soit domicilié quelque part où nous allions pouvoir le suivre, nous allions pouvoir mettre en place des mesures de soins et mettre en place une surveillance électronique. La seule adresse que nous avons été en mesure d’obtenir était l’adresse de son frère, qui était à Rennes, à proximité du domicile d’une des victimes, malheureusement. »
Karine et Laurence ont écrit au ministre de la Justic