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LA PANDÉMIE, UNE AUBAINE POUR REFONDER NOTRE SYSTÈME ÉDUCATIF.

LA PANDEMIE, UNE OCCASION DE REVOIR NOTRE SYSTEME EDUCATIF

Nous l’avons suggéré récemment – parmi d’autres articles consacrés à l’éducation – la crise de pandémie constitue certainement une occasion – une aubaine – de revoir fondamentalement l’éducation en France.

Metahodos a l’ambition d’ouvrir le débat et la réflexion sur le COMMENT FAIRE VIVRE L’ESPACE PUBLIC plutôt que sur le QUOI FAIRE. Toutefois, très tôt une exception s’est construite dans nos échanges sur la definition quelques PRIOTITÉS D’ACTIONS incontournables, car celles – ci conditionnent le Comment, en constituent le socle. Il s’agit de l’équité des territoires ( accès des citoyens aux services essentiels ), de l’éducation, de la réduction des inégalités.

Une chance pour l’éducation ? Les schémas d’enseignement traditionnels volent en éclats avec la pandémie. https://metahodos.fr/2021/03/14/en-cours-la-pandemie-fait-voler-en-eclats-les-schemas-denseignement-traditionnels/

Les enseignants: solitude et manque de soutien. https://metahodos.fr/2021/01/14/les-enseignants-des-professionnels-en-manque-de-soutien/

Lire Philippe MEIRIEU: Ce que l’Ecole peut encore pour la démocratie  https://metahodos.fr/2020/09/27/lire-philippe-meirieu-ce-que-lecole-peut-encore-pour-la-democratie/

Débats sur l’école : « Attention au roman de la réforme scolaire de gauche »

Jérôme Martin, Professeur d’histoire-géographie en Seine-Saint-Denis, historien de l’éducation, chercheur associé au CRTD-CNAM, écrivait récemment dans Le Monde : « Les mythes, totems et simplifications historiques peuvent empêcher de réfléchir sereinement aux questions scolaires »,

Extraits:

Comme souvent dans les périodes préélectorales, tribunes, appels ou collectifs commencent à fleurir depuis quelques semaines pour appeler à une vraie politique de gauche. Le système scolaire n’échappe pas à ce marronnier, bien au contraire. Un texte récent publié par Libération le 29 janvier sous le titre « Jean Zay, reviens vite, ils sont devenus fous ! » en fournit un nouvel exemple. Car à côté du roman national que les historiens déconstruisent régulièrement, il en existe un autre, le roman de la réforme scolaire de gauche, avec aussi ses mythes, totems et simplifications historiques, qui peuvent empêcher de réfléchir sereinement aux questions scolaires d’aujourd’hui.

Le texte mobilise à plusieurs reprises le terme générique d’« école » (« Notre école va mal », « L’école devrait être une promesse d’égalité sociale et d’émancipation pour tous les enfants », « bâtir le projet d’une école démocratique, progressiste, laïque, républicaine »), qui charrie toutes sortes de représentations mythiques et, finalement, joue le rôle de mot écran.

Car l’école de Jean Zay n’existe plus. Les signataires, réunis au sein d’un collectif ayant pris le nom du ministre de l’éducation du Front populaire, savent bien qu’à l’époque, « l’école » était en fait constituée de trois ordres d’enseignement cloisonnés et hiérarchisés (primaire, secondaire, technique). Ils savent également que la mise en place du « collège unique » s’est faite malgré d’énormes oppositions.

Utiliser ce terme générique d’école conforte le mythe, fortement ancré dans notre société, de l’école primaire de la IIIe République. Plutôt que « d’école », mieux vaudrait parler de « système scolaire », qui souligne l’encastrement de filières de formation, diversifiées et hiérarchisées, dans une structure unifiée. Mais le roman scolaire repose également sur cette mythologie réformatrice de gauche.

Convoquer la figure de Jean Zay et le plan Langevin-Wallon [de 1944] revient certes à mettre en avant des marqueurs identitaires de gauche qui peuvent faire sens dans un petit milieu universitaire ou militant, mais nullement dans la société, et très peu parmi les enseignants en raison des transformations de leur identité professionnelle.

Anne BRUNET publie tres régulièrement dans metahodos,…

…Elle nous livre son analyse et les perspectives d’un tel changement dans une perspective néo libérale. Ses publications peuvent être retrouvées sur notre espace de débat et de confrontation d’idées, en particulier:

METÂHODOS – MILLE PUBLICATIONS. Les pistes et propositions.https://metahodos.fr/2021/02/23/metahodos-fete-ses-mille-publications-5/

Mensonge et ignorance: nouveaux standards d’un Univers parallèle? https://metahodos.fr/2020/11/27/un-univers-parallele-ou-mensonge-ignorance-deviennent-des-normes/

Comment restaurer une Fonction politique au service de la Démocratie et du Citoyen https://metahodos.fr/2020/11/20/comment-restaurer-une-fonction-politique-au-service-de-la-democratie-et-du-citoyen/

Roland GORI: Les imposteurs – COGITO ERGO SUM https://metahodos.fr/2020/11/17/roland-gori-la-fabrique-des-imposteurs-cogito-ergo-sum/

« TARTUFFE ou L’IMPOSTEUR » en République: spectacle et servitude https://metahodos.fr/2020/09/07/tartuffe-ou-limposteur-en-republique-la-societe-du-spectacle-a-son-apogee/

Les « armes » de la démocratie face au populisme https://metahodos.fr/2020/06/17/les-armes-de-la-democratie-face-au-populisme/

LA DÉMOCRATIE : UN IDÉAL POLITIQUE MALADE ! https://metahodos.fr/2020/06/09/la-democratie-un-ideal-politique-malade/

LA SAINT-VALENTIN SYMBOLE DE L’AMOUR – « RIEN DANS CE MONDE NE SE FAIT SANS AMOUR NI PASSION ». https://metahodos.fr/2021/02/14/13347/

ARTICLE D’ANNE BRUNET

COVID-19, UNE AUBAINE POUR LE DÉPLOIEMENT D’UN PROGRAMME NÉOLIBÉRAL DANS LE #SYSTÈME ÉDUCATIF ?  

« La démocratie, c’est l’égalité des droits, mais la République, c’est l’égalité des chances. »

De façon schématique, chaque période est dominée par un problème fondamental, qui subsume ou relativise les autres. Depuis fin 2019, le sujet brûlant est celui du Covid-19. 

À ce jour, ce virus venu de Chine a un impact considérable dans tous les domaines. Non seulement il fauche des vies, mais il s’attaque à l’économie, détruit des emplois, la vie sociale elle-même est mise entre parenthèses. L’acmé étant qu’il a entraîné une véritable déchéance de rationalité à tel point que la démocratie est en berne et notre système éducatif menacé.  Hasard du calendrier, ou alors ce virus est une aubaine pour le #gouvernement de déployer un projet néolibéral dans notre système éducatif ?

Rendre la raison populaire : telle est la devise de l’école républicaine 

À titre de rappel, en France, l’école est perçue comme consubstantielle de la République et participe de son mythe fondateur. 

Dans ses Réflexions sur l’éducation, rédigées entre 1776 et 1787, Emmanuel Kant affirmait : « L’homme est la seule créature qui doive être éduquée. » 

En d’autres mots, l’être humain n’est pas dirigé par l’instinct, comme c’est le cas des animaux.

Nous sommes libres et perfectibles, c’est donc par la culture que nous devons conquérir ce dont la nature ne nous a pas dotés. En langage simple, l’éducation a pour but de conduire chaque individu à sa propre humanité. Ce qui signifie que sans éducation l’être humain reste inachevé: voilà le rôle capital que joue l’éducation dans toutes les sociétés. Déjà, dès la Révolution française de 1789, Danton déclarait : « Après le pain, l’éducation est le premier besoin du peuple. » 

C’est pour cela qu’il a proposé à l’État de se faire l’organisateur d’une éducation commune, ce qui sous-entend nationale. Ainsi, tout au long de l’histoire de la France, les gouvernants se sont préoccupés de l’éducation et la République s’est organisée pour la prendre en main, d’autant plus que l’éducation est un investissement d’avenir. 

En France, l’école a accompagné à la fois la formation de la Nation et la mise en place de la République. Cette passion française est synonyme de progrès et de liberté, l’école républicaine instituée dans les années 1880 – avec sa devise : « Rendre la raison populaire » – illustre parfaitement cette jonction. Dans ce dessein, les lois Jules Ferry de 1881-1882 y jouent un rôle central, en incarnant l’école républicaine gratuite, obligatoire et laïque.  Au sens étymologique, le mot éducation vient du latin e-ducere, et signifie au sens littéral « conduire au-dehors ». 

L’éducation est donc un moyen d’apprentissage qui permet aux enfants ainsi qu’aux jeunes gens de sortir du giron familial pour avancer à la fois dans leur vie personnelle et dans la société, en relative autonomie. L’instruction, les connaissances élémentaires et le sens des relations et des codes sociaux sont donc les éléments nécessaires. 

Force est de constater que l’école républicaine, longtemps fidèle à l’idéal progressiste des Lumières qui l’a inspirée, est aujourd’hui confrontée à un défi supplémentaire sans précédent : la Covid-19. 

Gardons à l’esprit que l’école républicaine visait avant tout à concrétiser l’idéal d’émancipation individuelle portée par les Lumières. Or, aujourd’hui, l’enseignement traditionnel subit une dénaturation puisqu’il est susceptible d’être totalement remplacé sournoisement par les cours en ligne après l’actuelle crise sanitaire, au moyen d’une méthode douce : la technique du nudge!

L’école républicaine en danger 

Il suffit de rappeler qu’au début de la IIIe République, l’école avait deux objectifs : élever le niveau de formation des élèves pour leur futur emploi dans une économie en mutation et former des citoyens éclairés. 

Avant la crise sanitaire que nous subissons, notre système éducatif se caractérisait déjà par un déterminisme social important, aboutissant à une perte de chances pour les élèves puisqu’il trie et hiérarchise. Depuis 2020, l’éducation en ligne est privilégiée à l’enseignement traditionnel. 

Il est vrai, le doute annihile la volonté ! Néanmoins le doute est le sel de l’esprit, qui permet à chaque être rationnel de s’interroger sur le pourquoi des choses. 

Permettez-moi d’ajouter que ce qui caractérise le @philosophe est qu’il n’admet rien sans preuve et qu’il pose exactement les limites du certain, du probable et du douteux. C’est pourquoi il est souhaitable pour nous, citoyennes et citoyens, de faire de notre mieux pour cultiver la même attitude. 

Comment ne pas croire que cette épidémie n’est pas un moyen pour le #gouvernement de faire se déployer sa vision avec l’encouragement des cours à distance ? Le modèle d’enseignement qui est en train de se développer dans notre belle France est inquiétant, car il augmente les inégalités. Il en va de notre système éducatif – et j’en suis effarée !

Cette pandémie, pardon !, cette épidémie est une aubaine pour nos gouvernants en vue d’étendre un projet néolibéral dans le système éducatif et accélérer ainsi la transition numérique dans tous les domaines. 

Le plus inquiétant étant que l’accélération de la transition numérique se fait sournoisement par la théorie du nudge ou « coup de coude » développée par Richard Thaler, prix Nobel d’économie en 2017. 

La théorie du nudge, ou théorie du paternalisme libéral, est un concept des sciences du comportement, de la théorie politique et de l’économie, issu des pratiques du design industriel et qui fait valoir que des suggestions indirectes peuvent, sans forcer, influencer les motivations, les incitations et la prise de décision, etc. 

Toutefois, cette définition ne permet pas d’affirmer avec certitude que ladite théorie soit synonyme de néolibéralisme ! Lorsqu’elle a fait une entrée fracassante dans le champ économique en 2008, elle avait pour objectif de permettre aux individus d’adopter un comportement rationnel. La théorie du nudge part du principe que l’Homo œconomicus ne prend pas toujours de bonnes décisions dans son propre intérêt. Cette théorie modifie donc son « architecture de choix » afin de l’inciter à prendre la bonne décision. Elle est donc censée améliorer la santé, bref les conditions de vie. 

Ces techniques doivent nécessairement s’envisager en accompagnement ou en soutien de politiques publiques plus ambitieuses, bénéfiques pour tout le peuple. 

C’est ainsi que dès 2010 @David Cameron a doté l’Administration britannique d’une Nudge Unit. En 2013, @Barack Obama a suivi le même exemple en dotant son administration d’une Nudge Unit

Dans le même esprit, c’est aussi en 2013 que la France a commencé à pratiquer les méthodes du nudge, plus précisément lorsque le Secrétariat général à la modernisation de l’action publique (SGMAP) s’est intéressé à l’économie comportementale et au nudge, en partant du constat qu’il fallait intégrer les comportements réels des usagers pour construire des politiques publiques plus efficientes. 

Il y a tout lieu de croire que ces structures proposent aux gouvernements d’utiliser les enseignements de l’économie comportementale pour améliorer l’action publique, puisque ces techniques ont l’avantage de coûter peu cher et d’avoir un effet maximal. 

En revanche, c’est l’usage que les pouvoirs publics en font qui permet d’affirmer sans craindre d’extrapoler que cette théorie est synonyme du néolibéralisme. 

Auparavant, c’est la religion qui était qualifiée d’opium du peuple, mais de nos jours le nudge semble être le nouvel opium du peuple, puisque nos dirigeants en ont fait un instrument de manipulation et de fabrique du consentement qui annihile le libre-arbitre. 

@Jean-Michel Blanquer et @Frédérique Vidal devraient pourtant se rappeler que la Paidea, c’est-à-dire l’éducation, est non seulement un acte républicain, mais aussi un acte collectif qui permet de construire un savoir commun. Ils semblent oublier que tous les étudiants ne sont pas bien équipés en informatique, ce qui constitue une rupture du principe d’égalité alors que « La démocratie, c’est l’égalité des droits, mais la République, c’est l’égalité des chances », comme aimait dire le président @ Jacques Chirac. 

De plus, cette panacée qui consiste à encourager les enseignants à faire cours en ligne engendre d’une part un conflit dans le modèle éducatif avec un lexique inapproprié : présentiel et distanciel. 

D’autre part, elle entraîne une dissension entre ceux qui comprennent les enjeux d’une telle décision et ceux qui n’ont aucune distance critique face à ces notions. En effet, ceux qui ne comprennent pas ces enjeux se réjouissent peut-être de ne pas être obligés de se déplacer pour aller en cours !… 

Or, aller en cours ne doit pas être optionnel dans la mesure où l’interaction entre les enseignants, les élèves ou les étudiants est nécessaire à la transmission du savoir. 

Comment une partie de l’opinion publique peut-elle rester aveugle face à ces techniques manipulatoires du #gouvernement, alors qu’elles constituent une véritable fabrique du consentement ? 

C’est affligeant de voir que même les @journalistes utilisent sans discernement un lexique inapproprié en répétant comme des perroquets les mots qu’ils entendent les politiques prononcer… Où est leur bon sens ? 

Par leur vision d’un demos irrationnel, nos gouvernants mettent en danger notre système éducatif et bafouent l’héritage des Lumières. 

Plus cette crise perdure, plus nous régressons en basculant à nouveau dans un véritable obscurantisme, alors que les philosophes des Lumières nous en avaient libérés. 

Afin d’y remédier, une prise de conscience collective est requise. L’heure est venue pour le peuple de faire honneur à l’héritage des Lumières en faisant appel à sa raison. Soyons curieux, soyons avides de connaissances comme Gargantua, le héros du roman de François Rabelais !

Sapere aude 

« La parole est au peuple. La parole du peuple, c’est la parole du souverain », écrivait @Charles De Gaulle. 

Il faut d’abord se rappeler qu’aucun homme n’a reçu de la Nature le droit de commander aux autres. En effet, l’État est une fiction juridique qui n’appartient pas à celui qui est à sa tête.  En outre, la liberté d’expression est un cadeau de la Nature, dès lors chaque individu a le droit d’en jouir. Or, tous les dispositifs actuels de colonisation des mœurs, stimulée par la virulence du Covid-19 empêchent de réfléchir par soi-même. C’est inadmissible de voir que les personnes qui essaient d’émettre une critique envers le #gouvernement sont regardées de travers !

En effet, nous vivons dans une société où l’on se fie plus à l’apparence et à la réputation qu’à l’intégrité, où l’audience est préférée au mérite, où la servilité permanente se retrouve même dans le service public de l’information !

Nous ne devons pas laisser la crise sanitaire altérer notre raisonnement et nous empêcher de faire une critique constructive. L’inquiétude ne doit pas nous transformer en sujets de l’État. Nous sommes et demeurons les citoyens de l’État. En œuvrant ensemble comme l’ont fait les philosophes des Lumières au XVIIIe siècle, nous parviendrons à faire germer une graine qui éclairera les gens et qui refondra une société plus juste. 

Emmanuel @Kant définissait le mot minorité comme « l’incapacité de se servir de son entendement sans être dirigé par un autre ». D’après ses explications, cette incapacité serait due à notre propre faute quand elle résulte non pas d’un manque d’entendement, mais d’un manque de résolution et de courage pour s’en servir sans être dirigé par un autre. 

Ayons donc le courage de nous servir de notre propre entendement, comme nous y incite cette devise des Lumières : Sapere aude ! 

Comme l’a noté @Montesquieu dans De l’esprit des lois, 1748 : « Tout pouvoir va jusqu’à ce qu’il trouve une limite. »

Mes chers concitoyens, femmes et hommes, changeons de paradigme et défendons l’usage de l’intelligence et de l’esprit critique pour faire triompher les libertés. Empêchons la régression de notre société. 

Certes, les Lumières n’imaginaient pas des droits pour les femmes, encore moins pour les domestiques, mais aujourd’hui chaque voix compte ! 

D’après Lavoisier, fondateur de la chimie moderne, la réussite découle de l’expérience, de l’observation et du raisonnement personnel. 

Il est indéniable que la liberté commence où l’ignorance finit. Remettons en cause la démocratie telle qu’elle est aujourd’hui pratiquée dans notre pays, unissons nos forces afin que l’école républicaine ne soit pas dénaturée. Le plus grand triomphe de la démocratie réside dans le débat, et non dans le verrouillage de la parole et la domestication des masses. Nous sommes des êtres rationnels et non des moutons. Une vision qui ne s’accompagne pas d’actions n’est qu’un rêve.

Une action qui ne découle pas d’une vision, c’est du temps perdu alors qu’une vision suivie d’action peut changer le monde. Les libertés d’opinion et d’expression sont consubstantielles à l’existence même d’une société démocratique. 

Ces libertés sont non seulement consacrées par les articles 10 et 11 de la DDHC de 1789, mais elles sont aussi définies par la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Explicitement, ces libertés donnent le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions. 

En tant que peuple éclairé, redonnons le pouvoir à la parole, car la démocratie est synonyme de débats. J’entends par là un débat respectueux, bref un respect mutuel tel que le concevait le président Jacques Chirac lorsqu’il affirmait : « J’ai toujours respecté les hommes qui se battent pour d’autres idées que les miennes. » 

« La politique en démocratie, c’est par nature le lieu de la confrontation, de l’arbitrage et du compromis entre des intérêts contradictoires, des revendications multiples et des priorités diverses.» 

Il est vrai qu’en ce moment les cafés et les lieux culturels sont fermés, néanmoins de nombreux articles qui sont publiés au quotidien permettent le débat et la discussion sur des sujets d’intérêt commun. 

Je suis consciente du fait que le contexte actuel a un impact négatif sur le moral, sur les emplois, etc. Néanmoins, c’est incompréhensible de ne pas voir un engouement sur ces sujets de réflexion alors qu’il en va de nos libertés, de notre démocratie, de l’avenir de notre pays ?  Certains de nos compatriotes, par lâcheté, semblent déjà s’habituer à vivre dans ce système de fabrique du consentement – alors qu’une protestation bien argumentée pourrait faire changer le cours des choses !

« L’État de droit, dans ses principes et dans ses organes, a été conçu pour que ni les désirs du gouvernement ni les craintes des peuples n’emportent sur leur passage les fondements de l’ordre politique, et d’abord la liberté. » 

L’esprit critique n’est pas synonyme de complot. Personnellement, je n’ai aucune ambition politique et je n’adhère à aucun parti politique, car la liberté d’expression est quelque chose à laquelle je tiens fermement. A contrario, je suis une électrice rationnelle. Pour faire simple, je vote pour des idées. 

J’adhère totalement à cette pensée d’Alain : « Le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vouloir du tout gouverner les autres, et de se gouverner seulement lui-même. Cela décide tout. Les pires gouverneront. » 

Pour éviter la captation du pouvoir, un minimum de connaissances générales est indispensable. 

Ce qui revient à dire que seules les connaissances les plus étendues possible permettront au peuple de se déterminer librement lors d’une élection, c’est-à-dire de choisir ses gouvernants et ses représentants non par affinité partisane, mais en fonction de l’offre politique qui se rapproche de la justice sociale. 

Stricto sensu, un peuple éclairé confie ses intérêts à des hommes et femmes humbles et d’une grande probité. Mais un peuple ignorant devient nécessairement la dupe des fourbes qui, soit qu’ils le flattent, soit qu’ils l’oppriment, le rendent l’instrument de leurs projets et la victime de leurs intérêts personnels. 

Comme l’a affirmé @Michel Urvoy : « Une élection n’est pas la création d’un fan-club. »  En effet, un projet politique digne de ce nom est celui qui prend en compte la globalité et les demandes contradictoires qu’elle revêt. Une élection est donc la construction de projets, différents mais cohérents, capables de dépasser les demandes contradictoires de la société. Ce qui sous-entend qu’un chef d’État digne de ce nom est le président de tout le peuple, et non seulement celui d’un quart du peuple en accord avec ses idées.

Il est vrai, les enquêtes « PISA » menées par l’OCDE marquent la baisse régulière du niveau des élèves en France ! Néanmoins, notre système éducatif demeure le plus sollicité au monde, puisqu’il attire chaque année de nombreux étudiants. 

Les technocrates de Bercy, du ministère de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur, attachés avant tout à la discipline budgétaire pour faire des économies sur le social, sont sournoisement en train de déployer leur projet néolibéral dans notre système d’éducation alors que l’éducation est un investissement d’avenir. 

doit rester conservatrice comme au temps de Jules Ferry et même encore, la plus grande cause nationale. Le renforcement des apprentissages fondamentaux doit rester une priorité. La tâche essentielle de l’école est d’instruire et de transmettre les connaissances. Cette transmission des connaissances ne peut mieux se faire que s’il y a interaction entre les enseignants et les élèves, et non par écran interposé. 

La France d’aujourd’hui doit se mobiliser pour dénoncer l’obscurantisme et maintenir son prestige intellectuel en redonnant ses lettres de noblesse à l’éducation, mais aussi, à terme, des conditions d’avènement d’une véritable démocratie ; il y va de l’avenir du pays. 

L’individualisme démocratique dans le domaine de l’enseignement existait déjà avant la crise sanitaire, mais il est susceptible d’être accentué au point de ruiner la transmission du savoir, de limiter l’émancipation intellectuelle des élèves et des étudiants, et plus grave encore, d’abolir l’héritage des Lumières. 

C’est affligeant de constater que dans notre pays, l’éducation est très souvent cantonnée à une image de service public consommateur de moyens, fortement centralisée, toujours en demande et jamais en mesure de trouver le bon rythme de fonctionnement. 

Les politiques devraient se rappeler que l’éducation est un outil de cohésion nationale. C’est pourquoi les réformes relatives au système éducatif doivent avoir pour souci principal de donner aux élèves et aux étudiants les outils adéquats pour leur permettre de s’en sortir sans trop de difficultés dans le monde tel qu’il est construit aujourd’hui et les aider à en décrypter les codes. 

À la lumière de ce qui précède, l’instruction ne doit pas abandonner les individus au moment où ils sortent des écoles, mais instaurer une égalité des chances. Même si c’est une égalité de fait, seule l’éducation rend possible la promotion sociale. Dans ce contexte, les pouvoirs publics et le corps social doivent encourager l’école à se recentrer sur sa mission première, et non chercher à dénaturer cette institution par le nouvel opium du peuple qu’est le nudge. 

J’espère que cette réflexion exhortera les gouvernants, les perroquets de l’oligarchie, les antidémocrates, le peuple enfin à prendre conscience que la démocratie n’est pas une juxtaposition de positions arrêtées. 

Le modèle d’éducation en ligne que le gouvernement essaie de mettre sournoisement en place en douce par l’intermédiaire de l’économie comportementale risque un jour de se retourner contre la démocratie elle-même…

Alain dans ses Propos soulignait : « Le seul droit de l’élite, c’est d’instruire. » 

Anne BRUNET

2 réponses »

  1. « L’histoire entière atteste avec combien peu de succès les institutions, en apparence les mieux combinées, ont protégé [la liberté] des peuples que leurs lumières ne défendaient pas contre l’hypocrisie des tyrans, qui savent prendre le masque de la popularité, ou celui de la justice. Dire que le peuple en sait assez, s’il sait vouloir être libre, c’est avouer qu’on veut le tromper pour s’en rendre maître ; c’est le dégrader sous la vaine apparence d’un perfide. » écrivait @Condorcet dans son Mémoire sur la nécessité de l’instruction publique (1791-1792).

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