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L’exécutif corseté : Bras de fer avec le pouvoir judiciaire

Article

Le virage d’Emmanuel Macron face au pouvoir judiciaire

Le président de la République reproche aux magistrats de « judiciariser » la vie politique. Un changement de pied de la part du chef de l’Etat, qui défendait la « transparence » face à la justice comme candidat à la présidentielle en 2017.

Par Olivier Faye, 20 octobre 2021 Le Figaro

Extrait

Faut-il y voir le résultat de l’épreuve du pouvoir, d’un virage doctrinal, ou plus simplement d’un changement de contexte politique ? Au cours de la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron se présentait aux Français comme le candidat de la « probité » et de la « transparence ».

Pendant que son concurrent de droite, François Fillon, mis en examen pour l’emploi fictif de son épouse, s’estimait victime d’un « assassinat politique » – voire d’un « complot » –, à en croire son entourage, l’ancien ministre de l’économie s’inscrivait en faux contre ce défi lancé à l’institution judiciaire. Une telle attitude, estimait-il, nourrit « la lèpre démocratique » et la « défiance » des citoyens envers les responsables publics. « Ne parlons pas les uns et les autres de complot, donnons la transparence », répliquait M. Macron lors d’un meeting à Lyon, le 4 février 2017.

Un quinquennat plus tard, celui qui est devenu chef de l’Etat a pourtant engagé à son tour un bras de fer avec les magistrats. Ces derniers, selon certains macronistes, seraient en effet coupables de « judiciariser » la vie politique en ouvrant des procédures contre des ministres, ou en passant au crible l’action de l’exécutif.

« Cette judiciarisation existe, tout le monde en parle », a ainsi assuré le garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, mardi 19 octobre sur France Inter. L’ex-avocat est lui-même mis en examen depuis le mois de juillet pour « prise illégale d’intérêts ». En cause : son choix d’ouvrir, en 2020, une enquête administrative contre trois magistrats dans une affaire qui concernait ses anciennes activités.

Le ministre se campe depuis en victime d’une « guerre » et d’un « règlement de comptes syndical ». Une rhétorique qui n’est pas sans rappeler celle du camp filloniste, ou des proches de Nicolas Sarkozy en d’autres circonstances.

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