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Les Présidents et la Justice. Sarkozy, Macron… suite.

Actualité d’un ancien président. Inviolabilité et immunité : irresponsabilité ? https://metahodos.fr/2021/10/26/inviolabilite-et-immunite-du-president-de-la-republique-faire-le-point/

C’était notre publication du 26 octobre 2021.

VOIR EGALEMENT SUR METAHODOS :

:POINT DE VUE – « États généraux de la justice : le problème est le président » #ET# Les reformes institutionnelles. https://metahodos.fr/2021/10/24/point-de-vue-etats-generaux-de-la-justice-le-probleme-est-le-president/

Un bouclier pour l’exécutif. Le prérequis des états généraux de la justice ? https://metahodos.fr/2021/10/20/le-president-livre-ses-attentes-de-la-reforme-de-la-justice-preserver-les-responsables-politiques/

Justice / exécutif : il s’agit bien d’une crise institutionnelle grave. https://metahodos.fr/2021/10/13/justice-executif-il-sagit-bien-dune-crise-institutionnelle-grave/

Dossier Buzyn(2). Comprendre sa mise en examen par la Cour de justice de la République. https://metahodos.fr/2021/09/27/burin/

Le Conseil d’Etat alerte sur les risques de l’état d’urgence, mais veut limiter la responsabilité pénale des politiques. https://metahodos.fr/2021/10/07/conseil-detat-encadrer-les-etats-durgence-et-limiter-le-la-responsabilite-penale-des-politiques/

Quand le Conseil d’Etat critique la Cour de Justice de la République. https://metahodos.fr/2021/10/05/conseil-detat-cour-de-justice-de-la-republique/

Voici un article de Laureline DUPONT. « Que peut le pouvoir contre la justice ? Normalement, rien. Et si l’ancien président finissait quand même par penser qu’il n’est vraiment pas aidé… » interroge cet article.

Article

Nicolas Sarkozy agacé par les juges… et par Emmanuel Macron

Par Laureline Dupont  Publié le 29/10/2021, L’Express

Ça en dit beaucoup, une mâchoire. Celle de Nicolas Sarkozy, serrée dans la tribune du Parc des Princes, serrée au-dessus de la petite table rouge d’une librairie de Lyon, trahit un léger agacement. De mémoire de président, on n’a jamais vu une telle opiniâtreté judiciaire. Depuis que le tribunal a ordonné qu’il soit « amené devant lui par la force publique » en qualité de témoin dans l’affaire des sondages de l’Elysée, vingt jours après que le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné à un an de prison ferme pour le financement illégal de sa campagne 2012 (jugement duquel il a fait appel), Nicolas Sarkozy – qui a confirmé sa présence à la barre mardi prochain – se rappelle que, de son temps, on agissait autrement. 

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Dans son esprit bourdonne le nom de Jacques Chirac, condamné en décembre 2011 à deux ans de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. Bien sûr, Sarkozy président n’a pu éviter à l’ancien chef de l’Etat ce verdict, mais tout de même… Il a eu l’élégance de « ne pas lui mettre la tête sous l’eau » – devant ses interlocuteurs, il mime l’image avec la main. Mieux, il a obligé l’UMP de 2010 à régler une bonne partie de la facture de 2,2 millions d’euros présentée à Chirac par Bertrand Delanoë, maire de Paris, et ce, malgré les grincements de dents des anti-chiraquiens. A droite, on sait remercier : « On a hérité de Bernadette reconnaissante et de son sac à main au premier rang des meetings en 2012. » Souvenir ému d’un sarkozyste fidèle. Carla, elle, n’aura pas à se donner cette peine en 2022, il semblerait que personne à l’Elysée ne se soucie du sort de son mari. Emmanuel Macron a pourtant pris la peine de joindre son prédécesseur le 30 septembre au soir, jour de la condamnation, mais le geste a paru un peu léger. Dans la foulée, c’est le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand qui a téléphoné. Entre Nicolas Sarkozy et lui, l’entente est chaleureuse.

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Les deux hommes partagent une aversion pour l’association anti-corruption Anticor à l’origine de leurs tourments respectifs. C’est elle qui, en 2010, dépose une première plainte pour favoritisme et détournement de fonds publics après que la Cour des comptes s’est étonnée « des sommes exorbitantes dépensées » par l’Elysée pour des études d’opinion. C’est Anticor encore qui, en avril dernier, se pourvoit en cassation après la victoire judiciaire de Richard Ferrand dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne. Et c’est Anticor, toujours, qui vient d’obtenir la convocation devant le tribunal de l’ancien président. « Restons calmes », a réagi Nicolas Sarkozy. Mais ne manquons pas de perspicacité, a-t-il sans doute songé.  

Il ne lui a pas échappé que le 2 avril 2021, après quelques mois de tergiversations, Jean Castex a fini par renouveler l’agrément de l’association, l’autorisant ainsi à agir en justice. « A judiciariser la vie politique », rectifient ses détracteurs. Ils ont été quelques-uns à s’activer en coulisses et dans la presse pour tenter de convaincre Emmanuel Macron d’en finir avec « ce mélange des genres », en vain. « Matignon a oublié d’être courageux », peste un parlementaire LREM. Ainsi grandit le ressentiment de Nicolas Sarkozy. Lui, n’aurait jamais accordé ces largesses à cette « officine de gauche », comme l’appelait son ex-conseiller Patrick Buisson. Mais « le gouvernement ne pouvait pas plomber Anticor, ça aurait été l’hallali », assure l’un de ses vieux amis. Le même ajoute : « Sarko croit toujours que le pouvoir peut faire quelque chose contre la justice, il se trompe. »  

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Beaucoup de mots, peu d’actes, voilà, au fond, ce que pense Nicolas Sarkozy. Emmanuel Macron peut bien profiter d’un discours pour s’insurger contre l’époque et la justice qui convoque « des ministres, fonctionnaires, élus » dans le cadre d’une procédure « pour une crise qui est encore en cours », il a beau regretter que « nous soyons loin de l’apaisement et de l’équilibre », qu’a-t-il fait pour changer cela ? Même sa promesse faite à Versailles de supprimer la Cour de justice de la République afin « que les ministres eux-mêmes deviennent comptables des actes accomplis dans leurs fonctions ordinaires » n’a pas été tenue. L’occasion pour Sarkozy de ressasser : « Soit Macron est faible, soit il est très faible. »

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