Aller au contenu principal

LES EFFETS CONTESTABLES DES SONDAGES DANS LA DRAMATISATION PAR LES MEDIAS D’UNE COURSE DE PETITS CHEVAUX

Fichier:Sondages présidentielle 2017.png — Wikipédia

Comment on hystérise le débat

Les critiques se multiplient sur les méthodes des «instituts» de sondage. «Le Monde», a publié une enquête sévère sur le sujet. Dans l’audiovisuel public, les lignes bougent, même si la télé et la radio n’ont pas toujours les mêmes positions.

Titre le journal LE 1 qui poursuit :

« En 2016, Alain Juppé a été proclamé président de la République durant quelques semaines. Désigné par les instituts de sondage, les médias et la vox populi. On connaît la suite… Ces derniers mois, la lumière tombe sur un journaliste politique, Éric Zemmour, tenté par l’aventure élyséenne.

L’euphorie gagne son entourage, des sondages le situent à un très bon niveau d’adhésion populaire alors qu’il n’est toujours pas candidat, les médias lui offrent leur une, les réseaux sociaux vibrionnent, chacun se positionne par rapport à son discours

… La démocratie française en est là, prise d’excitation, d’une effervescence brouillonne, de bouffées d’hystérie. «

CE QUI S’EST PASSE EN 2017

Intentions de votes des quatre candidats les plus crédités dans les sondages. Intervalles de confiance à 95 % (fonction de l’intention du taux d’intention de vote et de la taille de l’échantillon) des sondages français sur l’élection présidentielle de 2017. SOURCE WIKIPEDIA

Fichier:Sondages présidentielle 2017.png

LIRE SUR METAHODOS :

VOTE A 16 ANS. LES SONDAGES S’IMISCENT DANS UN ENJEU DEMOCRATIQUE. https://metahodos.fr/2021/11/09/vote-a-16-ans/

LE POIDS DES SONDAGES DANS UNE DEMOCRATIE FRAGILE. Débat. https://metahodos.fr/2021/11/04/sondages-dans-une-democratie-fragile/

Procès des sondages Suite. Le refus de dire une vérité et une responsabilité. https://metahodos.fr/2021/11/02/proces-des-sondages-suite/

« PEUT-ON ENCORE CROIRE AUX SONDAGES ? » AVEC FRÉDÉRIC DABI ET BRUNO CAUTRES. https://metahodos.fr/2021/06/24/peut-on-encore-croire-aux-sondages/

Article

Après «Ouest-France», d’autres médias ont-ils renoncé à participer à «la grande manip» des sondages ?

par Marie Thimonnier et Vincent Coque publié le 10 novembre 2021 Libération

«Ouest-France ne participera pas à la grande manip, ne réalisera aucun sondage politique avant la présidentielle et évitera de perdre du temps à commenter ceux des autres», annonçait sur Twitter le rédacteur en chef de Ouest-France, François-Xavier Lefranc, le 23 octobre. Dans les colonnes du quotidien régional, il signait un éditorial sur le sujet pour expliquer la démarche de la rédaction. Ouest-France veut s’éloigner des sondages qui «détournent [les débats] de l’essentiel». Le suivi de l’élection présidentielle sera consacré «au reportage, à l’enquête, au plus près de celles et ceux qui ont des choses à dire». Cette décision a fait réagir dans les rédactions françaises. Perçue comme courageuse par certains, jugée simpliste ou moralisatrice par d’autres.

Elle a été suivie, quelques semaines après, par la publication remarquée dans le Monde d’une longue enquête de Luc Bronner, ex-directeur de la rédaction du quotidien, sur la fabrique des sondages. L’auteur y décortique l’opacité des études d’opinion réalisées à bas coût en ligne, après avoir participé à un grand nombre d’études, en se créant des alias. Le verdict est tranchant : «Recours à des panels de consommateurs, recrutés sur Internet, sans véritable contrôle ni régulation, en échange d’une rémunération modique, pour donner leurs opinions sur tous les sujets imaginables», raconte-t-il.

Des individus peuvent s’inscrire sur chacune de ces bases en donnant simplement un e-mail, une adresse (non vérifiée) et des indications (pas vérifiées elles non plus) sur leur vie, leurs goûts, leurs revenus. Ils peuvent répondre honnêtement. […] Mais ils peuvent aussi cliquer rapidement, inventer leurs réponses et remplir les questionnaires en espérant gagner davantage de points, qu’ils convertissent ensuite en bons d’achat sur des sites commerciaux.»

Sans aucune forme de vérification de la part des sondeurs, le journaliste du Monde a ainsi pu donner son avis «sur une comédie française qui devrait s’appeler Medellin» mais aussi sur «le casting de la future série Amazon The Peripheral» ou encore et surtout sur «Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Michel Barnier, Xavier Bertrand, le congrès des Républicains, Eric Zemmour, Emmanuel Macron et l’élection présidentielle». Selon le journal du soir, sur les 69 sondages déjà réalisés à l’approche de 2022, tous ont ainsi été réalisés avec cette méthode en ligne.

Une enquête largement reprise et saluée sur les réseaux sociaux, y compris par des journalistes du Monde, du Parisien ou de Libération par exemple. Ou par des politiques, comme l’insoumise Manon Aubry ou le socialiste Jérôme Guedj, qui a demandé au quotidien du soir de «ne plus publier un seul sondage» pour se mettre «en cohérence» avec son enquête.

Dans ce climat de défiance, vous nous avez interrogés sur la question de savoir si «d’autres médias vont emboîter le pas à Ouest-France» et prendre leur distance avec les enquêtes d’opinion. CheckNewsa fait le tour des rédactions pour les interroger sur leur politique d’utilisation des sondages à six mois de l’élection présidentielle.

«Ouest-France» ouvre le débat

«Nous n’avions pas commandé de sondages en 2017 mais nous avions commenté ceux d’autres médias», explique François-Xavier Lefranc, qui a donc pris pour l’élection présidentielle 2021 le parti de ne plus commenter de sondages d’intentions de vote, pour mobiliser le travail de ses journalistes sur «le terrain, le reportage au plus près des citoyens sans être prisonnier des sondages». Le rédacteur en chef du quotidien le plus lu en France, explique son choix par le fait que les sondages «donnent seulement une photographie à un instant précis», sans tenir compte des «marges d’erreurs».

«Je n’ai rien contre les sondages, mais je critique leur utilisation à grande échelle qui les présente comme une seule vérité», précise François-Xavier Lefranc auprès de CheckNews. Entre les élections présidentielles de 2002 et de 2017, leur nombre a presque triplé. C’est ce que révèle la Commission des sondages dans un rapport publié après les élections présidentielle et législative de 2017. La présidentielle de 2017 avait donné lieu à 560 sondages, contre 193 en 2002.

Pour le rédacteur en chef de Ouest-France, les sondages «participent à la fabrique de l’opinion au détriment d’un vrai débat». Les retours que le journal reçoit depuis son annonce mettent en évidence un «irritant majeur» de la part des lecteurs mais aussi d’autres rédactions, notamment chez certains voisins européens.

Que va faire «le Monde» après la publication de son enquête ?

Quid du Monde, qui a donc publié une enquête sévère sur les sondages en ligne ? Va-t-il en tirer les conséquences dans ses propres pratiques ? Quelques jours avant la publication de l’article de Luc Bronner, le journal publiait en tout cas un sondage d’intention de vote réalisé grâce à ces études auto-administrées sur internet. Une étude commandée par le quotidien à Ipsos-Sopra Steria, en partenariat avec le Cevipof et la Fondation Jean-Jaurès.

L’enquête du Monde sur les sondages relevait pourtant que cet institut relançait régulièrement les personnes inscrites dans leurs bases pour les inciter à répondre : «“Ne passez pas à côté de l’occasion d’exprimer votre opinion ! Vous pourrez tenter de remporter l’un des dix prix de 10 000 points chacun mis en jeu”, m’informe Ipsos dans l’un des six ou sept mails de relance reçus certains jours pour participer à autant d’études différentes. J’ai ainsi pu compléter jusqu’à quatre questionnaires en vingt-quatre heures chez Ipsos», racontait ainsi Luc Bronner. De nombreux journalistes du Monde, y compris des membres de la direction, ont relayé l’enquête, relevant par exemple la «grande fragilité» de ce système de sondages.

Interrogée par CheckNews sur une éventuelle évolution de sa position, la direction du journal n’a pas souhaité répondre, expliquant qu’elle préparait un article sur le sujet des sondages, et réserverait donc la primeur de ses réflexions (et éventuelles décisions) à ses lecteurs.

A noter que jusqu’alors, le Monde faisait partie des rares médias à indiquer clairement et directement sur les graphiques les marges d’erreur de ses sondages (dont l’existence doit être mentionnée en vertu de la loi du 29 mars 2021).

Dès l’origine, Médiapart a dit non

Sans attendre les dernières polémiques,Mediapart avait fait le choix, dès sa création, de ne pas commander ni commenter de sondage politique. Le directeur éditorial adjoint, Stéphane Alliès, reconnaît qu’il est cependant difficile pour un journaliste de ne pas y prêter attention. «On ne peut pas interdire à nos journalistes de regarder les sondages, d’ailleurs ils peuvent difficilement passer à côté tant ils sont partout, avance-t-il. Il ne s’agit pas de les nier, mais il ne faut pas qu’ils nous fassent ignorer les réalités du terrain. On aurait sûrement eu une tout autre position si nous avions créé notre média dans les années 80 mais là nous étions à un tournant des sondages entre 2005 et 2010», étaye le journaliste de Mediapart, pour qui l’inflation du nombre de sondages «enlève leur crédibilité».

Stéphane Alliès pointe également du doigt les travers identifiés dans l’enquête du Monde, à savoir le «manque de transparence dans la manière dont sont réalisées les études d’opinions». «Tout est fait en ligne, de façon très administrée, et cette malfaçon s’est accentuée au fil des années», détaille-t-il, citant le coût bien moins cher de cette méthode qui a remplacé les appels téléphoniques.

A «Libération», des enquêtes d’opinion mais pas de sondages d’intentions de vote

A Libération, on ne commande pas de sondages d’intentions de vote, mais on ne s’interdit pas d’en citer : «Il nous arrive d’utiliser des sondages d’intention d’autres médias dans des reportages. Par exemple pour illustrer ou appuyer une réalité constatée sur le terrain ou pour expliquer une stratégie politique, un tournant dans la campagne électorale, détaille Lilian Alemagna, chef du service politique à Libé. Les sondages sont un élément supplémentaire de compréhension pour le journaliste politique. Ils permettent de comprendre le moment politique dans lequel on est et de donner quelques indices sur l’opinion.»

L’observation d’un sondage ou d’une enquête d’opinion permettant ainsi de trouver des angles originaux pour les journalistes et de les comparer à la réalité du terrain. «La multiplication des sondages permet aussi de les relativiser, poursuit le journaliste politique. Nous, on essaie de prendre des fourchettes larges, en comparant les différents résultats des sondages d’intention. Ça permet de donner un ordre de grandeur. De prendre du recul par rapport à la situation aussi.»

Le journal commande en revanche des enquêtes d’opinion (là aussi réalisées en ligne), appelées «baromètre politique», sur divers thèmes ou personnalités auprès de l’institut Viavoice. La dernière publication date par exemple du 6 septembre et porte sur «l’alternance politique». Des enquêtes qui sont, de par leur nature et leurs thèmes, moins susceptibles d’être «manipulées par un camp ou par un autre que les sondages d’intention de vote», estime aujourd’hui la direction de Libé«Il y a eu une discussion au comité [conférence de rédaction, ndlr] après la prise de position de Ouest-France, explique-t-elle à CheckNews. Et un billet publié sur l’usage excessif des sondages, qui représente la position du journal. Après la campagne est encore longue, il est tout à fait possible qu’on prenne le temps d’avoir cette discussion plus en détail en comité ou avec l’institut ViaVoice.»

«Le Parisien» en redemande

Au Parisien-Aujourd’hui en France, la politique de sondages a récemment évolué, mais dans le sens inverse de celui pris par Ouest-France. En 2017, le quotidien avait fait le choix de ne pas commander de sondages pendant la campagne présidentielle. Pour cette campagne 2022, le journal est finalement revenu sur cette décision en s’associant à France Info et Ipsos dès avril 2021.

En mai, le directeur des rédactions, Jean-Michel Salvator, justifiait dans ses colonnes cette décision : «Il faut reconnaître que ces sondages deviennent de plus en plus souvent des faits politiques dont l’influence sur la dynamique de campagne des candidats est forte. On l’a vu lors des dernières échéances. Dès lors, il devient difficile de rester à l’écart. Souvenons-nous. En 2017, le ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron a relancé la campagne de ce dernier.»

«Mon prédécesseur les avait arrêtés, j’ai souhaité les reprendre tout en changeant de stratégie», insiste-t-il auprès de CheckNews. A savoir en faire peu, pour ne pas «inonder le lecteur de sondages». Il précise au passage que la rédaction en a commandé cinq depuis l’annonce du retour des sondages dans le journal. Soit un peu moins d’un par mois.

«La règle c’est que l’on ne parle que de nos sondages, poursuit-il, sauf si ceux de nos concurrents ont un intérêt particulier pour nos lecteurs.» Lorsqu’il avait fait une «pause» des sondages, le quotidien ne s’interdisait pas pour autant «d’évoquer des études réalisées par d’autres médias», précisait en 2017 la rédaction. Une ambiguïté que Jean-Michel Salvator a voulu écarter.

«Il existe un réel danger à passer son temps à commander et commenter des sondages, reconnaît le directeur de la rédaction. Mais utilisés à bon escient, en restant raisonnable, ils sont des faits politiques importants dans une campagne.» Il donne l’exemple de Xavier Bertrand qui a finalement rejoint la primaire des Républicains dès lors qu’il caracolait en tête des sondages d’intentions de vote au premier tour en tant que représentant de la droite.

Divergences et contradictions dans l’audiovisuel public

Au sein de l’audiovisuel public, la défiance grandissante à l’endroit des sondeurs a aussi suscité un débat, aboutissant à des positions et pratiques diverses et parfois contradictoires selon les différentes structures, voire les différentes antennes. Dans un contexte de multiplication des enquêtes, la rédaction de France Inter a par exemple fait connaître mi-octobre son choix «de ne pas commander de sondages sur les intentions de vote durant cette campagne»France Info, en revanche, commande de tels sondages à Ipsos-Sopra Steria sur un rythme mensuelle (en partenariat avec Le Parisien).

Une émission (Les matins présidentiels) y est même consacrée en partie, France Info recevant chaque mois un candidat à l’élection présidentielle et le confrontant à un sondage. Vincent Giret, directeur de la chaîne, insiste sur le fait que les radios du service public évitent en revanche de citer les sondages des autres : «Nous ne faisons pas de commentaire à tout va. La fréquence mensuelle nous permet, comme à nos auditeurs, de prendre du recul sur les sondages.»

Pour Vincent Giret, commander des sondages ne veut donc pas nécessairement dire que les journalistes se détournent du terrain. «Nous n’opposons pas reportage et sondage, bien au contraire, nous faisons les deux, explique-t-il. Les sondages ne sont qu’un outil de compréhension supplémentaire dans une société devenue de plus en plus complexe.»

Côté France Télévisons, le débat actuel sur les sondages a fait bouger les lignes. Il a en tout cas conduit le directeur délégué de l’information, Pascal Doucet-Bon, à rédiger lundi une note interne et commune à toutes les rédactions du groupe sur cette question. «On a traité, au JT de France 2 ou dans Vrai ou Fake par exemple, les sondages comme un objet éditorial. En évoquant leurs limites, en rappelant que jamais des sondages n’ont réussi à donner les vainqueurs aussi longtemps avant une élection, etc. Il serait donc curieux d’y avoir recours massivement», explique-t-il à CheckNews. «La philosophie générale c’est donc dire que les sondages ce n’est pas le diable, mais que ce n’est pas dieu non plus. Les utiliser avec rigueur et parcimonie.»

Par exemple ? «On sait que c’est périlleux de faire des enquêtes sur le deuxième tour alors qu’on n’est même pas sûr de qui sera au premier tour. Donc on va éviter. Et puis tous les sondages ne se valent pas, y compris faits par un même institut. On évitera par exemple les sondages qui ne prennent en compte que les gens sûrs de voter aujourd’hui, qui invisibilisent toute une partie du corps électoral.» S’il devait être appliqué, cet engagement représenterait une rupture, puisque les rédactions du groupe télé relayaient jusqu’alors bien des sondages de ce type… lesquels étant par ailleurs commandés par la radio Franceinfo. Sur ce point précis, la politique de France TV devrait donc désormais se démarquer des choix de la station d’information de Radio France.

Concrètement, la direction de l’info de France TV demande aussi aux rédactions «de privilégier les sondages commandés par le groupe, dans l’accord-cadre passé avec Ipsos [différent de celui passé avec Franceinfo radio]». Le directeur de l’information rappelle également les obligations légales : «On donnera tout le détail des enquêtes, et lien vers la notice, avec notre outil nosSources. On rappellera toujours à l’antenne qu’il existe une marge d’erreur. On réfléchit à comment l’indiquer à l’écran le plus clairement possible, en donnant la fourchette par exemple.» Là aussi, il s’agit d’une évolution par rapport à des pratiques récentes, les sondages cités sur les antennes du groupe n’ayant pas toujours été accompagnés des indications sur la marge d’erreur.

Il n’y a finalement qu’une seule interdiction «absolue» formulée par cette note : «On ne fera aucun sondage sur des primaires ouvertes, puisque par définition on ne connaît pas le corps électoral. Et que donc c’est toujours n’importe quoi.» Une nouvelle différence avec la radio Franceinfo, qui avait commandé et publié un sondage (critiqué) sur la primaire écologiste début septembre.

La direction veut par ailleurs «inciter fortement» les rédactions à éviter les «rolling», ces sondages réalisés quotidiennement dans les dernières semaines d’une campagne. «Ça, c’est pour éviter de faire la course aux petits chevaux, même si on sait que la tentation sera forte dans la dernière ligne droite, quand tout le monde ne parlera plus que de ça», concède Pascal Doucet-Bon. Enfin, concernant la citation à l’antenne ou en ligne de sondages réalisés par d’autres, France TV ne les interdira pas,«mais dans ce cas-là, la décision doit être collégiale, la question doit être abordée en conférence de rédaction».

A BFMTV, pas de politique unifiée sur les marges d’erreurs

Côté BFMTV, on n’hésite pas à citer les études commandées par d’autres médias. Quitte parfois à se retrouver dans des situations compliquées, comme le 6 octobre, lorsque Harris Interactive a sorti son sondage hebdomadaire pour le magazine Challenges et placé le non candidat Eric Zemmour au second tour. Philippe Corbé, chef du service politique de BFMTVexplique à CheckNews la décision de la chaîne : «Nous avons décidé d’en parler ce jour-là, car le sondage Harris était un fait politique, c’était la première fois que Zemmour était donné au second tour, se souvient-il. Mais quand on a vu que le nôtre ne donnait pas le même résultat, nous avons tenu à confronter les deux à l’écran et sur les plateaux en précisant que ce n’était que les intentions à un instant T et non définitive.» Au bout de quelques minutes, les marges d’erreurs sont également évoquées.

Mais la chaîne, comme d’autres médias, ne semble pas avoir de politique unifiée ni constante sur la question de ces marges. Le lendemain, un deuxième sondage (Ifop-Fiducial pour LCI et le Figaro) donnait le polémiste au second tour. Et cette fois-ci, ni l’extrait mis en ligne par BFMTV, ni l’article qui l’accompagne, ne précisent que l’écart entre Marine Le Pen et Eric Zemmour se situe dans la marge d’erreur (ou qu’un sondage commandé par la chaîne elle-même donnait un résultat inverse la veille). Nouveau jour, nouveau sondage : mardi, la chaîne cite une nouvelle enquête sur son site, dans laquelle Zemmour «creuserait l’écart». Tout en précisant, cette fois, la marge d’erreur.

1 réponse »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :