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LA PLUS ANCIENNE DES PRATIQUES POLITIQUES : LA DEMAGOGIE. Lire : « Fiers d’être démagogues ! »

Démagogie : origine, rôle, héritage

Dans son livre, Philippe Lafargue remonte à la Grèce antique pour expliquer l’origine, le rôle et l’héritage des « démagogues » du passé. 

Mai 68 : « Ne nous laissons pas bouffer par les politicards et leur démagogie boueuse ».

Depuis, les populistes ont ils remplacé les « démagos » ? Pas si sûr !

Philippe Lafargue, docteur en histoire ancienne, auteur de « Fiers d’être démagogues ! Histoire de la démocratie athénienne » :

« Il ne s’agit pas du tout de faire l’éloge de la démagogie qui est l’un des maux de notre démocratie. L’idée de ce livre était de revenir aux sources de la démocratie et de voir qui étaient ces hommes qu’on appelle les démagogues dans les sources anciennes ».

Démagogue ou populiste ?

Entre les termes « populiste » et « démagogue » Philippe Lafargue fait la différence : « Le mot populiste est très nébuleux. Il y en a de droite, de gauche. La démagogie c’est plutôt un procédé, qui vise à séduire rapidement un électorat et à promettre tout et son contraire. Dans le populisme il y a une attention au peuple, la critique d’un système aussi ». « Chez les démagogues anciens, il y avait une sincérité. Ils portaient un projet d’approfondissement démocratique, ce qui n’est pas forcément le cas de certains de nos politiques ».

Nous vous proposons l’émission de France Culture consacré à la démagogie.

Emission

Démocratie athénienne : un fantasme politique moderne. Avec Philippe Lafargue et Laure de Chantal

Réécouter Démocratie athénienne : un fantasme politique moderne.

Avec Philippe Lafargue et Laure de Chantal

ÉCOUTER SUR FRANCE CULTURE dans l’émission L’INVITÉ(E) DES MATINS par Guillaume Erner

Fantasmons-nous la démocratie grecque ? Retour sur nos fondements politiques dans les Matins.

Dans son ouvrage, « Fiers d’être démagogues ! Ce que nous pouvons apprendre de la démocratie athénienne » paru chez Buchet-Chastel, Philippe Lafargue revient sur ce qui est peut-être la plus vieille insulte politique : la démagogie.

Les démagogues au Ve siècle avant Jésus-Christ étaient pourtant ceux du côté du peuple, face à une élite hostile à la démocratie directe. Désormais désignés comme une menace au bon déroulement démocratique, les démagogues font-ils partis des représentations faussées que nous avons de la démocratie athénienne ?

À la manière des mythologies grecques, le modèle athénien est aujourd’hui nourri de fantasmes pour former un idéal politique.

Que retenir de la démocratie grecque ?

Nous en parlons en compagnie de Philippe Lafargue : historien de la Grèce antique, auteur de “Fiers d’être démagogues ! Ce que nous pouvons apprendre de la démocratie athénienne” (Buchet-Chastel, 2022) rejoint en deuxième partie d’émission par Laure de Chantal, normalienne, agrégée de lettres classiques, auteure de “Libre comme une Déesse grecque” (Stock, 2022)Signification du terme démagogue

Quelle est l’origine du terme démagogue ?

Si on prend l’étymologie grecque du terme, « demos » c’est le peuple et « ago« c’est l’idée de conduire, de mener. Le démagogue c’est celui qui mène le peuple. Mais le mot peuple ou « demos » a, comme en français, un double sens. C’est à la fois l’ensemble des citoyens mais aussi, au sein de ces citoyens, les gens les plus modestes, qui sont aussi les plus nombreux. Dans son sens le plus précis, le démagogue, c’est vraiment le meneur du peuple au sens de cette faction que sont les citoyens les plus modestes. Philippe Lafargue

A-t-il une connotation péjorative dès l’origine ?L’accusation d’être un démagogue prend un sens péjoratif dès le début. Chez les auteurs antiques, il y a la volonté de dénoncer ces leaders qui ont la volonté d’élargir la démocratie aux plus modestes. […] Platon rêve d’une cité gouvernée par une élite, qui serait une élite cultivée et qui a fréquenté les meilleurs maîtres. L’idéal étant une cité gouvernée par les philosophes. Il serait qualifié d’antidémocrate aujourd’hui. Philippe Lafargue

Histoire de la relation entre démagogie et démocratie

Quelle est l’histoire du mot démagogue et son lien avec la démocratie ?Chez tous les auteurs classiques de l’époque moderne, la démocratie, c’est la démagogie. La plupart de penseurs de l’âge classique ont été nourris de la lecture de Platon, Aristote, et surtout de Plutarque, donc des auteurs qui ont peu d’appétence pour la démocratie. Ils vont reprendre l’idée que le régime démocratique c’est celui de la foule, de l’irrationalité, de l’inconstance. Cela va durer jusqu’au siècle des Lumières. Philippe Lafargue

Comment évolue cette ambivalence à l’égard du terme démocratie ?

Le passage est le XIXème siècle avec la démocratie libérale. Le régime démocratique va se confondre avec le régime républicain à partir de 1870. La démocratie c’est le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple, pour reprendre l’expression de Lincoln, mais avec quand même une défiance vis-à-vis de la démocratie directe. Philippe Lafargue

La démocratie et les mythes grecsLes mythes préexistaient au moment où ont ils ont été écrits et sont des vecteurs de communication extrêmement puissants. Ils sont issus de la nuit des temps mais sont toujours actuels et se remodélisent en fonction de l’époque dans laquelle ils sont employés. Laure de Chantal

Dans « Libre comme une déesse grecque », Laure de Chantal revient, entre autres, sur le mythe d’Antigone. Pourquoi les mythes grecs occupent-ils une si grande place dans notre imaginaire politique ?

L’histoire d’Antigone montre l’acte politique de quelqu’un de très jeune. […] Cette petite jeune fille explique à Créon qu’on ne peut pas faire une bonne politique en n’écoutant que la loi des hommes. Il faut aussi respecter la loi des dieux. Laure de Chantal

Comment les Athéniens forgeaient-ils la loi ?

Antigone pose le problème de la tension entre la lois des dieux, la tradition, et les usages familiaux. La pièce pose la question de ce qui prime, les lois ancestrales ou bien une décision prise dans l’urgence pour le bien commun.

C’est la même question qu’on retrouve en politique. Pour Aristote, il y a une opposition entre les lois vénérables, établies depuis les temps immémoriaux, et les décisions qui ont force de loi prises par l’Assemblée. Au Vème siècle avant J.-C., on a l’impression que c’est les décisions prisent par l’Assemblée du peuple et qui peuvent même s’écarter des usages ancestraux qui priment. Philippe Lafargue

LIEN VERS L’EMISSION :

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