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L’ALERTE DE J-L BORLOO (ÉPISODE 5) JEUNESSE LOGEMENT, SANTÉ, DÉPENDANCE

VOIR EPISODE 1 :  https://metahodos.fr/2022/04/03/lalerte-de-jean-louis-borloo-presquinentendue-elle-est-essentielle-pourtant-episode-1/

VOIR EPISODE 2 : https://metahodos.fr/2022/04/04/episode-2/

VOIR EPISODE 3 :https://metahodos.fr/2022/04/05/episode-3/

VOIR ÉPISODE 4 : https://metahodos.fr/2022/04/06/episode-4/

EPISODE 5

Jeunesse, école :
un engagement de tous

Un million de jeunes de 15 à 25 ans ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation, les fameux « NEET ». 500.000 jeunes attendent aux pieds des immeubles. Et le nombre de décrocheurs augmente.

Il faut tout un village pour élever un enfant, il faut toute une nation pour permettre à toute la jeunesse d’avoir un avenir. Plus que tout autre sujet encore, la grande coalition s’impose car tous ces acteurs ont d’une manière ou d’une autre, à un moment ou à un autre de l’évolution des jeunes, un rôle à jouer.

L’école est partout et pour tous, quelque soit la situation sociale et culturelle. On ne peut plus laisser les enseignants, les chefs d’établissements et les personnels, les enfants et leurs parents comme si l’environnement urbain, social, culturel, linguistique, moral, physique était homogène sur tout le territoire national. L’uniformité des moyens scolaires et extra-scolaires n’est plus adaptée à un pays archipellisé avec des situations sociales et culturelles qui n’ont rien à voir selon les territoires. Les difficultés sont évidemment cumulatives.

  • Il faut amplifier les cités éducatives, système qui permet au chef d’établissement de mobiliser tous les moyens médicaux, de soutien scolaire, culturels, sportifs, d’accompagnement autour de chaque jeune qui en a besoin. C’est à l’évidence autour du couple Chef d’Etablissement / Maire que doit s’organiser la coalition éducative.
  • Il faut autonomiser le rôle du Chef d’Etablissement.
  • Allouer à la Caisse des Ecoles 100.000 euros par an pour des prestations extérieures, et 300.000 euros pour les
    3.000 collèges les plus en difficultés.
  • Transformer les lycées professionnels en « campus des
    métiers ».
  • Permettrel’autonomiederecrutement.
  • Permettre à tout jeune de 12 à 30 ans de bénéficier d’un mentor pour l’accompagner dans son parcours scolaire ou son ascension professionnelle. C’est l’alliance avec les entreprises pour que les équipes s’engagent totalement pour ce mentorat. Une première étape a été franchie, 100.000 jeunes en trois ans, grâce à la mobilisation des entreprises, des citoyens, des associations. Il faut qu’un million de jeunes bénéficient d’un mentor dans les deux ans.
  • Cette grande coalition permettra de développer tous les formats d’engagement : mentorat, mécénat de compétences, autres formats de solidarité, la pleine reconnaissance du rôle de salarié-citoyen, les campagnes de sensibilisation du grand public… Ces engagements concrets contribueront au changement de regard sur l’entreprise.
  • Réinventer la valorisation des acquis de l’expérience pour voir une nouvelle forme de reconnaissance des compétences pour répondre au double défi d’une société plus apprenante et plus inclusive. L’expérience vaut diplôme.
  • C’est le cas en particulier pour les populations dites « peu qualifiées » les plus touchées par la crise. La réalité des expériences et des compétences doit être révélée et valorisée. La France a fait figure de précurseur de la VAE en 2002, mais seules 25.000 personnes sont certifiées chaque année. C’est moins d’un actif pour mille. La coalition pour la jeunesse doit permettre de développer un dispositif simplifié pour réinventer la VAE et la porter à 200.000 certifications par an.
  • Une société de l’engagement opérationnelle et active dans un pays aux douze millions de bénévoles.

  • De plus en plus de citoyens sont aujourd’hui en quête de sens et d’utilité.
    Créer une agence France Services Associatifs numérique et physique comme le propose le Haut-Commissaire à l’Emploi, permettant de :
  • simplifier les procédures associatives,
  • favoriser le don et le financement des actions de proximité
  • faire du tissu associatif un partenaire à part entière du développement efficace des politiques publiques.
    France Services Associatifs ne sera pas une nouvelle structure mais prendra la forme d’une plate-forme numérique de services gratuits et accessible à toutes les structures à but non-lucratif.
    Il sera complété par un guichet physique dans les 2.000 maisons Frances Services et aura un accès privilégié aux 4.000 tiers-lieux afin d’assurer une relation et un accompagnement humain de proximité dans tous les territoires.
    Passer d’une logique de guichet, qui conduit à l’assistanat, à une politique de soutien et d’accompagnement intensif des personnes, notamment les bénéficiaires des minima sociaux. C’est le sens du Contrat d’Engagement Jeunes qu’il faut lancer et amplifier. Et la mise en activité de chacun.
  • Le mentorat permet grâce à l’implication d’un mentor bénévole et volontaire d’apporter une aide directe aux jeunes à chaque étape de leurs parcours dans tous les types de projets : soutien scolaire, réussite éducative, prévention du décrochage, orientation, préparation à l’emploi voire accompagnement à la prise de poste ou à la création d’entreprise.
  • C’est un lien entre les générations, entre les milieux sociaux, de la cohésion nationale et l’esprit de fraternité. Le rôle du mentor sera reconnu, valorisé et intégré à tous les parcours du référentiel de compétences dans l’enseignement, les entreprises, et l’ensemble de la société.
    Apprendre par l’apprentissage et l’alternance
  • Nous sommes les mauvais élèves du chômage des jeunes en Europe. Notre école est la plus inégalitaire de l’OCDE, celle où la prédétermination sociale est la plus forte. La France compte 700.000 contrats en additionnant contrats d’apprentissage et contrats de professionnalisation. L’alternance est un des moyens les plus efficaces d’acquérir compétences et employabilité. Nous devons augmenter ces contrats de 50% en trois ans.
  • Les entreprises de plus de 250 salariés représentent plus de 50% de la totalité des salariés du secteur privé, et n’emploient que 20% de la totalité des apprentis. Dans le secteur public il n’y a pratiquement pas d’apprentis alors qu’il pourrait être un formidable lieu d’apprentissage. Une bonne formation en alternant école/entreprise est un élément de notre compétitivité.
  • L’implication active à la formation des jeunes relève de la responsabilité des entreprises et de la solidarité envers nos jeunes. C’est l’intérêt bien compris de toutes les entreprises, grandes et moins grandes. L’entreprise doit assumer cette importante responsabilité. C’est aussi son devoir de contribuer à la formation des jeunes, elle en a les moyens et se doit de les avoir. Elle est un lieu d’enseignement du savoir être, du savoir vivre, du savoir faire et du savoir faire faire. Les grandes entreprises sont les mieux outillées pour attirer, encadrer, former et accompagner.
  • Il faut une locomotive pour tirer les trains, c’est à elles qu’il appartient
    55 de tirer le train de l’apprentissage. L’accompagnement par un tuteur est essentiel pour la formation et l’épanouissement de l’apprenti.
  • La formation en alternance à l’école et en entreprise permet aussi de jeter un pont entre ces deux mondes trop souvent ignorants l’un de l’autre. La vie du jeune ne s’arrête pas quand il quitte l’école et ne recommence pas quand il rejoint une entreprise. Cette continuité est essentielle.
  • L’apprentissage n’est pas de la pré-embauche. Si l’apprenti est embauché, tant mieux, mais c’est surtout un mode de formation efficace et de long terme. Ainsi les succès économiques de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Suisse, où plus de 60% des jeunes suivent cette voie de formation, sont aussi le résultat d’une pratique intense de l’apprentissage. C’est également la réalité de la médecine française, où l’on utilise les terme d’externes et d’interne et non pas d’apprentis.
  • Les lycées professionnels ont moins de 20% de leurs effectifs en apprentissage. Eux plus que tout autre devraient être formés en alternance.
  • La grande coalition peut permettre de passer le cap du million d’apprentis, voire plus, dans les trois ans qui viennent.
  • Ce ne sont que quelques illustrations rapides de tout ce qui est nécessaire et faisable dans le champs de la jeunesse. Les initiatives sont nombreuses, formidables mais il faut les coordonner.
  • Un grand nombre d’entre elles sont prêtes et recensées dans le Plan de Réconciliation Nationale de mai 2018.
  • La grande coalition pour un habitat digne et harmonieux
  • Eviter un crise du logement à venir, c’est indispensable et c’est possible.
  • Le logement pèse de plus en plus dans le budget des ménages, c’est un frein à la mobilité et c’est surtout la base de la cellule familiale et de l’épanouissement des enfants et des jeunes. L’habitat, le logement, les fonctions de la ville qui sont autour, les équipements, la mobilité, sont des sujets transversaux par excellence.
  • Cela nécessite un engagement de tous les acteurs. La ville et l’agglomération bien sûr, mais aussi le département, la région, le monde HLM et les promoteurs privés, les urbanistes, les établissements fonciers, les établissements publics d’aménagement, la CNAF, l’ANAH, les associations, les banques et l’Etat, territoire par territoire.
  • Il faut accepter que les normes ne soient pas les mêmes en agglomération et dans les villes moyennes, à la mer et à la montagne, au Nord ou au Sud, dans les tissus urbains diffus ou concentrés.
  • Il faut en tout cas sortir du conflit latent entre l’Etat et les organisations paritaires collectrices. Cela fait plusieurs années que l’Etat ponctionne Action Logement sans réaliser que l’absence de confiance est un frein considérable à l’action. Il faut en sortir, par exemple en créant une fondation d’intérêt national sous l’autorité de la Présidence de la République, avec les présidents du Parlement, des représentants des collectivités locales, d’Action Logement, de CDC Habitat et du monde HLM, regroupant l’ensemble de leurs actifs. Un Directoire serait nommé sur proposition du paritarisme : il faut réconcilier ces deux mondes. Bien qu’édictant les normes nationales et finançant l’aide à la pierre et à la personne, l’Etat doit accepter que de manière opérationnelle il n’est pas le leader de cette coalition mais une partie prenante importante.
  • L’autre solution serait de transférer l’intégralité de la politique du logement, aides à la pierre, aides à la personne, les normes, et tout le dispositif législatif aux régions, ce qui demande une réforme de la constitution, ou pour le moins la possibilité que chaque région saisisse le Parlement français pour avoir une législation adaptée à son territoire.
  • Les crises du logement successives que nous avons connues et celle que nous nous apprêtons à vivre n’ont absolument rien d’inéluctable : on a pu passer de moins de 300.000 logements construits par an à plus de 500.000 dans les années 2000, pour redescendre aux alentours de 350.000, avec le même outil de production, et les mêmes équipes.
  • Ce n’est qu’un problème de méthode, d’organisation et de confiance.
  • Santé et dépendance
  • Notre système de soins a longtemps été exemplaire et reste une fierté française : des professionnels engagés et bien formés, des équipes performantes, parfois les meilleurs au monde. En 2016 puis en 2018 dans la foulée des gilets jaunes a été lancé le Ségur de la Santé qui a été un vrai rendez-vous : cinquante jours de concertation dans un réel partenariat, débouchant sur douze conclusions et recommandations avec des moyens importants : 19 milliards d’euros d’investissement dans le système de santé, 8 milliards par an pour la revalorisation des métiers, 15.000 recrutements à l’hôpital. Trois point majeurs évoqués restent à traiter :
  • Accélérer la sortie du tout T2A (Tarification A l’Activité )
  • Donner à nos territoires les principaux leviers de l’investissement en matière de santé ;
  • Traiter les déserts médicaux.
    59 Donner des leviers aux territoires
    Là encore, le pouvoir est émietté, sans fluidité, et sans réel pilote, entre les hôpitaux publics et privés, la médecine de ville, l’Etat, les régions, les départements, les villes (les CLIC), les Agences Régionales de Santé etc…
  • Il est indispensable que ce sujet soit traité soit par une régionalisation pure et simple de tout le dispositif de santé, l’Etat gardant toute la partie régalienne de la Santé (garantir la sécurité et s’assurer de l’équilibre entre les territoires) ou plus prosaïquement et plus rapidement, faire des Agences Régionales de Santé le pivot, l’âme, le fluidifiant permettant d’insuffler l’ensemble des politiques de santé d’un territoire. Dans ces circonstances, la gouvernance devrait être revue pour créer un établissement public régional où la gouvernance serait : le Président de Région en personne, le Président régional de la CNAM, les Présidents des départements, des représentants des centres hospitaliers publics et privés, les collectivités locales et naturellement l’Etat.
  • Accélérer la sortie du tout T2A
    Notre méthodologie a amené à une bureaucratisation galopante de l’activité hospitalière, les soignants sont submergés par l’administratif. Il n’est pas possible qu’un hôpital ait intérêt à prescrire le plus possible d’actes médicaux pour équilibrer ses comptes. Il n’y a pas moins de 2.300 groupes homogènes de malades ou de séjours, les fameux GHM et GHS. Le but des soignants du monde hospitalier est le soin, le rétablissement le plus rapide avec le moins d’actes et de prescriptions, tout l’inverse du système actuel qui pousse à la consommation.
  • Il ne s’agit pas de souhaiter le retour au budget global, inadapté, car il n’est pas en ligne avec les changements d’activités de l’hôpital, mais de trouver un système simple et débureaucratisé.
  • Dans son remarquable ouvrage, « Plus loin, plus haut la France », Stéphanie Rivoal évoque le centre hospitalier de Valenciennes, modèle de gestion qui remet les soignants et les patients au coeur du dispositif, un hôpital dont les finances sont à l’équilibre années après années, où les médecins et personnels soignants sont engagés, respectés, utiles.
  • Le personnel soignant est au centre de la gestion de l’hôpital : révolution managériale, des médecins volontaires formés pour cela gèrent des grands pôles avec une grande marge de manoeuvre opérationnelle et financière.
  • L’administratif ne pèse plus que pour 5% des coûts de l’établissement, au lieu de 33% en moyenne nationale. Fini les autorisations en attente pour une dépense de 500 euros, les chefs de pôle sont libres d’engager des dépenses jusqu’à 75.000 euros. Fini la verticalité, la rigidité, place à l’agilité et à la responsabilisation. Les résultats sont là : fidélisation des personnels, bonne gestion financière, excellence de soins, satisfaction des patients. Et si la bonne idée était la généralisation de ce mode de gestion à tous les hôpitaux publics de France ? Pas dans cinq ans, mais maintenant. Les personnels de santé pourront se concentrer sur leur métier, leur vocation sublime : soigner.
  • Dépendance, soins à domicile et services à la personne
  • Le développement des normes, des contrôles a priori, du minutage, se fait évidemment au détriment de l’initiative et des soins. Il faut développer la technique de Jos de Blok en Hollande, ancien aide-soignant infirmier. En cinq ans, plus de 13.000 salariés ont été recrutés, dont cinquante seulement au siège. La confiance est absolue pour les infirmiers et les soignants : ils prennent le temps qu’ils veulent pour prendre soin des personnes dépendantes. Les résultats sont parlants : 40% d’entrées en moins à l’hôpital, la durée du séjour est diminué de 50%, 2 milliards d’euros d’économies réalisées pour la sécurité sociale.
    L’efficacité d’un management basé sur la confiance.

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