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L’ALERTE DE J-L BORLOO (ÉPISODE 7 ET FIN) AFRIQUE/EUROPE, FRANCE ET MONDE

DERNIER EPISODE

A la demande de nos lecteurs nous avons publié la contribution – fort tardive – de JL BORLOO à la campagne présidentielle. Son texte – assez libre – ressemble à la copie d’un candidat à une fonction importante au sein des institutions. Comme nous l’évoquions lors de la présentation de ce feuilleton J L Borloo fait partie de ceux qui se sont rapprochés d’ E Macron et il a d’ailleurs pris position. Cette prise de position et le texte de son alerte sont toutefois restés peu traités par les médias. Quelle place aura t il dans le nouveau dispositif d’E Macron favori de ce second tour ?

VOIR EPISODE 1 :  https://metahodos.fr/2022/04/03/lalerte-de-jean-louis-borloo-presquinentendue-elle-est-essentielle-pourtant-episode-1/

VOIR EPISODE 2 : https://metahodos.fr/2022/04/04/episode-2/

VOIR EPISODE 3 : https://metahodos.fr/2022/04/05/episode-3/

VOIR ÉPISODE 4 : https://metahodos.fr/2022/04/06/episode-4/

VOIR ÉPISODE 5 : https://metahodos.fr/2022/04/07/epi-9/

VOIR EPISODE 6 : https://metahodos.fr/2022/04/08/episode-10/

EPISODE 7


L’alliance Afrique-Europe : La France et les nouvelles donnes mondiales


Depuis la grande illusion de Fukuyama et la chute du mur de Berlin, quelques grandes tendances puissantes doivent nous obliger à revisiter les réflexions sur les facteurs de paix, de guerre ou de déstabilisation dans le monde, pour la France et pour l’Europe.

  1. Les empires déclinants ont une vocation instinctive à vouloir retrouver la puissance de l’empire. C’est vrai de la Turquie, qui veut rétablir l’empire Ottoman, garder le nord de Chypre et installer son hégémonie sur un califat sunnite. C’est vrai de son voisin la Russie, qui avec son économie quasiment de guerre et de contrôle des matières essentielles garde son rêve de la grande Russie.
  2. Les besoins en énergie et en matières premières liées à notre propre développement explosent : L’Agence Internationale de l’Energie chiffre à +60% l’augmentation des besoins énergétiques d’ici 2050, ce qui en l’état actuel des architectures énergétiques européennes, amène à une
    75 dépendance totale à l’égard du gaz russe, du pétrole russe et des énergies fossiles en général, en provenance de quelques grands pays producteurs dans le monde, ce qui a naturellement une importance décisive pour les équilibres géopolitiques et pour la paix. La lutte contre le dérèglement climatique, ainsi que les facteurs de paix, de déstabilisation ou de guerre devraient nous amener à dégazéifier totalement l’économie européenne et réduire sa dépendance au pétrole. La guerre des métaux rares et de l’ensemble des matières premières liées à l’explosion des services et de l’énergie oblige à une prévision des besoins à quinze ans, à la cartographie de leur production et à l’étude d’alternatives.
  3. Les Etats-Unis, malgré leur budget de 700 milliards de dollars de dépenses militaires par an, soit 40% du monde, ne sont pas militairement une menace, mais plus non plus une protection. Epuisés par trop de guerres perdues depuis la chute de Saigon en 1975, le 11 septembre 2001 et le départ d’Afghanistan, ils ne sont plus ni un danger ni une solution garantie.
    Le concept même d’équilibre des forces par la dissuasion nucléaire, d’une totale efficacité tant que des capacités conventionnelles pouvaient continuer à être déployées de part et d’autre, risque d’être de peu d’effet pour maintenir la paix.
    La nouvelle donne de la puissance américaine est la maitrise totale du numérique, des télécommunications, de l’intelligence artificielle et des satellites. Cette capacité à paralyser toute forme de communication, à pouvoir
    76 déstabiliser des pans entiers de l’économie européenne, à stocker des milliards d’informations sur chaque européen, devient un sujet, sinon une menace, dont on ignore à ce jour les multiples points d’implication. C’est la nouvelle puissance américaine augmentée par la juridiction dollar. La réponse ne peut être que la coordination de chaque état européen en articulation avec la Commission et le Parlement Européen. Le projet de constellation de satellites à basse orbite proposé par le Commissaire européen Thierry Breton va en ce sens, ainsi que le grand programme européen de semi-conducteurs.
  4. Le développement à partir du proche et du moyen-orient de la volonté de conquête de l’islamisme politique, le conflit entre les chiites et les sunnites, et le déplacement de cet esprit de conquête à l’Afrique, combinés de manière hybride avec des lieux de guérillas, de délinquance de niveau international, sont des enjeux absolument cruciaux, qui vont de la Mésopotamie à l’Atlantique et du bassin du Congo jusqu’à Helsinki.
    Alors face à cette nouvelle donne, il faut savoir se recentrer sur l’essentiel, le vital, le primordial, et concentrer ses forces : l’avenir du Pacifique se déroulera sans nous. La mise sous tension de la diplomatie américaine par son industrie militaire ne nous concerne pas et ne doit pas nous entraîner dans des combats qui ne sont pas les nôtres, comme le Président Chirac a su le faire en Irak.
    77 L’Afrique, une chance ou un drame : pour un grand traité Afrique-Europe
    Pour les vingt-cinq années qui viennent, le sujet le plus central et le plus vital, source d’espoir de croissance et de paix, ou d’une déstabilisation massive, conflictuelle et dramatique est le continent africain.
    Le constat est maintenant totalement partagé. L’Afrique, avec 1,2 milliard d’habitants devra nourrir, former, loger, soigner, employer 1 milliard de nouveaux habitants d’ici trente ans. En un siècle seulement, la population d’Afrique aura été multipliée par dix, passant de moins de 200 millions à plus de deux milliards d’habitants.
    A cette date, un quart des actifs de la planète seront africains. Cette population la plus jeune du monde est un atout pour le continent mais aussi un défi redoutable. Dans l’histoire de l’humanité, aucune région du monde n’a eu à connaitre une croissance démographique d’une telle magnitude.
    Les deux-tiers de la population du continent, soit 650 millions d’Africains, n’ont pas accès à l’énergie ni à la lumière, alors que l’énergie est un pré-requis pour l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’agriculture, à l’emploi de services, à l’emploi industriel, à la sécurité, donc à l’équilibre du monde. Malgré les efforts de tous, notamment des dirigeants africains, dix millions d’africains de plus par an n’ont pas accès à l’énergie. Cette situation
    78 n’est tenable ni pour l’Afrique, ni pour l’Europe, ni pour le reste du monde. Nous sommes à la croisée des chemins.
    Un continent totalement électrifié avec une capacité d’autosuffisance alimentaire, de connexion, de création d’infrastructures, sera un pôle de stabilité et de croissance majeur, permettant une économie endogène créatrice d’emplois en Afrique, et un très grand relai de croissance en Europe. La commission Européenne l’estime à plus de 2 points de croissance supplémentaires, profitant du double dividende démographique en nombre et en pouvoir d’achat.
    A l’inverse, la déstabilisation risque d’être extrêmement grave et ne s’arrêtera pas aux frontières de l’Afrique. Le risque est qu’elle se cumule et rencontre d’autres sources de déstabilisation sur l’arc méditerranéen. La démographie du continent africain pèsera sinon de manière dramatique, comme objet de déstabilisation massive conflictuelle. Un exode rural s’intensifiera vers des sous-régions africaines, notamment les grands ports urbanisés, préalable à une migration massive vers l’Europe et le bassin méditerranéen. Elle sera composée de réfugiés climatiques déplacés par la soif, la faim, la pauvreté et le besoin de lumière.
    La combinaison de tous ces facteurs, accentuée par un accès total à l’information globale grâce à un milliard de téléphones portables, provoquera naturellement des migrations massives d’une ampleur inconnue dans l’histoire de l’humanité.
    Ce mouvement irréversible a déjà commencé, dans un premier temps de manière intra-africaine, vers les grandes
    79 métropoles qui ne peuvent dans des conditions correctes absorber un tel flux au risque de créer de véritables chaos urbains vers des zones apparaissant comme des eldorados. Les troubles actuels en Afrique du Sud et dans d’autres zones en sont les prémisses.
    La plus grande migration de l’histoire du monde sera dès lors inévitable, avec sa cohorte de drames et de chaos. La jeunesse africaine hésite entre espoir et révolte.
    L’avenir de l’Afrique, de l’Europe, du bassin méditerranéen et de la péninsule arabique sont étroitement liés.
    La croissance africaine peut devenir un véritable relai de croissance soutenue qui bénéficiera à l’Europe et au reste du monde, il faut donc un plan de paix, de stabilité et de croissance.
  • Parce que d’ici 30 ans, l’Afrique représentera un quart de la population de la planète, cinq fois plus que l’Europe et 40% des jeunes de moins de 20 ans du monde ;
  • Parcequecettejeunessed’Afriquemigrantversla lumière, vers le rêve d’emploi, de musique, d’énergie, de vie meilleure, sont les proies potentielles de tous les radicaux, les trafiquants et les déstabilisateurs de ces nations ;
  • Parcequel’Afriquesouffredéjàconcrètementdu réchauffement climatique. La gravité de l’impact provoqué de fait par les économies développées est considérable : vulnérabilité de l’agriculture, sécheresse, accès difficile à l’eau, pluies de plus en plus irrégulières,
    80 inondations, perturbation des écosystèmes et
    déforestation ;
  • Parce que notre indifférence sera insupportable pour la
    conscience des jeunesses d’Europe qui ont besoin d’un
    idéal ;
  • Parce qu’un repli nous guette, parce qu’Africains et
    Européens sont culturellement, géographiquement et familialement entremêlés, et qu’il existe une importante communauté nord-africaine et sub-saharienne en Europe ;
  • Parce que l’Afrique peut devenir en moins de dix ans le premier et unique continent de développement durable : zéro carbone, énergies renouvelables, capture de CO2 grâce à son immense bassin forestier, et le paradis de la bio-diversité. Et on ne pourra pas dire aux générations futures qu’on ne savait pas ;
  • Parcequ’ilestuniquedansl’histoiredesdirigeants politiques de pouvoir prendre une décision concrète, faisable, efficace, opérationnelle, fraternelle et que c’est l’honneur de la politique européenne de pouvoir réellement changer les choses ;
  • Parce que c’est la vocation de l’Europe de porter de ce message de paix, de lumière, de solidarité et de croissance.
  • Oui, si la France doit avoir une seule action diplomatique centrale, indépendamment de sa voix singulière dans le monde et au Conseil de Sécurité, une seule action diplomatique dans les vingt ans qui viennent, c’est d’agir sans relâche en Europe avec tous les partenaires européens.
  • La vocation de la France en Europe est de contribuer à bâtir un grand traité Afrique – Europe de paix, de prospérité et de croissance.

  • C’est la vocation de la France par sa géographie et par son histoire.
  • Parce que les 800 millions de francophones en 2050
    seront essentiellement africains ;
  • Parce que la France est un grand de l’Europe
    méditerranéenne, avec ses alliés l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Croatie, la Roumanie, la Grèce, la Slovénie, la Bosnie, le Monte Negro, l’Albanie ;
  • Parce que la France a besoin de cohésion sociale ;
  • Parce que c’est une réponse aux principaux enjeux de
    pauvreté, de climat, de sécurité, d’alimentation, d’immigration, de croissance et d’emploi.
    Quoi de plus beau pour la jeunesse de France de voir son pays imaginer et soutenir avec d’autres un tel plan de paix ?
  • Un préalable culturel et politique
  • L’enjeu est considérable et passe comme préalable par la réappropriation commune de notre histoire commune.
  • Comme pour les outre-mers, il faut affirmer que les nations européennes ont conquis des territoires par la force pour y affirmer une puissance mondiale et y trouver des matières premières mais aussi parce qu’elles croyaient y apporter la civilisation et le progrès. Oui, souvent les pouvoirs locaux ont été anéantis, oui nombre d’infrastructures, d’écoles et de dispensaires ont été créés. Il faut reconnaître tout cela sans repentance, car cela n’a aucun sens aujourd’hui, mais dans le cadre d’une lecture partagée et respectueuse. Oui, il faut reconnaitre l’extraordinaire richesse de la culture des peuples africains, de toutes les langues, de la littérature, de la sculpture, de la peinture, de la musique, les qualités extraordinaires de la solidarité, de la fratrie, du respect des anciens et du rôle des femmes. Aucune repentance dans tout cela, mais nous devons sortir des non-dits, et permettre de traiter dans le respect mutuel de chacun un développement indispensable de l’Europe et de l’Afrique, équilibré et vital.
  • Commençons par cesser nos commentaires et nos jugements de valeur sur les modes de gouvernance africains.
  • Nous ne sommes pas une tutelle morale de l’Afrique. De quel droit voudrions-nous imposer notre modèle de démocratie représentative à deux mandats successifs pour prendre cette simple illustration ?
    Parce qu’il y eu une relation ancienne de colonie, par définition nous sommes les seuls à devoir avoir un peu de retenue. Ce n’est pas du désintérêt, ce n’est pas de l’indifférence, c’est du respect.
  • Un grand traité et la sortie d’une aide au développement éparpillée, inefficace et dévoyée
  • Aujourd’hui l’Union Européenne et les pays européens sont les premiers contributeurs de l’aide au développement en Afrique, mais dans un système totalement dépassé, petit projet par petit projet, beaucoup étant d’ailleurs des financements de réflexion, de soutien à la démocratie etc. Les accords de Cotonou ont vécu, sortons de l’aide au développement post-coloniale et rentrons dans un traité digne, respectueux et surtout d’une efficacité totale. Il ne s’agit pas d’aide, il s’agit d’investissement bien compris des deux parties.
  • Selon le rapport d’activité de l’AFD, 50 millions d’euros ont été versés pour promouvoir les économies d’énergies dans des villes indiennes et 1,7 milliards d’euros depuis 2004 en Chine. L’AFD finance l’extension du réseau de métro d’Istanbul et la modernisation des lignes de tramway d’Izmir : 2,2 milliards de dons depuis 2004 en Turquie. La priorité de l’aide au développement est aujourd’hui contraire au sens commun.
  • Comme le rappelle Patrick Stéfanini dans son dernier ouvrage « immigration », l’aide au développement de la France (Agence Française de Développement et Proparco) ne fait plus de l’Afrique l’axe majeur de son activité. La part de l’Afrique subsaharienne dans l’aide française est passée de 45% en 2010 à 28% en 2017. La priorité donnée aux financements de la Chine, du Mexique et de la Turquie ont progressé de 40% et atteignent un total de 1,5 milliard d’euros par ans. A comparer au montant total des dons accordés aux quatre pays les plus fragiles du Sahel francophone (Burkina, Mali, Niger et Tchad) qui s’est élevé à 67,3 millions d’euros.

  • Les partenaires
  • L’Europe est dotée d’instituions : les Etats membres, la Commission et le Parlement Européen.
  • Les 55 Etats Africains sont dotés d’institutions : L’Union Africaine, installée à Addis Abeba, avec une Commission, actuellement dirigée par le Tchadien Moussa Faki, et un Conseil des Chefs d’Etat africains, présidée actuellement par le Président du Sénégal Macky Sall.
  • Les cinq sous-régions d’Afrique ont une organisation territoriale puissante, efficace et démocratiquement désignée.
  • Enfin, les Etats africain sont dotés d’un parlement, le Parlement Panfricain dont le siège est en Afrique du Sud.
  • La grande caractéristique de l’Afrique, à la différence de l’Europe, c’est l’extraordinaire sentiment de communauté, de fraternité, de lien de sang et de famille parfois. Cela n’empêche pas les conflits, les tensions, les oppositions, mais l’extraordinaire rapidité de circulation de l’information est très supérieure au système européen
    85 qui passe par des sherpas, une fonction publique européenne, et une démocratie réelle, puissante mais au fond dévitalisée.
  • Enfin il existe des instruments transcontinentaux tels le NEPAD, Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique, ou la BAD, Banque Africaine de Développement, et bien d’autres encore.

  • La méthode

  • Sur proposition de l’Union Africaine et de l’Union Européenne :
  • mettre en place d’une équipe commune avec un leader
    pour chaque continent, non pas pour mener une négociation de continent à continent, mais pour défricher l’écriture d’une nouvelle alliance, d’un traité commun,
  • fixer six objectifs définis en commun,
  • mettre en place les instruments pour y parvenir en moins
    de 10 ans, en ayant la garantie d’avoir changé la donne
    en moins de 5 ans.
  • 3 mois pour la mise en place de l’équipe
  • 6 mois plus tard, une tournée de toutes les capitales pour
    commencer à présenter les principales grandes lignes
    méthodologiques
  • un an plus tard, la présentation aux instances des deux
    continents.
  • Le consensus sur les six objectifs devrait se faire rapidement autour de priorités identifiées, comme par exemple :
  1. L’énergie pour tous les africains, car c’est le premier des droits de l’homme, celui qui permet l’accès aux autres droits.
  2. L’autosuffisance alimentaire par la performance agricole : eau, énergie et formation.
  3. Formation rapide de la jeunesse aux nouvelles technologies.
  4. Développement des infrastructures.
  5. Paix : accord opérationnel sur les sujets migratoires.
  6. Sécurité : mise à disposition des moyens de lutter
    contre le terrorisme et la grande délinquance internationale.
    Première illustration : l’énergie
    C’est le champs le plus simple car il n’y a aucun problème technologique :
  • Lesénergiesrenouvelablesquelqu’ellessoientsonten
    Afrique les moins chères du monde : solaire, éolien,
    biomasse, hydro-électrique ;
  • lescontraintesjuridiquesadministrativesetd’espace
    sont quasi-inexistantes ;
  • L’Union Africaine a déjà délibéré au Sommet de l’Union
    Africaine le 30 janvier 2016 après une délibération du 15 juin 2015 et le vote unanime du Parlement Panafricain du 7 octobre 2015.
  • De son coté, la Commission Européenne a pris une position pour un financement de l’AREI (Africa Renewable Energy Initiative) de 3,5 milliards d’euros de subvention.
  • La volonté politique est là, tout le monde sait très exactement ce qu’il y a à faire, l’idée centrale est simplement, comme dans tous les pays du monde, que l’énergie décentralisée en zone non urbaine et éloignée ne peut pas être financée directement et exclusivement par le marché. Il faut donc une part de subventions, comme cela a été le cas dans tous les pays occidentaux, de l’ordre de 20% de l’investissement ; et une garantie d’assurance du type d’un MIGA (Multilateral Investment Garantee Agency) plus léger et plus efficace.
    Deuxième illustration : l’agriculture
  • En Afrique, l’agriculture emploie plus de la moitié de la population et reste à terme le principal débouché pour des millions de jeunes. L’histoire nous apprend que le développement économique d’un pays passe par sa capacité à se doter d’une agriculture qui ne se contente pas de nourrir les paysans mais qui est capable de nourrir l’ensemble de la population.
  • Dans sa revue annuelle pour 2016, la Banque Africaine de Développement relevait que l’Afrique est en perte de vitesse et de repères dans le domaine de l’agriculture. Le berceau de l’humanité produit peu mais consomme beaucoup.
  • Elle prédit que l’Afrique qui importe plus de 40 milliards de dollars de nourriture
    88 verra le montant de ses importations de produits alimentaires s’élever à 110 milliards en 2025.
  • Dans le cadre de ce traité ou nouveau partenariat, développer l’agriculture est une priorité absolue. Insuffisance des installations de stockage, pénurie de semences, différences de rendements (de 1 à 5 pour les céréales, 1 à 20 pour le lait), il faut pouvoir mettre en place une protection efficace pour le redémarrage de l’agriculture.
  • Les difficultés actuelles au Mali notamment ne doivent pas nous détourner de cette ambition, bien au contraire. Lorsqu’il y a des interventions militaires à la demande d’un pays africain, il ne peut s’agir que d’interventions strictement ponctuelles et en aucun cas d’installation longue.
  • Conclusion
  • Un grand peuple, un grand pays, tellement riche et puissant. Et pourtant, au milieu de réussites réelles, nous n’avons pas vu que certains piliers fondamentaux qui permettent de faire nation étaient peu à peu en danger. Ce sont eux qui justifient l’action publique.
  • L’émiettement des acteurs publics non coordonnés et sans compétences réellement autonomes n’ont pas permis d’y remédier.
  • J’ai tenté de chercher les causes du paradoxe français. Notre imaginaire est toujours façonné par l’organisation des pouvoirs publics issue du Conseil National de la Résistance, auréolé par la Victoire et par la paix retrouvée, ouvrant une période de reconstruction glorieuse de notre pays puis le retour à une monarchie républicaine éclairée, permise par l’élection du Président de la République au suffrage universel direct en 1962 et ouvrant la voie à la stabilité institutionnelle.
  • Ces deux événements ont imprégné avec force notre imaginaire collectif et nous en avons gardé la représentation heureuse, les codes, la supposée toute-puissance d’un gouvernement, une Présidence soignant les écrouelles, sans réaliser que la réalité de l’action publique n’avait aujourd’hui plus aucun rapport avec cette époque. Je sais bien que nous y sommes habitués, que nous aimons cette monarchie républicaine, elle nous arrange tellement : elle nous permet de critiquer, d’aimer, d’être séduits par un homme ou une femme, son comportement, son apparence, puis de détester, au point que nous en avons perdu toute capacité d’analyse.
  • Quand Bertrand Piccard décide de construire son avion Solar Impulse qui devait faire le tour du monde sans énergie fossile, il est allé voir tous les constructeurs d’avions du monde. Tous lui ont dit que c’était impossible car aucun ne pouvait penser autrement que dans son schéma traditionnel, c’est-à-dire qu’un avion vole grâce aux énergies fossiles. C’est finalement un chantier naval qui a construit Solar Impulse avec le succès qu’on connaît.
  • De la même manière, l’évolution extraordinaire de la voiture électrique n’est pas le fruit des constructeurs automobiles, pourtant une des industries les plus puissantes du monde, mais d’Elon Musk qui n’était pas un constructeur automobile.
  • Sommes-nous capables de penser autrement, de voir l’action collective différemment, de voir ce ce qu’elle est tout simplement ? A défaut, pour reprendre Walter Benjamin, « la catastrophe, c’est quand les choses suivent leur cours ».
  • Il serait tellement commode d’incriminer les Présidents de la République successifs et l’ensemble des acteurs publics.
    91 Ils ont montré leurs capacités en période de crise aigüe : le Président Chirac, « notre maison brûle et nous regardons ailleurs » et le refus de cette guerre en Irak et d’y entraîner la France ; le Président Sarkozy, et la grave crise financière mondiale de 2008 ; le Bataclan et ses conséquences pour le Président Hollande, la vaccination généralisée et la crise ukrainienne pour le Président Macron. Ils ont été chacun à la hauteur de la situation.
  • Je n’attends pas de ce quinquennat que nous ayons des comptes publics équivalents à nos amis allemands, car nous avons fait le choix collectif de l’école gratuite, de la justice gratuite, d’une défense nationale et de la carte Vitale. En revanche, redevenir efficaces sur l’essentiel avec des comptes publics maîtrisés est évidemment à notre portée.
  • J’attends un souffle, la mise en mouvement de toute la société. Ce quinquennat doit être extraordinaire et permettre de rebâtir une France de la fraternité car nous disposons d’acteurs publics et privés engagés, enthousiastes et dévoués. Nous devons mettre de l’organisation et de la cohérence. Cette union, cette grande coalition portée par la Présidence de la République et le Parlement pourrait déboucher sur un referendum, un vrai rendez-vous de la nation. En tout les cas remettre en mouvement les forces vives de notre pays.
    Quel est le risque ?

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