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INSTITUTIONS (5) « Macron tente un rattrapage sur les institutions »

« Le chef de l’Etat ne veut pas laisser ces sujets à Marine Le Pen,

alors que son camp s’inquiète, en cas de victoire, de la place des oppositions après l’effondrement des candidats des partis historiques au premier tour dimanche », c’est le propos de Liberation dans l’article ci contre.

VOIR NOTRE SERIE DE PUBLICATIONS RELATIVES AUX INSTITUTIONS DANS L’ENTRE DEUX TOURS:

INSTITUTIONS, ÇA BOUBE : E. Macron comme M. Le Pen, « plutôt favorable au septennat » – M.A.J. https://metahodos.fr/2022/04/12/institutions-ca-boube-e-macron-comme-m-le-pen-plutot-favorable-au-septennat/

INSTITUTIONS (2) REFORMER LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL, si l’on veut consolider l’Etat de droit et permettre des innovations démocratiques https://metahodos.fr/2022/04/13/reformer-le-conseil-constitutionnel-si-lon-veut-consolider-letat-de-droit-et-permettre-des-innovations-institutionnelles/

INSTITUTIONS (3) Le retour au septennat proposé par Le Pen suivie par Macron. https://metahodos.fr/2022/04/13/le-retour-au-septennat-propose-par-le-pen-suivi-par-macron/

INSTITUTIONS (4) Marcel GAUCHET: « UNE CRISE DES INSTITUTIONS » https://metahodos.fr/2022/04/14/marcel-gauchet-il-y-a-une-crise-morale-des-institutions/

Article

Référendum, proportionnelle… Macron tente un rattrapage sur les institutions

par Jean-Baptiste Daoulas et Laure Equy publié le 14 avril 2022 LIBERATION

L’une accuse son adversaire d’avoir «peur du peuple». Le second s’emploie à dévoiler le «vrai visage de l’extrême droite», qui «ne respecte pas les libertés, le cadre constitutionnel, l’indépendance de la presse et des libertés fondamentales». Dans le duel qu’ils se livrent à distance en vue du second tour, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ferraillent depuis deux jours sur le terrain démocratique.

«Un début de dérive autoritaire»

Abstention, sinon record, du moins dangereusement élevée pour le premier tour d’une présidentielle (26 %), partis dits «de gouvernement» au tapis, bloc d’extrême droite à plus de 30 % : le président sortant a pu de nouveau mesurer à quel point le pays souffre d’une fièvre démocratique carabinée. Alors que son adversaire du Rassemblement national (RN) brandit le slogan d’une «révolution référendaire» en reprenant la revendication portée par les gilets jaunes du référendum d’initiative citoyenne (RIC), il tente de riposter. Non seulement en s’emparant du dérapage de Marine Le Pen, qui expliquait mardi«assumer» de trier les journalistes autorisés à la suivre – «un début de dérive autoritaire», pointe-t-il.

Mais aussi en dénonçant le coup de force constitutionnel que voudrait tenter la candidate d’extrême droite, en soumettant directement aux électeurs des modifications de la loi fondamentale de 1958 sans passer par le Parlement. «Une recette qui consiste à changer la Constitution à sa main sous prétexte de consulter le peuple», a-t-il prévenu mercredi matin sur France 2.

Depuis dimanche, soucieux d’afficher son souhait de «redonner de la force à la souveraineté populaire», Macron ne rate pas une occasion de lancer des pistes susceptibles de réanimer la démocratie. Le Pen souhaite instaurer un septennat non-renouvelable ? Lui se prononce aussi pour le mandat présidentiel de sept ans  une «bonne respiration par rapport au rythme des législatives» –, qu’il souhaite en revanche renouvelable. Elle veut la proportionnelle intégrale aux élections législatives ? «On peut aller jusque-là», embraye-t-il, comme il l’avait affirmé le 18 mars à Pau. En 2017, le candidat d’En marche avait promis d’instaurer une dose de proportionnelle, totem de son allié du Modem, mais la proposition est restée lettre morte, faute d’avoir pu toper avec le Sénat en 2018 sur la réforme des institutions, assurent les marcheurs. Echaudé, Macron ne s’engage plus sur une révision constitutionnelle mais veut mettre en place une «commission transpartisane»chargée de plancher sur le sujet. «LR et nous, on n’a jamais réussi à se mettre d’accord. On ne doit pas faire comme en 2018 où ça a fritté avec la droite.

Là, il faut ouvrir largement cette réflexion aux élus, aux citoyens, aux corps intermédiaires», estime une députée LREM. Le candidat qui compte donner à son éventuel second quinquennat un souffle de «grand débat permanent» et promet de «grandes concertations» sur la santé et l’école, sait qu’il a, pour sauver sa tête, tout intérêt à se présenter sous un jour moins jupitérien.

Le risque d’une Assemblée trop monochrome ?

Macron pense aussi à l’après. En cas de réélection, il risque de devoir gérer un problème de riche aux législatives de juin. Entre le mode de scrutin uninominal à deux tours, défavorable au Rassemblement national et à La France insoumise, l’effet de souffle de la présidentielle et l’effondrement de LR et du PS, sa majorité parlementaire de 2022 pourrait être encore plus pléthorique que les 350 sur 577 sièges réunis en 2017. Paradoxalement, une Assemblée nationale trop monochrome, en décalage complet avec la photo du premier tour de la présidentielle, affaiblirait d’entrée sa légitimité. 

«Déjà, quand les gilets jaunes escaladaient les grilles de l’Assemblée et que je ne voyais que 15 députés LFI et 5 RN dans l’hémicycle, je me disais qu’il y avait un problème, reconnaît un député proche du Président. Mais si Le Pen fait 48 % le 24 avril, ça va devenir criant !» Le souvenir des gilets jaunes est toujours vivace, faisant craindre un troisième tour social dans la rue si les Français ne se sentent pas représentés par leurs députés. «Tu ne peux pas avoir de l’hystérie au début de ton quinquennat, ça t’affaiblirait», tranche un conseiller de Macron. Comment l’éviter ?

Macron lui-même fait miroiter une «nouvelle méthode», «pour rassembler les convictions et les sensibilités diverses», annonçait-il le soir du premier tour, sans avoir précisé son intention depuis. «La nouvelle méthode, c’est les pouvoirs du Parlement, le recours au référendum, la proportionnelle, la participation citoyenne, conjecture un ministre. Il faut que le président en dise quelques mots.»Dans un scénario digne de la série télé Baron noir, certains l’encouragent à dégainer une mesure choc : s’engager, par exemple, à ne plus utiliser le très décrié article 49.3 de la Constitution, permettant au gouvernement de passer en force à l’Assemblée. «Mais c’est audacieux, car ça peut être utile le 49.3 !»tempère le ministre précédemment cité. D’autant plus osé que le gouvernement d’Edouard Philippe y a eu recours sur la réforme des retraites en 2020.

«Sauver des espèces en voie de disparition»

A moins que la clé ne réside dans la composition de l’Assemblée ? Des proches du président phosphorent sur les moyens d’épargner des députés d’opposition modérée en juin, pour maintenir un semblant de diversité sur les sièges en velours rouges. «Est-ce que l’on essaye de favoriser leur réélection s’ils sont capables de venir en soutien sur certains thèmes ?», réfléchit à haute voix un ministre, citant le nom de la socialiste Valérie Rabault, très respectée à l’Assemblée et guère Macron-compatible. Avant de revenir sur terre : «Le problème est que ça donne l’impression que le système se préserve.

On en est presque à vouloir sauver des espèces en voie de disparition !» Ne pas présenter de candidats LREM face à de gentils spécimens LR et PS, dernière bizarrerie d’une Ve République usée jusqu’à la corde. «Aujourd’hui n’est que le produit de ce que l’on n’a pas fait, nous et nos opposants, depuis cinq ans, réplique un dirigeant centriste. En croyant que ça repartirait pour eux en 2022 après leurs victoires aux élections locales, LR et les socialistes ont aussi créé ce qui s’est passé dimanche.»

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