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LA SUPPRESSION DE LA REDEVANCE MENACE-T-ELLE ARTE ?

La chaîne franco-allemande Arte, totalement dépendante de l’audiovisuel public, pourrait voir son bon fonctionnement menacé en cas de suppression de la redevance télé. (SYSPEO / SIPA)

La chaîne franco-allemande fête ses 30 ans

Arte, totalement dépendante de l’audiovisuel public, pourrait voir son bon fonctionnement menacé en cas de suppression de la redevance télé.

Elle pourrait être fragilisée à cause de la suppression de la redevance télé voulue par Emmanuel Macron.

« Le flou autour de la suppression de la redevance pourrait mettre à mal le développement de la chaîne, davantage financée par nos voisins outre-Rhin, où la redevance coûte aux Allemands 220 euros par an, contre 138 euros seulement en France. « peut on lire dans l’article ci contre.

ARTICLE

La suppression de la redevance télé aura-t-elle la peau d’Arte France ?

Par Emma Poesy. L’Obs

La 75e édition du Festival de Cannes qui s’est achevée samedi 28 mai aura fait plusieurs gagnants. Le cinéaste Ruben Östlund d’abord, réalisateur de « Sans filtre », a obtenu la palme d’or pour la seconde fois en cinq ans. Cette victoire est aussi celle d’Arte, la chaîne publique franco-allemande, qui a financé le long-métrage ainsi que onze autres palmes d’or, depuis sa création en 1992. La chaîne, qui affiche des audiences au beau fixe, pourrait cependant être mise à mal par la suppression de la redevance télé voulue par Emmanuel Macron.

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C’est le président de la chaîne, Bruno Patino, qui tire la sonnette d’alarme auprès de l’AFP : sans redevance et sans annonces claires sur le financement de l’audiovisuel public, c’est tout le circuit d’Arte qui pourrait être mis en danger. La chaîne, détenue par l’Etat, Radio France, l’INA et France Télévisions, dépend à 95 % de fonds publics. En effet, Arte n’a pas le droit de diffuser de la publicité, sauf des messages dits « d’intérêt public » (comme le sponsoring de ses propres programmes).

Sans redevance, c’est donc tout l’écosystème de la chaîne, financée conjointement par les services publics français et allemand, qui pourrait basculer.

Un « potentiel déséquilibre de financement »

Le flou autour de la suppression de la redevance pourrait mettre à mal le développement de la chaîne, davantage financée par nos voisins outre-Rhin, où la redevance coûte aux Allemands 220 euros par an, contre 138 euros seulement en France. « Mon souci est de sensibiliser nos interlocuteurs à ce potentiel déséquilibre de financement », a indiqué à l’AFP Bruno Patino. De son côté, le vice-président de la chaîne, l’Allemand Peter Weber, a mis en garde : « Il est certain que toute baisse de la dotation d’Arte France aurait des conséquences sur le financement allemand de la centrale. »

Si la France finance déjà moins Arte que son voisin allemand, elle est pourtant la plus grosse consommatrice de la chaîne. En France, Arte détient 2,9 % de parts d’audience, contre seulement 1,3 % en Allemagne. Un différentiel qui s’explique par une plus rude concurrence chez nos voisins allemands – à son lancement, Arte était une chaîne « parmi une trentaine d’autres », justifie Peter Weber. En revanche, la plateforme Arte.tv, qui a pris le virage du numérique très tôt, affiche de bonnes audiences, côté allemand comme côté français, avec des scores à quasi-égalité.

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La plateforme, qui se revendique, notamment dans ses campagnes de pub, d’être totalement gratuite et accessible à tous les Européens (depuis 2015, la chaîne travaille sur le sous-titrage de ses programmes en anglais et espagnol, et en polonais et italien depuis 2016 et 2018), entend continuer son développement. « Notre enjeu n’est pas d’être plus gros que Netflix, mais d’être une plateforme européenne de très grande qualité qui propose des programmes européens à tous les pays d’Europe dans la langue de chacun », avait ainsi déclaré son président.

Un avenir incertain

Une volonté de développement qui se heurte au programme d’Emmanuel Macron. L’ancien porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait annoncé sur Franceinfo que malgré la suppression de la redevance télé – qui accompagnerait la suppression de la taxe d’habitation, prévue au programme du président Macron –, l’audiovisuel public serait encore financé. « On a besoin d’un audiovisuel public fort dans un contexte de désinformation, où les géants du numérique font circuler des informations pas toujours sourcées », « parce qu’il participe à la création française », avait-il justifié alors.

L’ex-porte-parole avait évoqué la possibilité de « prévoir un système où vous avez de la visibilité sur plusieurs années, avec par exemple un budget voté pour cinq ans, comme cela existe pour certains secteurs de l’Etat ». Pour l’heure, aucune piste n’a été mise sur la table, et l’incertitude demeure.

Par Emma Poesy

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