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McKINSEY – LE DÉTAIL DES INVESTIGATIONS JUDICIAIRES SUR LES CAMPAGNES ET LES MARCHÉS PRÉSIDENTIELS

RAPPEL : Présidentielles 2017 et 2022 : la justice a ouvert une enquête pour « financement illégal » des deux campagnes d’Emmanuel Macron

Une information explosive. Jeudi 24 novembre, Le Parisien a révélé que la justice s’intéressait de très près au potentiel financement par le cabinet de conseil McKinsey des campagnes présidentielles de 2017 et 2022 d’Emmanuel Macron, campagnes de 2017 et 2022.

D’après le quotidien, une information judiciaire a été ouverte au cours du mois de novembre pour des chefs de « favoritisme » et de « financement illégal de campagne électorale » par le parquet national financier (PNF). Les investigations visent les liens entre Emmanuel Macron et le cabinet de conseil McKinsey.

Elles s’intéressent aux conditions d’attributions de certains contrats publics aux montants colossaux à cette entreprise américaine, ainsi qu’à des soupçons de financement occulte de la campagne victorieuse du chef de l’État de 2017.

Dans un communiqué de presse, le PNF a confirmé les révélations du Parisien sur une enquête en cours. L’Elysée a réagi en affirmant qu’il revenait à la justice d’enquêter « en toute indépendance » E.Macron a fait successivement un certin nombre de declarations qui monteent un embarras réel et esquisse une défense : ce n’est pas lui qui est visé pour les marchés …

D’après Le Parisien, le cabinet de conseil McKinsey se trouverait au cœur de l’enquête en raison de possibles attributions de marchés publics en contrepartie d’un financement politique.

C’est ce que chercheraient à savoir les trois juges du PNF, parmi lesquels Serge Tournaire, connu pour avoir mis en examen François Fillon en 2017 dans l’enquête sur les emplois fictifs de son épouse Penelope, tous deux ayant depuis été condamnés en première instance puis en appel, ainsi que Nicolas Sarkozy, dans l’affaire Bygmalion. Ces magistrats seraient appuyés par un service de gendarmerie spécialisé.

Des liens existent entre le chef de l’État, son entourage et l’entreprise américaine.

Des consultants ou ex-consultants du cabinet privé ont œuvré pour la campagne électorale en 2017, a révélé Le Monde. Des salariés de McKinsey ont rejoint des postes au sein du parti présidentiel La République en Marche ! ou des cabinets ministériels.

À la suite d’un rapport d’une commission d’enquête du Sénat

datant de mars dernier dénonçant l’emprise des cabinets de conseils privés sur les politiques publiques et l’ouverture par le PNF d’investigations pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale » visant notamment McKinsey, Emmanuel Macron s’était publiquement exprimé sur « l’affaire McKinsey » pour récuser tout favoritisme à l’égard de l’entreprise américaine. « S’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal (…) On a l’impression qu’il y a des combines, c’est faux. Aucun contrat n’est passé dans la République sans qu’il ne respecte la règle des marchés publics, que quiconque a la preuve qu’il y a manipulation mette le contrat en cause au pénal », avait alors déclaré le chef de l’État.

Le président de la République bénéficie d’une immunité présidentielle pendant toute la durée de son mandat, ce qui signifie qu’il ne peut être entendu pour l’heure dans cette procédure, ni par les juges ni par les enquêteurs.

 » Affaire McKinsey : sur quoi portent les trois enquêtes ouvertes par le Parquet national financier ? « 

TITRE FRANCE INFO QUI POURSUIT :

Une enquête préliminaire et deux informations judiciaires ont été ouvertes sur les pratiques du cabinet de conseil américain et ses relations avec l’Elysée. Voici sur quoi portent précisément ces trois enquêtes.

1.Une enquête sur des soupçons d' »optimisation fiscale »

La justice a mis son nez dans les affaires de McKinsey après la publication en mars d’un rapport d’une commission d’enquête sénatoriale sur le recours par l’Etat aux cabinets de conseil privés. Le cabinet américain, créé par James McKinsey dans les années 1920, a notamment conseillé le gouvernement sur la stratégie vaccinale de la France face au Covid-19. Avec plus de 12 millions d’euros facturés pendant la crise sanitaire, il est celui auquel l’exécutif a eu le plus recours.

Ces travaux sénatoriaux dénonçaient un « phénomène tentaculaire » et son coût croissant pour les finances publiques. Lors de leur présentation, le président de la commission d’enquête, le sénateur LR Arnaud Bazin, avait annoncé saisir le procureur de la République pour une « suspicion de faux témoignage » du directeur associé du cabinet McKinsey. Ce dernier avait assuré lors de son audition que l’entreprise payait ses impôts en France.

« Lorsque l’on regarde sur les dix dernières années, cet impôt est à zéro, parce que le résultat fiscal est systématiquement négatif. »Arnaud Bazin, sénateur du Val-d’Oise

lors de la présentation de son rapport

Les entités françaises de McKinsey sont soupçonnées d’avoir créé un montage fiscal qui leur a permis de ne verser aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. L’entreprise, dont le siège parisien a été perquisitionné fin mai, avait affirmé « respecter les règles fiscales et sociales françaises qui lui sont applicables ».

Emmanuel Macron avait de son côté assuré que ce non-paiement de l’impôt sur les sociétés s’expliquait par les règles fiscales en vigueur, affirmant s’être « battu » au niveau européen pour qu’elles changent bientôt. « S’il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal », avait-il lancé, agacé, le 27 mars sur France 3. Dont acte. A quelques jours du premier tour de la présidentielle, le PNF avait annoncé avoir ouvert une enquête pour « blanchiment aggravé de fraude fiscale », afin de faire la lumière sur les pratiques d’« optimisation » de McKinsey en France.

2.Une information judiciaire sur le rôle de McKinsey en 2017 et en 2022 

L’affaire McKinsey ne s’est pas arrêtée là. Dans son communiqué, le PNF précise qu’à la suite de « plusieurs signalements et plaintes d’élus et de particuliers », il a décidé d’élargir les investigations et de les confier à des juges d’instruction, dont Serge Tournaire, doyen du pôle financier au tribunal judiciaire de Paris, qui a déjà à son actif la condamnation de François Fillon dans l’affaire d’emploi fictif de son épouse Penelope, et celle de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bygmalion, pour laquelle l’ancien président a fait appel.

Une information judiciaire a ainsi été ouverte le 20 octobre des chefs de « tenue non conforme de comptes de campagne » et « minoration d’éléments comptables dans un compte de campagne ». Celle-ci porte sur les conditions d’intervention de cabinets de conseil, dont McKinsey, dans les campagnes électorales de 2017 et 2022. Comme l’explique Le Parisien, la justice cherche à savoir McKinsey n’a pas fait bénéficier « pro bono » au candidat Emmanuel Macron de travaux et d’expertises qui auraient dû être comptabilisées dans les dépenses de campagne.

Les liens entre le cabinet de conseil et le chef de l’Etat sont anciens et remontent à 2007, quand le jeune énarque et les cadres de McKinsey phosphoraient au sein de la commission Attali pour « libérer » la croissance française. Dix ans plus tard, les « MacronLeaks », une fuite de données avant la présidentielle de 2017, révèlent la collaboration entre des membres de McKinsey et En marche !, le mouvement lancé par Emmanuel Macron pour propulser sa candidature en 2017, rappelle Le Monde. Pourtant, aucune trace d’une facture du cabinet dans les comptes de campagne du parti, pointait le quotidien du soir dans une enquête publiée en février.

Quid de la campagne de 2022 ? Une cheville ouvrière de la réélection d’Emmanuel Macron soutient auprès de franceinfo qu’il n’y a eu aucun recours à des cabinets de conseil, que le suivi des comptes a été extrêmement rigoureux et que les échanges sur des points de procédure avec la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) ont été nombreux. « Mes comptes de campagne de 2017, ils ont déjà été soumis à toutes les procédures, au juge, ils ont été validés par les procédures que nos lois prévoient [et] ceux de 2022 sont en chemin comme tous les candidats », s’est défendu Emmanuel Macron, vendredi 25 novembre, disant souhaiter « que toute la lumière soit faite et que la transparence soit faite ».

3.Une information judiciaire sur l’attribution de contrats publics

Y a-t-il eu renvoi d’ascenseur à McKinsey de la part de l’exécutif une fois Emmanuel Macron élu en 2017 ? Les juges s’intéressent aussi aux conditions d’attributions de certains contrats publics aux montants salés à cette entreprise américaine, explique Le Parisien. Le Parquet national financier souligne dans son communiqué que, « suite à plusieurs plaintes d’élus et d’associations », une autre information judiciaire « a été ouverte le 21 octobre 2022 des chefs de favoritisme et recel de favoritisme ». Selon les calculs du Monde, McKinsey a décroché une quarantaine de missions pour le gouvernement ou diverses agences de l’Etat sur la seule période 2018-2021, pour un total compris entre 28 millions et 50 millions.

Outre la campagne de vaccination, McKinsey a par exemple été mandaté pour réfléchir à l’avenir du métier d’enseignant, une prestation facturée près de 500 000 euros au ministère de l’Education nationale. Parfois, aucune suite tangible n’a été donnée à leurs missions, révèle le rapport du Sénat (PDF). Les auteurs citent en exemple l’intervention de McKinsey en 2019 et 2020 à la Caisse nationale d’assurance-vieillesse « pour préparer la réforme des retraites ». Montant facturé : 957 674,20 euros. Les sénateurs mentionnent aussi des initiatives gracieuses, comme l’organisation pour l’Elysée du sommet Tech for Good en 2018. Cette technique du « pied dans la porte », qui consiste en une intervention gratuite des consultants pour l’administration, s’inscrit dans « la stratégie commerciale » des cabinets de conseil et sont dénuées de tout régime juridique, alertent les parlementaires.

« Moi en l’espèce, je peux vous dire ce que fait un président de la République et ce que ne fait pas président de la République : il ne va pas s’amuser à attribuer tel ou tel marché », a répliqué le chef de l’Etat mardi. Comme l’avait souligné Le Monde, l’Elysée avait refusé de suivre la recommandation de la Commission d’accès aux documents administratifs et de communiquer au journal les documents liés aux missions des cabinets de conseil entre 2017 et 2022. La justice aura sans doute plus de succès pour obtenir ces éléments.

…/…

PUBLICATIONS DE METAHODOS – LES ENTRETIENS DE LA MÉTHODE

MC KINSEY – PARQUET FINANCIER, MARCHÉS ET CAMPAGNES – E.MACRON, DÉNÉGATIONS ET ÉLÉMENTS DE DÉFENSE – MISE À JOUR https://metahodos.fr/2022/11/25/deux-informations-judiciaires-sur-les-comptes-de-campagne-de-macron-et-les-marches/

« McKinsey : le PNF enquête sur les campagnes 2017 et 2022 de Macron » LE POINT Extrait https://metahodos.fr/2022/11/25/mckinsey-le-pnf-enquete-sur-les-campagnes-2017-et-2022-de-macron/

E. MACRON VISÉ PAR UNE ENQUÊTE DU PARQUET NATIONAL FINANCIER POUR FINANCEMENT ILLÉGAL DE CAMPAGNE https://metahodos.fr/2022/11/24/e-macron-vise-par-une-enquete-du-parquet-national-financier-pour-financement-illegal-de-campagne/

ARTICLE

McKinsey : le PNF enquête sur le financement des campagnes présidentielles de Macron

Par Laurent Valdiguié MARIANNE Publié le 24/11/2022

Démarrée avec l’enquête pour « blanchiment de fraude fiscale » visant le géant américain du conseil McKinsey, l’enquête du Parquet national financier (PNF) vise désormais des soupçons sur le financement électoral des deux campagnes présidentielles d’Emmanuel Macron. Un dossier susceptible d’empoisonner le dernier quinquennat du président.

Tempête au sommet de l’État. L’information couvait depuis quelques jours, mais elle n’a été rendue publique que ce jeudi 23 novembre par Le Parisien. Le Parquet national financier (PNF) a élargi l’enquête pour « blanchiment de fraude fiscale » visant le groupe américain de conseil McKinsey à des faits de « financement illégal de campagne » et « favoritisme ». Le PNF confirme ce jeudi soir avoir ouvert deux informations judiciaires, les 20 et 21 octobre derniers. La première a été déclenchée pour « tenue non conforme de comptes de campagne et minoration d’éléments comptables dans un compte de campagne, portant sur les conditions d’intervention de cabinets de conseils dans les campagnes électorales de 2017 et 2022 ». En ligne de mire, les deux présidentielles victorieuses d’Emmanuel Macron et le rôle qu’aurait joué en sous-main McKinsey. Les deux comptes de campagne, validés par le Conseil constitutionnel, vont être ressortis des archives et épluchés.

La seconde information judiciaire porte sur des soupçons de « favoritisme » et recel de « favoritisme », à la suite de plaintes « d’élus et d’associations », précise le PNF dans un communiqué. Dans ce second dossier, ce sont les conditions d’attributions de marchés publics au groupe McKinsey qui vont être épluchées. Trois juges d’instruction ont été désignés, dont l’expérimenté Serge Tournaire, revenu de Nanterre en septembre, et qui a déjà à son actif le renvoi de François Fillon en correctionnelle dans les affaires d’emplois fictifs de son épouse, et de Nicolas Sarkozy dans la tentaculaire affaire Bygmalion, portant sur le financement de la campagne présidentielle de 2012.

MCKINSEY À BERCY

Tout remonte donc au printemps dernier, et aux premiers soupçons visant le géant américain du conseil. Mi-mars, un rapport d’enquête parlementaire du Sénat pointe les contrats pharaoniques obtenus par McKinsey auprès de l’administration Macron depuis 2018. Consulté pour un oui ou pour un non, souvent en doublons d’études effectuées par l’administration elle-même, (comme avec ce rapport sur « l’avenir du métier d’enseignant », facturé un demi-million d‘euros), McKinsey a vu ses honoraires gonfler sous le mandat Macron, jusqu’à atteindre le montant record du milliard d‘euros en 2021.

À LIRE AUSSI : McKinsey, Accenture… 28 millions d’euros dépensés en cabinets de conseil durant le Covid-19

Cerise sur le gâteau de l’enquête des parlementaires : alors qu’il effectue une grosse partie de son chiffre d’affaires avec l’État, une activité manifestement rentable, le cabinet McKinsey échappe à l’impôt en France depuis dix ans. Par un jeu d’écritures comptables, et de refacturations internes, le groupe « plombe » son activité française au profit d’autres filiales du groupe, notamment celle de la maison-mère, dans l’État américain du Delaware, connu pour son faible taux d’imposition. En pleine campagne présidentielle, la polémique enfle. « Que ça aille au pénal ! » s’emporte même le candidat Macron le 27 mars dernier. Le 4 avril, Marianne révèle que le PNF « étudie l’éventualité d’une enquête préliminaire visant le cabinet de conseils McKinsey. Un sujet à très haut risque en pleine présidentielle puisque la société américaine, dont des cadres ont travaillé pour la campagne de 2017 du candidat Macron, a vu ses prestations exploser sous le quinquennat actuel… »

En coulisses, dès le 31 mars, le PNF a effectivement lancé une enquête dont les investigations ont été confiées à un service spécialisé de Bercy. Une fois la présidentielle passée, fin mai, une perquisition a lieu dans les locaux du géant du conseil, soupçonné de « blanchiment de fraude fiscale ». L’analyse des documents saisis a finalement conduit le PNF à élargir les investigations aux campagnes de 2017 et 2022. Le PNF a également reçu des « plaintes » d’élus et d’associations, faisant état d’un certain nombre de doutes concernant McKinsey. « Pour la campagne présidentielle de 2017, dans la petite équipe qui entourait Macron à Bercy, il y avait déjà plusieurs membres de l’équipe McKinsey », admet une source longtemps proche de l’actuel président. « Pour autant étaient-ils bénévoles ou leurs prestations auraient-elles dû être facturées ? », s’interroge cette source.

PRÉSIDENTIELLE « MAUDITE »

Autre soupçon judiciaire possible, des interventions du géant américain pour les présidentielles ont-elles été minorées ou oubliées des comptes de campagne officiels et refacturées ensuite, sous forme de prestations bidons payées par l’État ? L’enquête sur le système Bygmalion, et la campagne de Nicolas Sarkozy de 2012, a établi que des prestations effectuées pour la campagne avaient été en réalité facturées à l’UMP sous forme de fausses factures correspondant à des prestations bidon pour le compte du parti. Le procès en correctionnelle a déjà valu à l’ancien chef de l’État une condamnation à un an de prison ferme pour laquelle il a fait appel.

La justice doit enquêter « en toute indépendance » a réagi l’Élysée ce jeudi soir auprès de l’AFP. « À mon avis, un noyau très restreint de gens était au courant, via la Chancellerie », confie à Marianne un proche du chef de l’État. Protégé par l’immunité présidentielle le temps de son mandat, Emmanuel Macron ne risque pas d’être convoqué par les magistrats désormais en charge d’enquêter sur ses deux campagnes. Les juges devront attendre la fin de son mandat et de sa protection pénale. En attendant, ils ont tout le loisir d’entendre qui ils veulent… « Décidément, cette présidentielle de 2017 était maudite », réagit un proche du locataire de l’Élysée. Jusque-là, Emmanuel Macron, contrairement à la plupart des candidats, de Sarkozy à Bayrou et Fillon, en passant par Mélenchon et le Pen, échappaient à toute investigation judiciaire. C’est terminé.

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