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MISE À JOUR 3 – « UN DEAL SECRET ENTRE UBER ET MACRON » ? : LE DOSSIER

«Uber Files» :

Dans le cadre des «Uber Files», une enquête reposant sur des milliers de documents internes à Uber adressés par une source anonyme au quotidien britannique The Guardian et transmis au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et à 42 médias partenaires, Le Monde, s’est intéressé aux liens entre la société américaine et Emmanuel Macron à l’époque où il était ministre de l’Economie (2014-2016).

Des réunions dans le bureau du ministre, de nombreux échanges (rendez-vous, appels ou SMS) entre les équipes d’Uber France et Emmanuel Macron ou ses conseillers

Dans le cadre des « Uber Files », une enquête reposant sur des milliers de documents internes à Uber adressés par une source anonyme au quotidien britannique The Guardian et transmis au Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et à 42 médias partenaires, Le Monde s’est intéressé aux liens entre la société américaine et Emmanuel Macron à l’époque où il était ministre de l’Economie (2014-2016).

FRANCE INTER : « Uber Files : Quand Emmanuel Macron jouait les lobbyistes pour Uber »

« Des documents internes à Uber montrent comment Emmanuel Macron, lorsqu’il était à Bercy, s’est employé à aider l’entreprise américaine lorsqu’elle était confrontée à l’hostilité du pouvoir politique et de la justice. «

« “Should we trust Caz ?” Autrement dit : “Devrions-nous faire confiance à Bernard Cazeneuve ?” Ce 3 juillet 2015, l’entrepreneur américain Travis Kalanick, cofondateur d’Uber, adresse cette question par SMS au ministre de l’économie, Emmanuel Macron. Le patron de la Silicon Valley regarde avec inquiétude la situation en France, premier pays où il a exporté son activité. Uber fait alors l’objet de nombreuses enquêtes dans l’hexagone, sur le plan pénal comme sur le plan fiscal. Une violente crise a éclaté avec les taxis. Des heurts et manifestations se multiplient dans tout le pays. Principal motif de la gronde des taxis : l’offre “Pop”, développée par Uber, qui permet à n’importe qui de s’improviser chauffeur pour arrondir ses fins de mois. »

« Jugé illégal, le service continuera pourtant à être déployé pendant plusieurs mois. Une provocation qui irritera jusqu’au plus haut sommet de l’État. “Vous êtes des flibustiers”, lâchera, au cours d’une réunion, Bernard Cazeneuve à des cadres de l’entreprise. Le 26 juin 2015, François Hollande annoncera qu’UberPop devra être dissous. «

« Mais les dirigeants de la plateforme américaine garderont confiance car depuis plusieurs mois, ils bénéficient de l’écoute bienveillante de la figure montante du gouvernement, Emmanuel Macron. »

ENTORSES RÉPÉTÉES AUX PRINCIPES DE TRANSPARENCE, ET AUX OBLIGATIONS DE LOYAUTÉ – À L’ÉGARD DU GOUVERNEMENT ET DU PARLEMENT ?

« UN DEAL SECRET ENTRE UBER ET MACRON », titre Le Monde

« En France, Le Monde, conclut à l’existence d’un « deal » secret entre Uber et Emmanuel Macron à Bercy. Le quotidien fait état de réunions dans le bureau du ministre, de nombreux échanges (rendez-vous, appels ou SMS) entre les équipes d’Uber France et Emmanuel Macron ou ses conseillers, citant notamment des comptes-rendus de réunions rédigés par le lobbyiste Mark MacGann. »

« le ministre de l’économie a œuvré en coulisse pour la société de VTC, qui tentait d’imposer une dérégulation du marché et affrontait l’hostilité du gouvernement. »

Des documents internes à l’entreprise, analysés par « Le Monde », montrent comment, entre 2014 et 2016, le ministre de l’économie a œuvré en coulisse pour la société de VTC, qui tentait d’imposer une dérégulation du marché et affrontait l’hostilité du gouvernement.

(Datés de 2013 à 2017, ces courriels, présentations et autres comptes rendus de réunion restés secrets)

Au moins 17 échanges « significatifs » ont eu lieu entre le président ou ses proches conseillers et les équipes d’Uber, affirme Le Monde.

« Uber Files » : en 2017, une forte proximité idéologique entre Uber et la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron »

Titre Le Monde qui poursuit :

« Pour sa première campagne, en 2016-2017, Emmanuel Macron a reçu le soutien de très nombreux défenseurs du modèle promu par la start-up, y compris de la part de son ancien lobbyiste en chef en Europe. »

« Mark MacGann a appris à bien connaître Emmanuel Macron. Pendant deux ans, le lobbyiste en chef d’Uber en Europe a multiplié les rendez-vous, appels et échanges de SMS avec le ministre de l’économie. Malgré quelques déceptions, il est resté sur sa première impression : Emmanuel Macron est un homme talentueux, charismatique, qui tente de faire évoluer la France dans la bonne direction. Début 2016, en marge du forum de Davos, il lui envoie un message pour lui demander s’il a besoin d’aide pour lancer sa campagne présidentielle – la rumeur d’une candidature est omniprésente, même si Emmanuel Macron ne se déclarera officiellement qu’en novembre. »

PROTESTATIONS CHEZ UBER ET A L’ÉLYSÉE

Ainsi, la loi dite Macron 2 aurait été pensée partiellement pour l’entreprise américaine : certains décrets ont été pensés spécialement pour la firme comme la suppression des 250 heures de formation nécessaire pour devenir chauffeur et remplacée par une seule journée de formation. D’après le quotidien Le Monde, « plus qu’un soutien, Emmanuel Macron a été quasiment un partenaire ». La société Uber France a confirmé la tenue de réunions mais assure que ces rencontres « relevaient de ses responsabilités en tant que ministre de l’Économie et du Numérique supervisant le secteur des VTC ».

L’Elysée a , de son côté, indiqué que le chef de l’Etat, comme ministre de l’Economie, était « naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu’il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires ».

FRANCEINFO :

« L’enquête reproche par ailleurs au président français Emmanuel Macron d’avoir usé d’efforts considérables pour faciliter les activités de l’entreprise dans l’Hexagone. Il aurait négocié un « accord »secret, alors qu’il était ministre de l’Économie, dès 2014. Les plus hauts dirigeants de l’entreprise auraient rencontré, à plusieurs reprises, le futur président de la République. »

LIRE DANS OUEST FRANCE :

« Une bienveillance qui tranche avec la méfiance du président de la République, de Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, ou celle d’Alain Vidalis, secrétaire d’État chargé des Transports.

« Les documents font état de nombreux rendez-vous et échanges de SMS entre la figure montante du gouvernement et les dirigeants de l’entreprise. Un « accord » aurait été trouvé pour permettre à l’entreprise de poursuivre ses activités sans trop y perdre. En juillet 2015, Uber annonce la suspension de son activité « Pop » qui permettait à n’importe qui d’exercer une activité de transport non rémunérée. Ce jour-là, le PDG d’Uber contacte Emmanuel Macron, qui le rassure : « Cazeneuve va faire taire les taxis et je réunirai tout le monde la semaine prochaine pour préparer la réforme et la bonne loi. Caz accepte l’accord ». Les 250 heures de formation exigées par la loi Thévenoud pour devenir chauffeur tomberont à 7 heures… »

La suggestion d’amendements «clés en main» à des députés

Sont pointées du doigt certaines pratiques destinées à aider Uber à consolider ses positions en France, comme le fait de suggérer à l’entreprise de présenter des amendements «clés en main» à des députés.

Alors que l’actuelle première ministre était en charge du dossier en tant que ministre des transports.

BFM TV :

« Si l’opposition demande des comptes, le chef d’État d’alors, François hollande, nie avoir eu connaissance de ces faits à l’époque. Auprès de Libération, son entourage l’assure, « il n’y a jamais eu, au niveau de l’Élysée, la connaissance du moindre deal. Si ça s’est fait, l’Élysée n’était pas au courant ». Une réaction confirmée auprès de BFMTV dans la foulée. »

Quel niveau de connaissance pour Cazeneuve?

LE HUFFPOST ÉCRIT : « Accusé dans les “Uber Files” d’avoir “accepté” l’accord passé entre Emmanuel Macron et Uber, il explique réserver sa parole ”à un cadre officiel, comme une commission d’enquête parlementaire, par exemple”. Il expliquait par ailleurs dans les colonnes du Monde, au moment de la révélation de l’affaire, n’avoir jamais été consulté ou tenu au courant de l’existence d’un accord en vue d’adapter favorablement la législation pour Uber. «

« Sur le fond du dossier, et en refusant d’entrer dans le détail, l’ancien patron de la place Beauvau explique simplement, toujours auprès du Monde: “Ce que je peux vous raconter, c’est que j’ai été très dur avec eux (Uber). J’avais une intuition très forte que tout cela méritait la plus grande fermeté.” «

« Quand l’entourage de Macron sollicitait un « coup de pouce » pour un recrutement chez Uber »

titre Mediapart qui poursuit : « En juin 2015, Pierre Person, cofondateur des « Jeunes avec Macron », a sollicité l’intervention de Stéphane Séjourné, alors conseiller parlementaire d’Emmanuel Macron au ministère de l’économie, pour être recruté chez Uber. « Je ne me souviens pas si j’ai poussé sa candidature », indique Stéphane Séjourné à Mediapart. »

« Lobbies : « Les politiques doivent rendre publics tous leurs rendez-vous »

titre Mediapart qui poursuit : « Les « Uber Files » ont jeté une lumière crue sur le manque de transparence dans les relations entre le pouvoir et les lobbies, qui charrient de nombreux fantasmes. Pour Guillaume Courty, professeur de science politique à l’université de Picardie-Jules-Verne et chercheur au Curapp, le changement passera par de nouvelles contraintes imposées aux décideurs publics.

« Dix-sept « échanges significatifs » et au moins quatre rencontres, dans le plus grand secret : entre 2014 et 2016, Emmanuel Macron a multiplié les contacts avec les lobbyistes d’Uber, à qui il a fait un pont d’or alors qu’il était ministre de l’économie, comme l’ont révélé les « les Uber Files », des milliers de documents internes à l’entreprise américaine dévoilés depuis dimanche par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

« « Si c’était à refaire, je le referais », a affirmé mardi le chef de l’État, qui a dit « assumer »et même « être fier » d’avoir favorisé l’implantation d’Uber en France, invoquant les emplois créés. Une manière de balayer les questions déontologiques et démocratiques soulevées par cette collusion, dissimulée, entre des intérêts privés et un ministre.

« Qu’est-ce qui vous interpelle dans cette affaire des « Uber Files » ? « Guillaume Coutry : En matière de lobbying, c’est assez rare d’avoir des dossiers aussi complets, où tous les leviers d’influence sont activés (action sur les amendements législatifs, la réglementation, le pouvoir territorial via les préfets), via des canaux très divers (relationnel, mondanités, SMS). On ne voit pas souvent une telle débauche de moyens.

« Uber Files : face au lobbying, des garde-fous insuffisants en France »

titre Le Monde qui poursuit : « La plupart du temps légales, les pratiques d’influence au cœur de l’enquête internationale « Uber Files » devraient faire l’objet d’une transparence et de contrôles accrus, jugent de nombreux spécialistes.

« « Les fonctions d’Emmanuel Macron l’ont naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises. » L’Elysée n’a pas souhaité répondre dans le détail aux révélations des « Uber Files », notamment sur la proximité entre les lobbyistes d’Uber et le président, du temps où il était ministre de l’économie. Mais son commentaire reprend un argument récurrent parmi les nombreux responsables politiques interrogés par Le Monde sur ce dossier : il n’y aurait rien d’anormal à rencontrer des dirigeants d’entreprise ou des lobbyistes dans le cadre des dossiers dont ils ont la charge.

« En réalité, le débat soulevé par cette enquête ne porte pas tant sur l’existence d’échanges entre responsables politiques et entreprises privées que sur l’opacité quasi totale dont ils sont recouverts. « La transparence du lobbying est un vrai enjeu en termes de traçabilité du débat public, estime Jean-François Kerléo, juriste et membre de l’Observatoire de l’éthique publique. Les citoyens doivent pouvoir comprendre comment se crée la loi, quels sont les enjeux et les rapports de force à l’intérieur du pouvoir. »

« Encadrement des lobbys : la loi reste insuffisante« 

titre Public Sénat qui poursuit : « Les révélations du Consortium international des journalistes d’investigation, dont Le Monde, sur les « Uber files », rappellent le poids des lobbys dans la fabrique de la loi. Régulièrement, au cours d’examen de projets de loi au Parlement, certains parlementaires s’insurgent contre l’action de groupes d’influences ou de représentants d’intérêts. Selon la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), la plupart des actions de lobbying ont pour but d’influencer la rédaction de la loi. Et les décideurs publics les plus visés sont le gouvernement et le Parlement (respectivement 56 et 67 % des actions).

« Représentants de secteurs économiques ou ONG, les profils des personnes qui approchent les décideurs sont variés. En moins de dix ans, le cadre légal a évolué, avec plusieurs interventions législatives ou règlements déontologiques. Mais plusieurs acteurs, à commencer par la HATVP, estiment que les règles sont perfectibles.

« L’encadrement des activités des groupes d’intérêt reste relativement récent dans l’histoire de la Ve République. Pionnière dans ce domaine, la loi du 9 décembre 2016, plus connue sous le nom de loi « Sapin II », a été la première à définir les représentants d’intérêt. Selon cette loi, sont considérés comme des représentants d’intérêt des personnes morales de droit privé, des établissements publics exerçant une activité industrielle et commerciale, des chambres de commerce ou de chambres des métiers, dont un membre a pour « activité principale ou régulière d’influer sur la décision publique, notamment sur le contenu d’une loi ou d’un acte réglementaire ».

« Ces personnes entrent en communication avec les membres du gouvernement, les membres des cabinets ministériels, ou encore les parlementaires et leurs collaborateurs. Les partis politiques, les associations d’élus, les syndicats de salariés ou les organisations patronales ne sont pas considérés comme des représentants d’ (…) Lire la suite sur Public Sénat

ARTICLE

Le ministre de l’économie Emmanuel Macron a-t-il déroulé le tapis rouge à Uber ?

latribune.fr. 11 Juill 2022

Ceux qui ont vu la série Super Pumped, diffusée le mois dernier sur Canal Plus et dont l’histoire se focalise sur la saga de la société Uber et de son PDG Travis Kalanick, ne peuvent pas être étonnés de la mise à jour des pratiques douteuses de la société de VTC pour s’installer dans telle ou telle ville.

Des milliers de documents internes – « Uber Files », envoyés au Guardian, mettent ainsi en avant certaines méthodes employées pendant ces années d’expansion rapide mais aussi de confrontation pour Uber, de Paris à Johannesburg.

« L’entreprise a enfreint la loi, trompé la police et les régulateurs, exploité la violence contre les chauffeurs et fait pression en secret sur les gouvernements dans le monde entier », affirme le quotidien britannique.

En France, Le Monde, conclut à l’existence d’un « deal » secret entre Uber et Emmanuel Macron à Bercy. Le quotidien fait état de réunions dans le bureau du ministre, de nombreux échanges (rendez-vous, appels ou SMS) entre les équipes d’Uber France et Emmanuel Macron ou ses conseillers, citant notamment des comptes-rendus de réunions rédigés par le lobbyiste Mark MacGann.

Sont pointées du doigt certaines pratiques destinées à aider Uber à consolider ses positions en France, comme le fait de suggérer à l’entreprise de présenter des amendements clés en « main » à des députés.

Uber France a confirmé la tenue de réunions avec Emmanuel Macron: des rencontres qui « relevaient de ses responsabilités en tant que ministre de l’Économie et du Numérique supervisant le secteur des VTC ».

Uber France revient par ailleurs sur la suspension d’Uber Pop, un service en fonction entre février 2014 et juillet 2015 qui permettait aux utilisateurs d’être mis en relation avec des véhicules dont les conducteurs étaient de simples particuliers, non titulaires d’une licence de taxi ou de VTC. Cette suspension « n’a aucunement été suivie d’une réglementation plus favorable », comme suggéré dans l’idée d’un « deal ».

L’opposition se déchaîne

L’Elysée indique que M. Macron, comme ministre de l’Economie, était « naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu’il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires ».

La patronne des députés LFI Mathilde Panot a dénoncé sur Twitter un « pillage du pays », Emmanuel Macron ayant été selon elle à la fois « conseiller et ministre de François Hollande et lobbyiste pour multinationale états-unienne visant à déréguler durablement le droit du travail ».

Le numéro un du PCF Fabien Roussel a relayé des « révélations accablantes sur le rôle actif joué par Emmanuel Macron, alors ministre, pour faciliter le développement d’Uber en France »« contre toutes nos règles, tous nos acquis sociaux et contre les droits des travailleurs ».

A l’autre bord, Jordan Bardella, président du RN, a aussi jugé que « le parcours d’Emmanuel Macron a une cohérence, un fil rouge: servir des intérêts privés, souvent étrangers, avant les intérêts nationaux ».

L’ancien député PS Thomas Thévenoud, qui a donné son nom à la loi d’octobre 2014 délimitant plus précisément les droits et devoirs respectifs des taxis et des voitures de transport, accable aussi Emmanuel Macron : « Il a toujours cherché à dérouler le tapis rouge à Uber ».

L’ex-député et éphémère secrétaire d’Etat s’interroge aussi sur le rôle d’Elisabeth Borne, qui « connaît parfaitement ces sujets ». La cheffe du gouvernement a été ministre des Transports au moment de la loi d’orientation des mobilités puis ministre du Travail quand a été favorisé le dialogue social dans le secteur des VTC – « sans accorder le statut de salarié aux chauffeurs Uber ».

Uber ne s’excusera pas pour son passé

« Nous n’avons pas fait et ne ferons pas d’excuses pour des comportements du passé qui ne sont clairement pas alignés avec nos valeurs actuelles », a indiqué Jill Hazelbaker, vice-présidente chargée des Affaires publiques d’Uber. Des articles mentionnent notamment des messages de Travis Kalanick, alors patron de la société, quand des cadres se sont inquiétés des risques pour les conducteurs qu’Uber encourageait à participer à une manifestation à Paris. « Je pense que ça vaut le coup », leur a répondu le cofondateur. « La violence garantit le succès ». Accusé d’avoir encouragé des pratiques managériales douteuses et brutales, sur fond de sexisme et de harcèlement au travail, M. Kalanick avait dû abandonner son rôle de directeur général du groupe en juin 2017.

Annonçant sa démission du conseil d’administration, fin 2019, il s’était dit « fier de tout ce qu’Uber a accompli»« Uber est maintenant l’une des plateformes de travail les plus importantes au monde et fait partie de la vie quotidienne de plus de 100 millions de personnes. Nous sommes passés d’une ère de confrontation à une ère de collaboration », affirme Jill Hazelbaker.

Dans le monde entier, Uber contraint de renforcer le droit des chauffeurs

Fin juin, Uber est parvenu à un accord avec un important syndicat australien, après des années de bataille juridique et des négociations, pour renforcer les droits de 100.000 chauffeurs et livreurs de produits alimentaires.

Dans un communiqué commun, Uber et le syndicat affirmaient alors soutenir la mise en place d’une autorité indépendante par le gouvernement australien pour créer des normes dans le secteur.

Le directeur général d’Uber en Australie Dom Taylor expliquait que la société et le syndicat « ne pouvaient pas apparaître comme des alliés objectifs » mais que l’accord entre les deux parties « améliorerait les protections des travailleurs ».

En Suisse, mi-juin, un accord était trouvé avec les autorités cantonales genevoises pour permettre aux chauffeurs d’Uber de reprendre leur activité, alors suspendue par décision de justice. Selon ce nouvel accord, les chauffeurs genevois de la plateforme américaine de VTC sont désormais employés par des « sociétés partenaires suisses». Avec ce nouveau statut, les chauffeurs bénéficieront notamment du salaire minimum horaire de 23,27 CHF, un des plus élevés au monde, en vigueur à Genève, alors que les sociétés qui les emploient devront s’acquitter du paiement de leurs charges sociales.

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