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LE VRAI PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ EN FRANCE – APRÈS LES COLLECTIVITÉS, VERRIERS ET BOULANGERS, LES RESTAURATEURS ET BOUCHERS… « RAS LE BOL DES NUMÉROS VERTS »

L’ÉCONOMIE FRANÇAISE EN SOUFFRANCE ?

Le nombre de défaillances d’entreprises en France a fortement rebondi en 2022 après la chute observée durant la crise sanitaire, dépassant les 41.000 sur un an. Il reste néanmoins 20% en-deçà du niveau pré-Covid. Pour les mois à venir, tant la Banque de France que le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, ne s’attendent pas à une vague de faillites.

En décembre 2022 sur un an, les défaillances ont plus que doublé (105,7%) dans l’hébergement et la restauration.

NOS TROIS PRÉCÉDENTES PUBLICATIONS :

ALORS QUE LA FRANCE PRODUIT L’ÉLECTRICITÉ LA MOINS CHÈRE D’EUROPE … ELLE RENONCE AU DÉCOUPLAGE – MISE A JOUR https://metahodos.fr/2023/01/05/alors-que-la-france-produit-lelectricite-la-moins-chere-deurope/

POURQUOI LE GOUVERNEMENT ACCEPTE-T-IL UN TEL NIVEAU DE PRIX POUR L’ÉLECTRICITÉ ? POURQUOI RENONCE-T-IL AU DÉCOUPLAGE PROMIS ? https://metahodos.fr/2023/01/04/pourquoi-le-gouvernement-accepte-t-il-un-tel-niveau-de-prix-de-lelectricite-et-renonce-t-il-a-de/

DÉCOUPLAGE INDISPENSABLE DU PRIX DE L’ÉLECTRICITÉ : DES ENTREPRISES EN GRAVE DIFFICULTÉ. ET CRAINTES DES EFFETS DES COUPURES https://metahodos.fr/2023/01/04/80-des-entreprises-craignent-les-effets-de-la-crise-de-lelectricite/

1. ARTICLE

En France, les faillites d’entreprises ont bondi de plus de 48% en 2022

2. ARTICLE

Mais quel serait le juste prix de l’électricité en France aujourd’hui ?

3. VIDÉO

« J’en ai ras le bol des numéros verts » : Emmanuel Macron promet d’accompagner les artisans « avec humanité » face à la crise énergétique

4 . ÉMISSION

«Ce n’est pas faisable» : le PDG d’ekWateur répond aux renégociations voulues par Macron dans l’énergie

1. ARTICLE

En France, les faillites d’entreprises ont bondi de plus de 48% en 2022

05 Jan 2023 LA TRIBUNE

Si l’on veut voir le verre à moitié plein, on retiendra qu’en 2022 le nombre de défaillances d’entreprises reste 20% en-deçà du pré-Covid. Le pessimiste mettra quant à lui en avant les 41.020 défaillances contre 27.592 en 2021. Soit un bond de 48,6%. Pour la Banque de France, qui donne ces chiffres, « ce mouvement de normalisation est commun à tous les secteurs de l’économie et légèrement plus prononcé pour les PME hors tailles indéterminées ».

« Il n’y a pas de mur de faillites » (Bruno Le Maire)

L’optimiste se réjouira aussi que « la Banque de France ne s’attend pas à une vague de faillites dans les mois à venir », selon Emilie Quema, directrice des entreprises au sein de l’institution. Elle rejoint là l’analyse du ministre de l’Économie, Bruno Lemaire. Face à la flambée des prix de l’énergie, il a écarté mercredi l’hypothèse d’une explosion du nombre d’entreprises qui seraient contraintes de mettre la clé sous la porte. « Il n’y a pas de mur de faillites, Il y a une explosion des prix de l’électricité et du gaz qui est dure à vivre pour des milliers d’entrepreneurs, mais ils font face ».

« C’est difficile, nous les accompagnons, mais je ne laisserai pas dire que ça va s’accompagner d’une vague de fermetures, de faillites, parce que ce n’est pas le cas », a-t-il insisté, au lendemain de l’annonce de mesures de soutien spécifiques pour les boulangers. « Aujourd’hui, moins d’1% des entrepreneurs envisagent de fermer ou de ralentir leur production », a assuré Bruno Le Maire en se basant sur des chiffres de l’Insee.

Dans sa dernière enquête publiée fin octobre, la Confédération des petites et moyennes entreprises avance de son côté que 9% des dirigeants des TPE/PME « envisagent un arrêt de leur activité du fait de la hausse des prix de l’énergie ». Un chiffrage que le gouvernement « conteste », a indiqué Bruno Le Maire. « Vous pouvez donner l’exemple de Duralex ou de William Saurin », deux entreprises qui ont récemment annoncé une suspension ou un arrêt partiel de leur activité en raison de l’explosion des coûts de l’énergie, mais vous ne pourrez pas trouver de centaines d’exemples », a renchéri Bruno Le Maire.

Les défaillances ont plus que doublé dans l’hôtellerie restauration

Dans le détail, en décembre 2022 sur un an, les défaillances ont plus que doublé (105,7%) dans l’hébergement et la restauration. Ce secteur avait beaucoup bénéficié des aides durant la crise sanitaire, lorsque de nombreux établissements ont été contraints de fermer provisoirement leurs portes par le gouvernement.

L’industrie (+64,3%), le commerce et la réparation automobile (+54,4%) ont également enregistré de nettes hausses.

La remontée des défaillances est particulièrement marquée parmi les PME (+48,7%), surtout les très petites entreprises (+95,8%) et les petites entreprises (+92,2%). Elle l’est beaucoup moins au sein des entreprises de taille intermédiaire et des grandes entreprises (+20,8%).

Le moral des ménages en prend un coup

Le moral des ménages, face à ces difficultés des entrepreneurs qui vont pour la plupart devoir augmenter leur prix, reste déprimé malgré une légère détente de l’inflation. « Ils ressentent cette crise comme une crise extrêmement grave et ça peut se ressentir sur leur façon de consommer », relève Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

En décembre, l’indice qui synthétise l’opinion des ménages sur leur situation économique et celle du pays a baissé d’un point à 82 et reste très en-deçà de sa moyenne de longue période, qui est de 100, selon l’Institut national de la statistique. « Sur les perspectives de niveau de vie en France, on est presque à un plus bas historique depuis les années 70 », souligne Mathieu Plane. Le moral des ménages avait atteint un plancher historique en juillet 2022. Depuis, il était un peu remonté et ne se dégrade plus, aidé par une baisse de la crainte du chômage.

2. ARTICLE

Mais quel serait le juste prix de l’électricité en France aujourd’hui ?

Loïk Le Floch-Prigent ATLANTICO

Atlantico : Alors que de nombreux boulangers et artisans ne peuvent plus assumer des factures parfois multipliées par 6, Elisabeth Borne a annoncé qu’il serait possible de décaler le paiement des impôts et cotisations sociales pour les catégories concernées. Est-ce une erreur ?

Damien Ernst : Cela pourrait être une bonne chose, si les marchés du gaz se calment un peu. Le pic de prix a probablement été atteint et, même au prix actuel, il y a de la destruction de demande, ce qui devrait continuer à faire baisser les prix. Mais l’Europe, depuis le début, n’a pas voulu s’attaquer, depuis le début de la crise, au mécanisme de fixation de prix : ni au marché day-ahead, ni instaurer un price cap sur le prix du gaz, etc. L’Europe a choisi de ne pas tuer le signal de prix mais de reverser des profits, via les taxes, aux consommateurs.

Loïk Le Floch-Prigent : Bien sur c’est une erreur, ce n’est pas un problème de trésorerie c’est un problème de rentabilité, avec ce prix de l’énergie ils sont dans le rouge et ne se sentent pas de multiplier par deux le prix de leurs produits parce que la grande distribution est déjà nettement moins chère ! Ceux qui ont proposé cette mesure n’ont jamais travaillé dans une PME : reculer un dépôt de bilan c’est toujours aller vers un dépôt de bilan !

Jean-François Raux : Elle n’a pas d’autres moyens à disposition pour soulager la peine de ces gens-là, car le gouvernement ne peut pas faire de geste sur les prix. Autrement, l’Europe de la concurrence va leur tomber dessus. Quand Bruno Le Maire dit que les boulangers pourront résilier leur contrat s’il y a une augmentation abusive des prix, c’est ubuesque : comment juger cela ? Depuis la crise du prix de l’électricité, on met des rustines sans traiter le problème de fond. A court terme il faudrait un geste volontaire d’EDF (comme Total a fait en matière d’essence) de remise sur les factures d’électricité en attendant une solution définitive de correction des aberrations du marché. S’il y a un contentieux de concurrents, ce sera une excellent occasion de parler de ce qui ne va pas. L’ARENH ne suffit plus et il faut cesser de passer par cette formule pleine de biais et pas si efficace. Bien sûr, cela serait transitoire en attendant une réforme profonde du marché.

En quoi le prix de l’électricité, déterminé par le marché européen de l’énergie, et calé sur le prix du gaz, n’est-il pas “juste” ?  Au regard de la réalité de la production électrique en France et de ces contraintes globales [de régulation par les prix notamment], que devrait être le prix “juste” ?

Damien Ernst : Qu’est-ce que le prix juste ? Cela pourrait être, par exemple, le prix moyen de production du MWh pour la France. Pour le mix français, qui est nucléaire, éolien, solaire et hydraulique (avec un peu de gaz), le prix moyen devrait être en dessous de 80 € du MWh alors que nous sommes actuellement à 180€/MWh. Mais ce résultat est aussi dû à des mauvais choix de contrats de fourniture. D’autres contrats sont possibles, comme le PPA, power purchase agreement. Les particuliers comme les entreprises pourraient s’engager à long terme, auprès d’une fournisseur spécifique, par exemple une éolienne, à acheter sa production au prix moyen, 80 €/MWh. Ce qui permettrait de n’avoir à payer que le résiduel au prix du marché. Ces contrats bilatéraux se développent mais il y a encore des réticences. En toute transparence, je suis le CSO d’Haulogy qui propose des solutions informatiques aux entreprises pour que les fournisseurs puissent fournir ces contrats.

Loïk Le Floch-Prigent : Le prix de l’électricité en France est » proposé » par les fournisseurs , parasites inventés par la Commission Européenne en créant le « marché de l’électricité » à partir de 2010 . Ce marché est artificiel puisque la majorité de la production est EDF, que les fournisseurs à part un ou deux ne produisent pas d’électricité, ne la transportent pas, ne la distribuent pas, et utilisent l’électricité cédée par EDF à prix coutant pour passer des contrats avec des clients. Devant les incertitudes actuelles les fournisseurs ont anticipé des hausses spectaculaires alors que les couts de l’électricité produite en France continuent à être très bas, nucléaire et hydraulique pour 85% . L’anticipation des fournisseurs porte en particulier sur le cout marginal du « dernier électron », celui d’une centrale à gaz et tient donc compte de la dérive réelle et potentielle du prix du gaz accéléré par les sanctions à l’égard de la Russie .

Les artisans comme les industriels français ont donc à subir des contrats qui n’ont rien à voir avec la réalité, c’est-à-dire les couts de l’électricité produite en France avec des infrastructures nationales payées par les contribuables français depuis plus de cinquante ans. Il n’y a aucune justification à faire payer par des entreprises françaises les errements d’une politique tarifaire artificielle dont les espagnols et les portugais se sont libérés . Le « juste prix » devrait être celui de la production en ajoutant les charges des producteurs , ce qui conduirait à ne rien changer au prix antérieur et correspondrait aux prix espagnols et portugais . Le prix des contrats, hélas pour partie signés, pour 2023,  est , en général , six fois celui-ci.

Certaines grandes entreprises qui ont anticipé les troubles actuels sont à  76  euros le Mwh , les fournisseurs parasites achètent à EDF dans le cadre de l’ARENH le Mwh à 47 euros, les espagnols et les portugais sont à 115 Euros le Mwh . Et beaucoup d’entreprises françaises tournent autour de 600 euros le Mwh . Le juste prix serait le même  prix que les grandes entreprises , ou un peu plus, en dessous de 100 euro en tout cas , ce qui garantirait une certaine compétitivité de nos entreprises.

Jean-François Raux : Il est « juste » d’un point de vue de la mécanique du marché de l’électricité puisque de fait le prix de l’électricité est corrélé au gaz par le biais du coût marginal ? On constate d’ailleurs qu’EDF “s’arrange” pour que le gaz soit sytèmatiquement marginal, même quand le nucléaire pourrait être marginal. Pour cela, EDF retire des centrales du marché, en donnant valeur d’usage au nucléaire, plus élevée que celle du gaz. Une des raisons seraient d’économiser le combustible nucléaire…

Il est injuste sur le plan national car il ne reflète pas du tout les coûts de production de l’électricité en France qui ont été la base de la facturation aux clients jusqu’au début des années 2000 et permettent de transférer au client français l’avantage compétitif du nucléaire. On s’aperçoit depuis plusieurs mois que les Français ne bénéficient plus de l’avantage de la France en matière de nucléaire, ce qui n’est pas acceptable. De plus, la France paye le sabordage récent de la filière nucléaire avec, in fine, la nécessité de recourir à des importations massives d’énergie d’europe, importation chères car les acteurs de marchés ont anticipé les difficultés de la France : le secours, cela se paye.

Quelle est la logique économique optimale pour assurer la continuité de l’économie ? Faut-il recourir à des aides publiques, des reports d’impôts ? (Et si oui dans quelle mesure?)  Ou faut-il s’attaquer à une transformation des règles du marché ?

Damien Ernst : Tuer la demande à eu l’avantage d’éviter de devoir faire des coupures. Je pense que l’Europe n’a pas assez taxé les surprofits des producteurs alors qu’elle aurait sans doute été en position pour le faire. Un report d’impôts ou des aides très calibrées (et pas délivrées n’importe comment) peuvent s’envisager pour éviter les faillites dues au pic d’énergie.

Le problème, lorsque l’on s’attaque au fonctionnement du marché est que cela prend énormément de temps à faire et nous sommes dans l’urgence. Les règles du marché actuelles permettent d’établir des contrats bilatéraux comme évoqués plus haut et cela peut se faire plus rapidement. L’Etat pourrait accompagner ce mouvement en incitant les producteurs comme les particuliers. Et cela faciliterait en plus l’acceptation du renouvelable à l’échelle locale.

Loïk Le Floch-Prigent : On vient de voir les méfaits d’une économie artificielle, n’aggravons pas notre cas ! supprimons les aides , les chèques, les subventions et revenons aux couts et aux charges . Mais surtout n’utilisons pas des artifices de trésorerie, il ne s’agit pas de cela ! Il faut se délivrer du marché européen de l’énergie et ceci depuis le premier Janvier 2023, effacer les contrats léonins et revenir aux réalités, il n’y a pas d’autre solution, on ne peut pas réparer un outil qui n’a jamais marché.

Jean-François Raux : La crise des boulangers va se généraliser, même si on doit faire la distinction entre les consommateurs d’électricité et de gaz. Du côté de l’électricité, il faut revenir à un système d’établissement du prix sur la base des coûts, et non pas sur celle d’une valeur d’usage et probablement réfléchir à une réforme profonde du marché de l’électricité. La vraie rareté en électricité n’est pas l’énergie (le KWh), mais la puissance (KW) : c’est l’équilibre en puissance de l’offre et de la demande qui détermine les vrais coûts. Il faut corriger la conception du marché à ce niveau-là. On pourrait garder le marché actuel pour optimiser l’exploitation des centrales au jour le jour. Les clients paieraient la puissance (calculée sur la base des coûts fixes des centrales) qu’ils appellent, variable selon en gros selon le niveau d’appel (trés cher en pointe, pas chère en période creuse). Ils paieraient une partie énergie aussi calculée sur la base des coûts variables des centrales mises en oeuvre. Soit on trouve une formule au niveau européen, soit on l’élabore au niveau national. Il faut savoir ce que l’on veut. Mais corriger un marché qui ne fonctionne pas par des aides publiques, c’est simplement ridicule. Le prix de l’électricité peut être établi nationalement, sans aucunement pénaliser les échanges aux frontières intra-européens. Et une réflexion peut se faire dans le cadre de marchés, de concurrence. C’est un vaste sujet.

Dans cette situation, que faire des profits des producteurs ?

Loïk Le Floch-Prigent : Le producteur essentiel, EDF, n’a fait aucun bénéfice dans cette affaire, c’est bien la catastrophe annoncée depuis des années, par contre la disparition des fournisseurs va nous donner de l’air frais en nous ramenant à la réalité des véritables acteurs et des couts.

3. VIDÉO

« J’en ai ras le bol des numéros verts » : Emmanuel Macron promet d’accompagner les artisans « avec humanité » face à la crise énergétique

Publié le 05/01/2023 FRANCE INFO

LIEN VERS LA VIDÉO https://fb.watch/hSPr8WZxbB/

« Ça ne marche pas », a déclaré le chef de l’Etat, jeudi, disant avoir testé un numéro vert consacré aux entreprises en difficulté.

C’était presque devenu un marqueur de son premier quinquennat. Emmanuel Macron a affirmé, jeudi 5 janvier, en avoir « ras le bol des numéros verts » proposés « dans tous les sens » aux Français confrontés à telle ou telle difficulté. En annonçant des mesures pour les artisans et très petites entreprises ayant conclu des « contrats excessifs » d’énergie, le chef de l’Etat a dit avoir « testé » un numéro vert destiné aux entreprises en difficulté : « Ça ne marche pas. »

« On va s’organiser. Il y a une chose qui marche bien dans la République, c’est les préfectures, dans chaque département. »Emmanuel Macron, président de la République

lors de la cérémonie de la galette de l’Elysée

« A partir de lundi, on va donner un numéro par département, a-t-il promis. Il y aura quelqu’un au bout du fil qui répondra à la fois avec humanité et expertise, et qui ne sera pas un site internet qui renvoie à des tableaux. (…) Tous ceux qui sont face à des angoisses, je veux qu’ils puissent les exprimer et les dire à quelqu’un ».

« Beaucoup de nos artisans et de nos TPE ont autre chose à faire que d’aller chercher dans des sites internet des circulaires absolument illisibles ou des tableaux incompréhensibles, a-t-il martelé. J’ai fait l’exercice : c’est impossible. » Il a fait savoir que l’Etat allait prévoir « un renfort » pour les standards des préfectures.

4 ÉMISSION

«Ce n’est pas faisable» : le PDG d’ekWateur répond aux renégociations voulues par Macron dans l’énergie

Margaux Fodéré, édité par Gauthier Delomez le 05 janvier 2023. EUROPE 1

Emmanuel Macron a pointé du doigt les fournisseurs d’électricité ce jeudi, en déclarant en avoir assez de ceux qui font des « profits excessifs ». Au micro d’Europe 1, le PDG d’ekWateur avoue avoir été « surpris » de voir le secteur être pointé du doigt, et répond à la volonté du président d’avoir une renégociation des contrats.

« D’un point de vue purement financier, ce n’est pas faisable aujourd’hui », répond Julien Tchernia, PDG et cofondateur d’ekWateur, fournisseur d’énergie verte, à Emmanuel Macron . Jeudi matin, le président a annoncé que tous les artisans et les TPE frappés par la hausse des prix de l’énergie allaient pouvoir renégocier en janvier avec leur fournisseur d’électricité des « contrats excessifs » . Toutefois, interrogé par Europe 1, le patron du fournisseur d’énergie verte explique qu’il n’a aucune capacité « d’aller renégocier (s)es contrats avec les producteurs ».

LIRE AUSSIEUROPE 1 ET VOUS – Flambée des prix de l’énergie, des villes se retrouvent sans boulangerie

Les entreprises qui fournissent de l’énergie sont pointées du doigt par l’exécutif dans ce contexte d’augmentation des prix. Le locataire de l’Élysée a déclaré en avoir « assez » de celles qui font des « profits excessifs ». Mais Julien Tchernia se défend en soulignant que l’électricité vendue aujourd’hui a été payée plus cher il y a quelques mois. »On ne comprend pas » »Si je renégociais tous les contrats avec les TPE pour mettre le prix qu’on voit aujourd’hui, par rapport à celui de cet automne, la boîte perdrait immédiatement cinq millions d’euros, et ça veut dire que je ferme ma boîte », alerte-t-il au micro d’Europe 1, ajoutant qu’un fournisseur comme ekWateur « fait très très peu de marge ».

« Les prix, c’est une question des producteurs. Si le président me dit ‘ce contrat à 500 euros, où tu t’es engagé à acheter cette énergie à ce prix-là, tu vas le baisser à 280 euros’, la question, c’est qui paie cette différence ? », s’interroge le patron du fournisseur. « Moi, je n’ai pas l’argent. »>> Retrouvez Europe Soir en replay et en podcast iciJulien Tchernia avoue également avoir été « surpris » d’être pointé du doigt par le chef de l’État.

« C’est quelque chose qu’on ne comprend pas. Faire croire que l’on fait des superprofits, alors que j’ai une dizaine de mes confrères qui ont fait faillite cette année, je trouve qu’il tape sur le mauvais clou et c’est très désagréable », partage le PDG sur Europe 1.

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