
MISE A JOUR
Présidentielle 2027 : le jeu trouble de l’Elysée, qui agite l’hypothèse Lecornu
TITRE LE MONDE ( 16 août 2026 ) QUI POURSUIT : Le chef de l’Etat, omniprésent, n’a pas l’intention de s’effacer à l’approche de la présidentielle. Alors que les deux candidats déclarés du bloc central, Edouard Philippe et Gabriel Attal, sont insatisfaisants à ses yeux, sa garde rapprochée pousse l’hypothèse de la candidature du premier ministre.
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Emmanuel Macron pousse la candidature de Sébastien Lecornu
Mécontent de voir Edouard Philippe et Gabriel Attal distants, Emmanuel Macron pousse la candidature de Sébastien Lecornu « pour sa loyauté et sa volonté d’assumer pleinement l’héritage » (Le Monde)
Jean Castex et Thierry Breton bientôt dans la course à l’Elysée ? Pour un Koh-Lanta du bloc central !
TITRE ATLANTICO – Hugues Serraf – QUI POURSUIT :
Toujours en quête du candidat idéal, qui coiffera Mélenchon au poteau avant d’aller taquiner Le Pen en deuxième mi-temps, le bloc central a peut-être un problème de méthode.
Lui dit que c’est complètement bidon, qu’il est très bien là où il est à regarder passer les trains quand il y en a, et que ce qui serait vraiment du dernier chic par les temps qui courent, c’est justement de ne pas briguer l’Elysée (« Je suis à ma tâche. Ce n’est ni à mon ordre du jour, ni dans mon horizon »)….
J’apprends que, dans ces fameux « milieux autorisés » coluchiens, on s’autorise désormais à penser à une candidature de Jean Castex.
…/..
NOTRE ANALYSE
A. 2 hypothèses de recours
L’article -qui repose sur l’observation des conversations et des rumeurs politiques si chères à la macronie –
nous offre une chronique politique sur les hésitations du camp macroniste en vue de la présidentielle de 2027.
L’auteur compare cette situation à un « Koh-Lanta », où plusieurs prétendants seraient progressivement testés avant qu’un seul ne reste en lice.
Dans ce contexte, deux nouveaux noms sont évoqués comme des hypothèses de recours :
- Jean Castex, dont l’image pourrait se qualifier ainsi : « chef de bureau « obéissant et sans surprise, demeure positive auprès d’une partie de l’opinion grâce à son passage à Matignon pendant la crise sanitaire. Son profil est présenté comme rassurant, consensuel et susceptible de réunir une partie de l’électorat du centre. Ces derniers jours, plusieurs médias ont d’ailleurs rapporté que son nom circulait de plus en plus dans les discussions internes du camp présidentiel.
- Thierry Breton, ancien commissaire européen et ancien ministre, est évoqué – et proposé par Bayrou – comme une personnalité disposant d’une forte crédibilité économique et industrielle, même si aucun mouvement concret vers une candidature n’est décrit.
Le papier développe surtout une critique de la méthodedu bloc central : plutôt que de clarifier rapidement son leadership, celui-ci laisserait prospérer les spéculations et multiplierait les « ballons d’essai », donnant le sentiment qu’aucune stratégie n’est véritablement arrêtée.
B. 9 personnages défenseurs du système… avant d’autres
Plus globalement il fa constater que le bloc central ne parvient toujours pas à désigner un candidat naturel parmi les 7 figures déjà identifiées, déclarées, susurrées, réservées, espérées… – notamment :
Édouard Philippe,
Gabriel Attal,
Sébastien Lecornu,
Bruno Lemaire
Thierry Breton
Jean Castex
Darmanin
Ceux qui se sont déjà déclarés ne s’imposent pas clairement, ce qui alimente la recherche de profils alternatifs.
S’ajoutent ainsi :
Dominique de Villepin
François Baroin
C. MACRON ET SA SUCCESSION : DÉTESTATIONS ET PRÉFÉRENCES
Emmanuel Macron n’a désigné aucun dauphin et entretient volontairement une forme d’ambiguïté, par l’incessante diffusion d’analyses , de confidences, d’ambiance assurée par les proches.
Voici les principales rumeurs qui circulent.
Au total, faute de sincérité et de rigueur, elles entretiennent un « en même temps » qui créera plus de désordre dans la campagne que d’effets réels sur les résultats… et peut être avec des effets contraires tant la succession est repoussante pour les héritiers et pour les électeurs.
Édouard Philippe
C’est le cas le plus commenté.
Les échos convergent pour dire que les relations entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe se sont fortement dégradées depuis plusieurs années.
Les reproches prêtés à Macron sont notamment :
- Philippe se serait émancipé très tôt en préparant sa candidature dès 2022-2023.
- Il présenterait implicitement son projet comme une rupture avec le macronisme.
- Il défendrait insuffisamment le bilan des deux quinquennats.
En contrepartie, Macron reconnaîtrait toujours qu’il est probablement le candidat du bloc central ayant le plus fort potentiel électoral, ce qui rend leur relation politiquement complexe.
Gabriel Attal
Les indiscrétions sont également assez constantes.
La rumeur dominante est que :
- la relation personnelle entre Macron et Attal se serait nettement refroidie après Matignon ;
- Macron lui reprocherait d’avoir accéléré sa stratégie présidentielle ;
- Attal chercherait à incarner une nouvelle génération davantage qu’à défendre fidèlement l’héritage présidentiel.
Plusieurs articles évoquent des relations désormais qualifiées de « glaciales ».
Jean Castex
C’est la nouveauté de ces dernières semaines.
Plusieurs journalistes politiques rapportent que Macron continue de parler très positivement de Jean Castex en privé.
Les arguments avancés sont :
- loyauté jamais démentie ;
- absence de critique publique ;
- capacité supposée à rassembler un électorat modéré.
Certains vont jusqu’à évoquer, sous couvert d’anonymat, l’idée d’un « Medvedev de Macron » : un président susceptible de préserver l’héritage macroniste, voire de faciliter un éventuel retour politique de Macron en 2032. Cette formule relève toutefois clairement de la spéculation.
Thierry Breton
Son nom apparaît davantage comme celui d’un recours technocratique.
Les rumeurs reposent sur :
- son expérience économique et industrielle ;
- son profil international ;
- une proximité ancienne avec Macron.
Bayrou ( associé sur le projet de dévoiler le « bon » candidat en septembre à E Borne et H Marseille ) … cherche à imposer Le Breton
Bruno Le Maire
La situation est différente.
Depuis plusieurs années, de nombreux observateurs décrivent une relation devenue distante.
Les analyses évoquent que Macron lui aurait reproché :
- des ambitions présidentielles jugées trop visibles ;
- une volonté d’exister politiquement de façon autonome ;
- certaines prises de position personnelles.
Bruno Le Maire a d’ailleurs indiqué à plusieurs reprises ne pas préparer de candidature à 2027.
D. Ce qui revient le plus souvent chez les observateurs
La synthèse des commentaires politiques est la suivante :
- Macron ne souhaiterait pas voir un successeur qui construise sa campagne contre son bilan.
- Il ne serait pleinement satisfait ni d’Édouard Philippe ni de Gabriel Attal.
- Il conserverait une estime personnelle marquée pour Jean Castex.
- Il resterait attentif à l’émergence éventuelle d’une « troisième voie » si les candidatures déjà lancées s’affaiblissaient.
Les deux cas sont différents, mais ils ont un point commun : ils appartiennent au cercle des personnalités que les observateurs considèrent comme encore « compatibles » avec une stratégie d’influence d’Emmanuel Macron après 2027.
Sébastien Lecornu
C’est probablement celui sur lequel les commentaires de coulisses sont aujourd’hui les plus favorables.
Les rumeurs récurrentes lui prêtent plusieurs atouts aux yeux de Macron :
- une loyauté personnelle rarement prise en défaut depuis 2017 ;
- une grande discrétion médiatique ;
- l’absence, pendant longtemps, d’ambition présidentielle affichée ;
- une capacité à dialoguer avec des responsables de sensibilités différentes.
Plusieurs journalistes politiques décrivent Lecornu comme l’un des très rares responsables avec lesquels Macron entretient une relation de confiance durable.
Depuis quelques semaines, une nouvelle hypothèse circule : celle d’un Lecornu qui ne serait plus seulement un fidèle exécutant, mais un véritable prétendant à la succession. Certains responsables du bloc central s’interrogent désormais sur sa stratégie et estiment qu’il « veut être le dauphin d’Emmanuel Macron ».
L’idée qui revient souvent est que Macron apprécierait chez lui ce qu’il reprocherait à Philippe ou Attal de ne plus incarner : la continuité plutôt que la prise de distance.
Gérald Darmanin
La perception est plus contrastée.
Les observateurs considèrent généralement que Macron reconnaît chez Darmanin :
- un sens politique développé ;
- une forte capacité de campagne ;
- un ancrage à droite utile au bloc central.
En revanche, plusieurs récits de coulisses évoquent des réserves persistantes :
- Darmanin est vu comme très présidentiable, parfois trop ;
- il est réputé mener sa propre stratégie politique depuis plusieurs années ;
- son ambition personnelle est considérée comme ancienne et assumée.
Cette image d’autonomie expliquerait pourquoi il n’est généralement pas présenté comme le favori implicite de Macron, malgré leur proximité politique.
E. Ce qui ressort des analyses politiques
Si l’on synthétise les commentaires de la presse politique, un classement implicite du degré de confiance prêté à Emmanuel Macron ressemblerait à ceci :
- Sébastien Lecornu : très forte confiance personnelle et institutionnelle ; possibilité qu’il apparaisse comme le garant le plus fidèle de l’héritage macroniste.
- Jean Castex : image de loyauté et de stabilité, régulièrement évoqué comme solution de recours.
- Gabriel Attal : apprécié pour ses qualités mais jugé plus autonome et désireux d’incarner une nouvelle génération.
- Édouard Philippe : considéré comme le plus solide électoralement, mais les relations personnelles sont décrites comme dégradées.
- Gérald Darmanin : respect pour ses qualités politiques, mais soupçon récurrent qu’il poursuit avant tout sa propre trajectoire.
Il faut toutefois souligner que cette hiérarchie n’a jamais été confirmée par Emmanuel Macron. Elle est reconstruite à partir de témoignages anonymes, d’analyses de journalistes politiques et d’indices issus des relations entre ces responsables, et non d’une prise de position officielle.
Pour ces deux personnalités, les analyses sont très différentes.
Dominique de Villepin
Les rumeurs prêtent à Emmanuel Macron un regard ambigu, mêlant respect et prudence.
Les éléments qui reviennent le plus souvent sont :
- Macron reconnaîtrait à Villepin une stature internationale, notamment sur les questions diplomatiques et stratégiques.
- Plusieurs observateurs estiment qu’il apprécie certaines de ses analyses géopolitiques, même s’ils divergent souvent sur le Proche-Orient et la politique intérieure.
- En revanche, Villepin est aujourd’hui perçu comme un candidat autonome, qui construit sa propre offre politique avec son mouvement La France humaniste. Il n’est donc pas considéré comme un possible héritier du macronisme mais comme un concurrent potentiel sur le terrain du centre et de la droite modérée.
Dans les cercles politiques, une idée revient fréquemment : une candidature de Villepin pourrait attirer une partie de l’électorat centriste, gaulliste et libéral, compliquant la tâche du candidat du bloc central sans pour autant lui être inféodée.
François Baroin
Le cas Baroin est presque inverse.
Depuis plusieurs années, il est régulièrement cité comme un recours théorique, mais les rumeurs d’une candidature active restent limitées.
Concernant la vision prêtée à Macron :
- Baroin est généralement considéré comme un responsable modéré, pragmatique et compatible avec une partie du macronisme.
- Les relations personnelles sont décrites comme courtoises et sans conflit majeur.
- Cependant, aucune rumeur sérieuse ne laisse penser que Macron souhaiterait le promouvoir comme successeur.
Beaucoup d’analystes estiment d’ailleurs que Baroin paraît aujourd’hui davantage concentré sur ses responsabilités locales et ses activités dans le secteur privé que sur une campagne présidentielle.
F. Si l’on résume les perceptions attribuées à Emmanuel Macron
On peut distinguer trois catégories souvent évoquées dans les analyses politiques :
- Les fidèles susceptibles d’assurer une continuité : Sébastien Lecornu, Jean Castex.
- Les héritiers devenus autonomes ou rivaux : Édouard Philippe, Gabriel Attal, Gérald Darmanin.
- Les personnalités extérieures respectées mais indépendantes : Dominique de Villepin, François Baroin, Thierry Breton.