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LE JOURNAL « LE MONDE » S’ENGAGE POUR LA DÉMOCRATIE ET LE DÉBAT ENTRE CANDIDATS.

« Dans le contexte de la guerre en Ukraine, il faut que, d’ici au premier tour, une série de débats à quelques candidats puissent être organisés. » Signé Le Monde – Éditorial

Extraits

« Ses adversaires sont actuellement si distancés qu’ils donnent l’impression de n’être que des figurants condamnés à parler dans le vide.

« Cette situation est doublement malsaine. «

« D’abord, parce qu’elle fausse la représentation démocratique. «

« Ensuite, parce qu’elle prive les électeurs d’un débat clair et approfondi sur tous les grands enjeux du moment. «

« cinq thèmes cruciaux : la défense du pays, l’état de la construction européenne, la dépendance aux énergies fossiles, le pouvoir d’achat, la capacité de financer notre besoin massif d’investissements. «

« Emmanuel Macron, président “liquide” au cœur d’une campagne fantôme »

C’est le titre d’une Chronique du Monde de Solenn de Royer le 8 mars 2022.

Extraits :

« Cette « non-campagne » présidentielle est le point d’orgue d’une dépolitisation à l’œuvre depuis cinq ans. Si ce contexte sert le président sortant, il vient fragiliser encore une démocratie épuisée. »

« Avec la déclaration de candidature d’Emmanuel Macron, par une lettre aux Français agrémentée d’une vidéo postée sur les réseaux sociaux, la campagne peut enfin démarrer. Et, pourtant, elle semble terminée avant même d’avoir commencé. «

« Déjà largement éclipsée par la crise sanitaire, celle-ci est désormais écrasée par la guerre en Ukraine et ses répercussions en Europe. »

« …les autres candidats se voient relégués au second plan, en grande difficulté pour développer leurs projets.

Ce contexte, dont il n’est pas responsable, sert le sortant naturellement – il jouit de sa stature de « président protecteur », garant de la stabilité – mais aussi ontologiquement, tant le locataire de l’Elysée a démontré depuis cinq ans une capacité à se couler dans le flux des événements, à jouer avec eux, pour en tirer profit in fine

Ici, comme avant, il a recours à tous les registres en même temps pour conforter sa première place dans les sondages. «

« Après une déclaration solennelle de « chef de guerre » mercredi, consacrée à l’Ukraine, et une candidature tout en sobriété (lettre aux Français), il a pris le temps de « faire l’acteur » et d’enregistrer le premier volet d’une websérie mettant en scène « le candidat », à destination des réseaux sociaux. «

« L’exercice a suscité l’agacement d’une poignée d’élus de la majorité, qui s’interrogent – en privé – sur la pertinence – la futilité ? – d’un tel procédé, alors que l’heure est à la gravité. »

« Mais le chef de l’Etat, rompu aux changements de rôles, de masques et de costumes, s’est toujours plu à mixer les registres, passant simultanément de celui de la solennité à celui de l’entertainment (divertissement) »

« …alimentant avec allant une « netflixication » de la vie politique. Même contre-pied sur le fond : après avoir plaidé pour la« déconstruction » de notre histoire, et assuré en 2017 qu’il n’y avait pas de culture française, le voilà – dans sa lettre – en chantre de l’identité française et de l’enracinement. »

« Une fois de plus, M. Macron montre qu’il est une incarnation de l’homme « liquide » – selon la formule du sociologue Zygmunt Bauman, auteur du Présent liquide (Seuil, 2007), pour qui la quête de sens et de repères stables a laissé la place à l’obsession du changement et de la flexibilité. «

…/…

Voici le texte de l’éditorial signé « Le Monde »

ÉDITORIAL

Election présidentielle 2022 : ne pas occulter le débat

Le Monde 10 03 2022

Depuis l’entrée en campagne d’Emmanuel Macron, ses onze concurrents lui font le reproche de fuir la confrontation. En marge d’un déplacement électoral à Poissy (Yvelines), lundi 7 mars, le président candidat a, de fait, exclu de participer à un débat télévisé avec eux avant le premier tour de l’élection présidentielle. Il a argué qu’aucun de ses prédécesseurs ne s’était plié à ce genre d’exercice, ce qui est exact.

Outre le fait qu’un débat à douze a toutes les chances de se transformer en foire d’empoigne, aucun président sortant, candidat à sa réélection, n’a accepté la position victimaire consistant à devenir la cible unique de tous ses opposants. Il y a des limites au sacrifice dans le combat électoral.

En temps ordinaire, le refus de débattre d’Emmanuel Macron passerait donc facilement par pertes et profits. Dans la situation exceptionnelle à laquelle est confronté le pays, il pose cependant problème. La guerre en Ukraine a en effet accentué la position de surplomb dans laquelle se trouve aujourd’hui Emmanuel Macron. Loin de lui coûter en popularité, sa déclaration de candidature l’a propulsé au-delà des 30 % d’intentions de vote, parce que ses prises de position, en tant que chef de l’Etat, le font apparaître comme le plus à même de protéger et de défendre les Français. Ses adversaires sont actuellement si distancés qu’ils donnent l’impression de n’être que des figurants condamnés à parler dans le vide.

Cette situation est doublement malsaine. D’abord, parce qu’elle fausse la représentation démocratique. Ensuite, parce qu’elle prive les électeurs d’un débat clair et approfondi sur tous les grands enjeux du moment. Le thème de la « campagne escamotée » est déjà sur toutes les lèvres, alors qu’il reste encore un bon mois avant le premier tour.

Beaucoup ont craint que l’irruption durant la période électorale d’un drame international n’occulte les priorités domestiques. Or, c’est le contraire qui se produit. Le conflit en Ukraine a pour effet de faire le tri entre les vrais sujets et les fausses polémiques. Il dévoile nos vulnérabilités, accélère les mutations en cours et met sur le devant de la scène cinq thèmes cruciaux : la défense du pays, l’état de la construction européenne, la dépendance aux énergies fossiles, le pouvoir d’achat, la capacité de financer notre besoin massif d’investissements. C’est autour de ces cinq sujets que le débat entre les candidats doit se nouer et s’approfondir.

Les partisans du président de la République invoquent l’esprit de la Ve République pour plaider que c’est aux Français qu’Emmanuel Macron doit parler. Les premiers échanges avec eux ont, de fait, permis de faire émerger un certain nombre de propositions, mais qui restent pour le moment en état d’apesanteur. Or, des choix cruciaux sont devant nous, comme par exemple le recours au nucléaire pour se passer à terme du pétrole et du gaz. Le candidat d’EELV, Yannick Jadot, y est farouchement hostile, Emmanuel Macron le juge au contraire indispensable. Il serait de l’intérêt des électeurs que les deux candidats aient un échange de fond sur ce sujet, et ce quel que soit leur écart dans les sondages.

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Il faut que, d’ici au premier tour, une série de débats à quelques candidats puissent être organisés. Les participants pourraient varier en fonction des thèmes choisis, dans le strict respect de leur temps de parole. Rien n’étant possible sans l’accord des douze prétendants, c’est à eux de montrer qu’ils en sont capables.

Le Monde

VOIR LES PUBLICATIONS PRECEDENTES DE METAHODOS :

UNE VRAIE CAMPAGNE OÙ LES CANDIDATS SE CONFRONTENT – CONDITION INDISPENSABLE D’UN VOTE LÉGITIME. Video https://metahodos.fr/2022/03/07/une-vraie-campagne-ou-les-candidats-se-confrontent-condition-indispensable-dun-vote-legitime/

REFUS DES DÉBATS CONFIRMÉ. LES APPELS POUR UNE VRAIE CAMPAGNE SONT ILS VAINS ? VERS DES « DÉBATS ARRANGÉS » ?https://metahodos.fr/2022/03/08/je-ne-ferai-pas-de-debat-avant-le-premier-tour-previent-macron-2/

Et également :

Chloé Morin : Le débat doit exister durant la campagne, malgré la guerre en Ukraine https://metahodos.fr/2022/03/10/chloe-morin-le-debat-doit-exister-durant-la-campagne-malgre-la-guerre-en-ukraine/

7 réponses »

  1. Bonjour, Thierry,Le président sait que les sondages sont faux. Il sait que si le bilant de son quinquennat est affiché, il perdra. Il sait aussi le rejet sous-jacent dont il fait l’objet dans la population et dont témoignait ce sondage retiré de RTL donnant seulement 16% de personnes interrogées favorables à un second mandat. Voilà encore une tromperie qui éloigne les citoyens des urnes et de toute procédure démocratique.Par ailleurs, il me souvient cette phrase d’Yvon GATTAZ, alors président du CNPF, devant une assemblée de parons de PME à l’école militaire en 2003 : « Mettez du contrôle et vous aurez des tricheurs, mettez de la confiance et vous aurez de l’efficience ! »Si la peur instillée chez les gens, comme l’écrivait Machiavel, fait prendre possession de leurs âmes, savoir que l’on a perdu, que l’on est « foutu » donne des forces inouïes à faire son chemin sans plus aucune appréhension. Il me revient cette histoire d’une jeune journaliste palestinienne dans les années 80, arrêtée et interrogée par le MOSSAD. Entendant des chiens dans le couloir et sachant que ses interrogateurs « interrogeait » aussi avec des chiens, elle « compris » qu’elle était déjà morte et se leva, à la stupeur de tous, et sorti en disant « je ne joue plus… »L’ère des soulèvements dont parle le sociologue Michel MAFFESOLI, relève aussi de ce regain de puissance dopé par la conscience de la fin.Bien amicalementJean-Marc

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