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PARRAINAGES : COMMENT SURDRAMATISER UNE FORMALITE DE LA CAMPAGNE ELECTORALE ETOUFFEE

« Il est 8 heures, la camionnette de La Poste se gare au coin de la rue Montpensier,

C’est ainsi que débute l’article de l’hebdomadaire Paris Match, et qui se poursuit ainsi :

« devant le Conseil constitutionnel. Ce matin, une seule «cagette». À l’intérieur, 245 lettres. Le secrétaire général du Conseil, Jean Maïa, nous l’assure, il y a eu des matinées bien plus chargées, jusqu’à 9 ou 10 cagettes. Des lettres expédiées des quatre coins de France par certains des 42000 élus et contenant leur parrainage pour l’un des candidats à l’élection présidentielle. »

François Bayrou : s’assurer de la présence des candidats dits extrêmes au premier tour

Les difficultés de deux ou trois candidats à recueillir les 500 signatures donnait à craindre, pour certains, que le schéma tant annoncé d’un second tour opposant le président sortant à un candidat dit extrême ne se réalise pas.

La dramatisation de cette formalité par François Bayrou ne peut faire oublier qu’une réforme de cette formalité aurait pu être entreprise pendant les 5 années passées, en même temps que d’autres réformes démocratiques et institutionnelles promises ou attendues.

L’opposition à un débat contradictoire entre candidats

Le report régulier de la candidature du président sortant a empêché jusqu’à ce jour un véritable débat démocratique préalable au scrutin présidentiel. La pandémie en était la principale justification.

Cette abstenue de candidature n’a pas empêché l’exécutif dans son entièreté ( Président, gouvernement et fonctionnaires d’exécutif ) de faire campagne : annonces de mesures pour les 5 années à venir, mise en place de mesures catégorielles immédiates, critique des candidats, contestation de leurs propositions, diffusion d’éléments de langage largement repris par la presse pour d’une part démonter les propositions « non documentées « des candidats et d’autre part dévoiler les propositions du président non encore candidat …

Le refus de tout débat avant le premier tour illustre et symbolise cet étouffement de la campagne.

Vaincre la pandémie et bloquer le projet russe : double condition à une candidature pour un second mandat

La pandémie était une guerre, l’invasion de l’Ukraine par la Russie en est une autre, véritable.

Citations : « La guerre est sur notre sol » (le PR),  » nous sommes aussi une puissance nucleaire » (Le Drian), « guerre économique » (le Maire)

Les tentatives de blocage du processus par la France se sont avérées vaines et solitaires.

L’Europe renforcée et l’OTAN consolidée par le passage à l’acte de la Russie ont pris la main et les dates butoirs des candidatures s’imposent désormais à tous.

Une Pandémie ou une guerre ne doivent pas – bien au contraire – étouffer la démocratie, surtout au moment de la présidentielle

Sans revenir sur les dysfonctionnements institutionnels souvent « légitimés » par la pandémie, la dramatisation surmédiatisée de l’épisode des parrainages – même s’il dévoile une difficulté du processus de candidature – ne doit pas masquer l’absence de campagne véritablement démocratique pour l’élection présidentielle.

Laurent Fabius amplifie cette dramatisation alors que la campagne est étouffée

Metahodos avait déjà abordé les prises de position de Laurent Fabius sur ce point comme sur d’autres, qui l’ont conduit au-delà de l’obligation de neutralité et du devoir de réserve.

LIBÉRATION ET LAURENT FABIUS AU CHEVET DE LA GAUCHE. RETOUR SUR LA CAMPAGNE ET LA PRIMAIRE POPULAIRE https://metahodos.fr/2022/01/29/primaire-populaire-suite-pour-renover-la-gauche-democratie-representative-et-democratie-participative-doivent-coexister-edito-de-libe/

ÉTAT DE DROIT (13) LE PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL – ULTRA VIRES ? – S’INVITE DANS LE DEBAT POLITIQUE. https://metahodos.fr/2022/01/27/le-president-du-conseil-constitutionnel-contre-tout-imperatif-de-reserve-sinvite-dans-le-debat-politique/

Nous vous proposons l’article de Paris Match qui montre – en photo – Laurent Fabius, posant, réceptionnant les formulaires de parrainage.

( plusieurs autre médias – alors que l’on aimerait y lire les programmes des candidats et les débats qu’ils suscitent – ont également développé avec force detail les exploits du Conseil Constitutionnel

Article

Présidentielle : au Conseil constitutionnel, dernière ligne droite pour les parrainages

Les services de son président Laurent Fabius n’ont pas enregistré plus de signatures de la part des maires qu’en 2017. 

Paris Match | Publié le 01/03/2022, Livio Ferrero

Il est 8 heures, la camionnette de La Poste se gare au coin de la rue Montpensier, devant le Conseil constitutionnel. Ce matin, une seule «cagette». À l’intérieur, 245 lettres. Le secrétaire général du Conseil, Jean Maïa, nous l’assure, il y a eu des matinées bien plus chargées, jusqu’à 9 ou 10 cagettes. Des lettres expédiées des quatre coins de France par certains des 42000 élus et contenant leur parrainage pour l’un des candidats à l’élection présidentielle.

Une méthode franco-française. Une première salle sert à tamponner les lettres pour valider leur conformité et leur bonne réception. Un bruit entendu presque jusque dans la rue. À l’étage, plusieurs personnes sont également présentes pour traiter ces précieuses signatures.

Chaque lettre est ouverte, puis rangée dans un casier au nom d’un candidat. Aujourd’hui (le 22 février, Ndlr) , parmi les présidentiables qui n’ont pas encore leurs 500 parrainages, c’est Jean-Luc Mélenchon qui détient la pile la plus épaisse. Le chef de file de la France Insoumise a passé le cap des 500 le 24 février.

Certains prônent l’idée d’un parrainage citoyen

L’aspect très conventionnel du processus laisse parfois place aux surprises. Des élus envoient la lettre remplie, mais sans aucun nom de candidat. Le but? «Éviter les pressions en pouvant dire « c’est bon, j’ai envoyé »», selon le secrétaire général.

Une fois les parrainages triés par candidat, d’autres personnes se chargent de regarder s’il n’y a pas de problème d’orthographe, ni d’accroc sur un nom, tout en vérifiant que chaque case du formulaire est bien renseignée. Des élus, en proie au stress, se trompent… dans leur propre date de naissance. Une erreur qui s’est produite plusieurs fois, selon Jean Maïa.

Un si grand fardeau pour les élus? Certains prônent l’idée d’un parrainage citoyen, comme dans la plupart des pays qui pratiquent des élections au suffrage universel. L’arbitre du Conseil constitutionnel n’y est pas défavorable mais émet deux avertissements. D’abord, il réforme en début de quinquennat.

Ensuite, il faudrait s’assurer qu’un citoyen qui parraine en ligne un candidat soit bien derrière son écran. On pourrait croire l’institution déconnectée d’Internet. En réalité les sages mettent à jour deux fois par semaine l’évolution des parrainages sur leur site.

À dix jours de la fin de la période d’envoi des formulaires, le Conseil en a reçu 9 000. «En 2017, 14 296 élus avaient parrainé un candidat. Nous pensons finir dans les mêmes proportions le 4 mars», indique Jean Maïa. En revanche, concernant la mise en place de la banque de parrainages de François Bayrou ,

Laurent Fabius, le président du Conseil constitutionnel, reste sceptique : «Le parrainage d’un maire doit être individuel. Ce sont les élus qui parrainent.» Il annoncera la liste des candidats à l’élection présidentielle le 7 mars.

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